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Le vingt-huitième dimanche ordinaireA

12 octobre 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 22. 1-14

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




 

 


“ Chers soeurs et frères dans la foi, ”

C'est la fête de l'action de grâce et la parole de Dieu nous invite à un double banquet. Le premier repas auquel nous sommes conviés est celui du prophète Isaïe. “Ce jour-là, le Seigneur Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples de la terre, sur sa sainte montagne, un festin de viandes succulentes et de vins délicieux.” Nous sommes invités au grand festin messianique, annoncé il y a plus de 2700 ans, au 8ième siècle avant Jésus Christ.
Isaïe décrit la grande fête de millions de croyants: “Ce jour-là, le Seigneur Dieu de l'univers enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples, et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages...” Ce jour-là sera un jour de joie pour ceux et celles qui auront misé leur vie sur Dieu et qui auront vécu dans l'espérance: “Enfin, voici notre Dieu en qui nous avions espéré. Réjouissons-nous car il nous a sauvés.”
Dans l'évangile, Jésus reprend la description d'un autre banquet. C'est un roi qui a préparé un festin pour les noces de son Fils, la noce symbolique du Fils de Dieu dans une grande histoire d'amour avec l'humanité.
La parabole racontée par Jésus commence allègrement et tout semble devoir bien aller. Tous ceux et celles qui ont vécu dans l'espérance voient enfin s'ouvrir la porte du royaume, et le roi leur fait signe d'entrer.
Mais les gens ne semblent plus intéressés: tout le monde se désiste. L'un retourne à son champ, un autre à son commerce, et le roi se retrouve tout seul avec son banquet. Personne n'a voulu entrer au festin du Royaume et le roi doit se trouver des invités.
Toute cette histoire racontée par Jésus peut nous sembler étrange. Comment autant de gens peuvent-ils refuser d'entrer dans le Royaume le jour où la porte vient de s'ouvrir? Comment peut-on refuser une invitation qui vient du Roi? Même entre nous, si un personnage important fait une invitation personnelle à ses amis, comment pourront-ils lui refuser? C'est pourtant exactement ce qui arrive dans l'évangile d'aujourd'hui.
La parabole explique que chaque jour de nos vies, nous sommes invités à entrer dans le projet du Créateur, le projet de Dieu où règnent l'amour, la justice, le dévouement fraternel, le partage. Mais comme dans l'évangile, chacun se défile de son mieux, en remettant à plus tard les exigences du Royaume. Tout cela malgré des invitations de plus en plus pressantes.
Il se trouve trois réactions des invités dans la parabole. Les premiers sont simplement appelés, et ils refusent sans autre explication. Au premier appel, l'évangile dit simplement qu'“ils ne voulaient pas venir.” Alors le roi “envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités: “Voilà: mon repas est prêt, mes boeufs et mes bêtes grasses sont égorgées; tout est prêt: venez au repas de noce.”” “Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autres à son commerce; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.”
C'est un refus assez énergique. La réaction du roi est aussi énergique; la parabole raconte que “Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.”
Dans un troisième temps, le roi envoie d'autres serviteurs à la croisée des chemins pour réunir une foule de convives: tous pourront entrer, les bons comme les méchants. Et la salle sera remplie.
Malgré tout ce déploiement de volonté et d'autorité, malgré tous les efforts du roi, il se trouve encore dans la salle un homme qui résiste, qui s'oppose jusqu'au bout. Il a refusé de revêtir l'habit de noces et il ne répond pas aux questions qu'on lui pose.
Le roi le regarde, attristé. “Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir revêtu l'habit de noces?” Mais l'autre garde le silence. Son refus est total, sans limite, définitif. Et le roi devient triste en disant aux serviteurs, sur un ton de lassitude: “Liez-lui les pieds et les mains, jetez-le dehors dans les ténèbres extérieures, là où sont les pleurs et les grincements de dents.” C'est l'image du refus définitif de participer au banquet du Royaume.
En lisant cette parabole aujourd'hui, nous pourrions imaginer que tous les personnages sont purement fictifs. Pourtant, c'est de nous que parle Jésus: nous sommes les personnages de cette histoire, puisque nous sommes les invités au repas du Seigneur. C'est donc à nous qu'est lancée l'invitation du Seigneur et c'est encore aujourd'hui, et à chaque jour, que nous pouvons entrer dans le Royaume et renouveler notre fidélité à l'évangile.
D'autres explications pourraient encore nous éloigner du message de Jésus. On pourrait dire, par exemple: “Les premiers invités qui refusent l'invitation, ce sont les Juifs, le peuple choisi qui rejette Jésus et qui le condamne à mourir sur une croix. Et ceux qui entrent au festin, ce sont les nations étrangères, dont nous sommes. Mais réfléchir ainsi, c'est mal comprendre le message proposé. Si nous nous imaginons déjà bien installés au banquet de noces, alors nous oublions que l'invitation est actuelle pour nous, aujourd'hui. Et nous pourrions nous retrouver dehors, à notre tour, avec ceux qui ont refusé de prendre part au repas de noces.
Car c'est bien de nous que parle Jésus. Avec tendresse, avec beaucoup d'insistance, avec prévenance et fidélité, le Maître a préparé un festin. Il compte sur notre liberté pour nous voir entrer avec lui à la fête. Il faut sans cesse nous retourner vers lui, nous convertir, retrouver le vrai sens de nos vies. À chaque fois que nous refusons l'appel, Jésus nous redit: “Viens.” Il y a une liberté plus belle et plus grande qui est de nous ajuster au projet de Dieu, au vrai sens de nos vies, qui est d'aimer, de comprendre, qui est de savoir prier et de garder contact avec celui qui nous a créés et qui nous attire sans cesse vers lui.
Le lieu de l'assemblée chrétienne où nous sommes réunis est un lieu de rencontre avec Dieu. C'est aussi le lieu de la rencontre avec celles et ceux qui cherchent Dieu et qui souvent le trouvent avec nous. Car notre but est toujours de rétablir le contact entre Dieu et l'humanité, puisque nous sommes les invités au repas du Seigneur.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 11:23 hrs. le 12 novembre 2007 par JL.