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Le vingt-septième dimanche ordinaireA

5 octobre 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




 

 


“ Chers soeurs et frères dans la foi, ”

Un grand poète a vécu il y a près de 2,800 ans. Isaïe vivait à Jérusalem au 8e siècle avant notre ère. On a dit qu'il était le plus grand poète de la Bible, peut-être l'un des plus grands poètes de tous les temps.
Le prophète Isaïe, avec une vigueur et un courage infatigables, a passé sa vie à se battre contre l'inconscience, contre l'égoïsme des dirigeants du peuple de Dieu. Il a lutté pour la vérité et la justice au sein du peuple de Dieu.
Parce que les chefs d'Israël, au temps d'Isaïe, ne voulaient pas reconnaître la place de Dieu... Les gens cherchaient le confort, la facilité, le plaisir. Un tel oubli de Dieu au temps d'Isaïe n'est pas sans rappeler, à certains égards, la société présente.
Déjà au 8e siècle avant Jésus-Christ, des hommes ne voulaient plus reconnaître la place de Dieu. Ils se laissaient emporter à de multiples formes de haine, de mensonge et d'injustice. Alors, devant toutes les souffrances qu'il rencontrait autour de lui, le prophète Isaïe proposait l'unique solution vraiment efficace pour tous: le retour à Dieu, la conversion profonde et vraie à l'intime du coeur humain. C'est la solution du prophète Isaïe et c'est aussi la nôtre.
Le prophète Isaïe n'est pas un naïf. C'est un homme intelligent et qui sait fort bien qu'il est inutile de répéter sans cesse les mêmes reproches. Il cherche donc un moyen d'attirer l'attention des humains de son temps. Et le moyen qu'il utilise est d'écrire une chanson.
Il compose donc un poème qu'il chantera sur la place publique. Voici le refain: “Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé pour sa vigne.” Voilà un poème que les gens de Jérusalem écouteront avec plaisir: l'amour d'un maître et d'une vigne, pour ceux qui aiment tellement les chansons d'amour et les chansons à boire.
Voici le premier couplet: “Mon ami avait une vigne sur un côteau magnifique. Il laboura la terre, en retira les cailloux, y planta une vigne de première qualité.” Et les gens qui flânaient sur la place publique se rassemblaient autour du poète pour entendre sa chanson.
Isaïe poursuit: “Au milieu, il bâtit une tour et creusa un pressoir. Il en attendait du beau raisin mais elle en donna du mauvais.” Et on imagine que la foule reprend ensemble le refrain.
Dans son troisième couplet, le chansonnier Isaïe invite l'assistance à devenir juge de la vigne: “Et maintenant, citoyens de Jérusalem et de toute la Judée, soyez donc les juges de ma vigne.” Les gens sont toujours prêts à être juges: ils seront donc les juges de la vigne. Et le poète poursuit sa chanson.
“Voici ce que je ferai à ma vigne. J'enlèverai sa clôture pour qu'elle soit dévorée, et j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie.” L'assistance entonne encore une fois le refrain en battant des mains, sans se douter qu'elle vient de se condamner elle-même. La vigne ingrate tellement aimée, c'est justement le peuple de Dieu. En condamnant la vigne ingrate, les gens se condamnent eux-mêmes. Isaïe a réussi à leur faire comprendre leur propre ingratitude.
C'est alors qu'il leur fait comprendre le sens de sa chanson dans un dernier couplet: “La vigne du Maître de l'univers, c'est vous, maison d'Israël. Le plan de vigne qu'il chérissait, ce sont les gens de Judée.”
À ce point, les auditeurs se rendent compte que Dieu les a choisis, qu'il les a aimés, et qu'eux s'occupent de tout sauf de lui. Le peuple a oublié son Dieu. Le peuple de Dieu a oublié la compassion, la justice, la fraternité qui doit les unir.
Cette chanson de la vigne écrite par le prophète Isaïe près de 800 ans avant Jésus Christ était encore bien connue au temps de Jésus. Et dans l'évangile d'aujourd'hui, Jésus reprend le début de l'histoire d'Isaïe: “Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, creusa un pressoir et bâtit une tour.” Mais alors, Jésus transforme la suite de sa chanson. Le coupable qu'il faudra juger ne sera plus la vigne, mais bien les responsables de la vigne, ceux à qui la vigne a été confiée après le départ du maître. Car c'est aux chefs d'Israël que Jésus s'adresse. Ce sont eux qu'il veut faire réfléchir sur la responsabilité qui leur a été confiée.
Au moment de la récolte, le maître envoie des serviteurs pour recueillir le fruit de la vigne. Mais les vignerons frappent l'un, en tuent un deuxième et en lapident un troisième. Une seconde fois, des serviteurs plus nombreux subissent le même sort. Enfin le maître envoie son propre Fils unique. Mais les responsables se saisissent de lui et le font mourir. “Quel sera le sort de ces vignerons?” demande Jésus. Les chefs des prêtres et les pharisiens lui répondent: “Il fera périr misérablement ces misérables!”
Mais dès qu'ils ont dit cette phrase, ils se rendent compte qu'ils viennent de se condamner eux-mêmes. Saint Matthieu ajoute qu'ils voulurent alors arrêter Jésus pour le tuer, mais qu'ils eurent peur de la foule. Seulement quelques chapitres plus tard, dans l'évangile de saint Matthieu, Jésus sera arrêté et mis à mort.
La parabole nous dit avec insistance combien le Seigneur tient à notre relation avec lui. Il désire que cette relation soit bonne et ne glisse pas dans l'oubli.
La vigne bien-aimée, c'est nous que Dieu a choisis pour être ses familiers. Il désire que nous portions du fruit, que notre vie soit bien remplie. Les responsables de la vigne, c'est encore nous qui avons la resonsabilité de ceux et celles que le Seigneur a placés autour de nous.
Si nous savons les aimer vraiment, alors leur vie sera meilleure et plus conforme aux projets que Dieu veut réaliser sur eux. Nous sommes, chacun à notre mesure, responsables de la vigne de Dieu.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 11:23 hrs. le 12 novembre 2007 par JL.