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Le trente-deuxième dimanche ordinaireA

9 novembre 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 1-13

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




 

 


“ Chers soeurs et frères dans la foi, ”

Le mois de novembre marque la fin de l'année liturgique. Une autre année commencera le premier dimanche de l'Avent. Aujourd'hui et dimanche prochain, nous lisons donc les deux dernières paraboles de la vigilance, qui se trouvent juste avant le long récit de la Passion. Les deux paraboles portent le même message: il faut rester éveillés et actifs dans la vigilance; le Christ reviendra. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.
L'histoire des dix jeunes filles qui attendent l'époux est beaucoup plus dramatique que vraisemblable. On pourrait se demander en effet: Quel époux ferait une pareille entrée dans une salle des noces en plein coeur de la nuit? Quels marchands d'huile, au temps de Jésus, attendaient encore des clients après minuit? Quelles noces étranges, surtout, ouvrent leurs portes et les referment aussitôt sur le coup de minuit? La cohérence dans les paraboles, nous l'avons déjà remarqué, a souvent assez peu d'importance. Mais le message est clair: il faut être prêt. — Pourquoi la nuit? C'est pour marquer la victoire du Christ sur les puissances des ténèbres. Comme la nuit de Pâques…
Parmi les jeunes femmes destinées à former le cortège de l'époux, cinq sont déclarées folles, alors que les autres sont déclarées sages et prudentes. Elles ont visiblement un sens allégorique: elles incarnent la folie et la sagesse au sens biblique.
La traduction française que nous avons, d'ailleurs, arrondit le texte: on dit que les cinq jeunes filles qui n'ont pas de réserve d'huile sont (insensées )Dans le texte initial, le mot désigne la folie. La folie au sens biblique, c'est de nier l'existence de Dieu, comme le dit le Psaume 14: Le fou dit en son coeur: il n'y a pas de Dieu! Le même mot vient d'ailleurs d'être appliqué aux pharisiens (Matthieu 23, 17), parce qu'ils rejettent le Christ, tandis que le serviteur sage et prudent (phronimos) nous est donné en exemple seulement quelques lignes avant le texte d'aujourd'hui (24, 45).
C'est donc l'histoire de dix jeunes filles qui attendent l'époux en pleine nuit dans le but de l'éclairer à son entrée dans la salle des noces. Mais l'époux se fait attendre. Il tarde à venir. Les jeunes filles s'endorment. Et tout à coup, au coeur de la nuit, un cri se fait entendre: Voici l'époux qui vient. Allez à sa rencontre!
Dans la tradition juive — dans la tradition biblique — l'Époux désigne souvent le Seigneur Dieu. Les prophètes ont souvent comparé l'alliance entre Dieu et son peuple à un mariage. Dieu est l'Époux, Israël et l'épouse bien-aimée.
Les cinq jeunes filles sensées, qui avaient fait provision d'huile, sont donc admises à entrer. Quant aux cinq autres, elles sont exclues parce que l'époux fait son entrée pendant qu'elles sont allées chercher de l'huile, car leurs lampes s'éteignaient.
Pour nous, aujourd'hui, l'Époux qui vient se réfère évidemment à Jésus qui reviendra à la fin des temps. C'est le premier point de la parabole. Le second point, c'est qu'il reviendra de façon inattendue. Et donc le troisième point, c'est qu'il faut être prêt pour son retour.
Essayons maintenant de saisir chacun de ces trois points. D'abord, le Seigneur vient.
Pour les dix jeunes filles qui l'attendent, il n'y a là-dessus aucun doute. Chacune des dix possède la même assurance tout à fait évidente. Chacune a préparé sa lampe, chacune est allée au-devant de l'époux et l'a attendu au point précis du rendez-vous. Elles sont même tellement convaincues que l'époux viendra qu'elles ne se sont pas inquiétées du retard: au contraire, chacune s'est assoupie paisiblement et s'est endormie.
Le Seigneur vient. Ce n'est pas seulement une possibilité ou une hypothèse. C'est une assurance paisible, une certitude tranquille qui nous remplit de sérénité et de paix.
Mais cette venue sera soudaine. C'est le deuxième point de Jésus dans la parabole. Il dit: Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre: “Voici l'époux! Sortez à sa rencontre” Dans la deuxième lecture, saint Paul a une phrase semblable. Il décrit la venue du Fils de Dieu au signal donné par la voix de l'archange, à l'appel de Dieu. Ce sera donc un signal soudain dont personne ne connaît le moment précis.
Disons en passant que notre traduction française arrondit le sens des mots. Dans le texte original écrit par saint Paul, il n'est pas question d'un appel, mais bien de la trompette de Dieu. C'est donc un signal éclatant, un coup de trompette qui retentit au moment où personne ne l'attend.
Le message central, le but de cette parabole est de remettre nos pendules à l'heure. Dans les paraboles de la vigilance, il faut prendre une décision dès maintenant et elle sera irrévocable. En somme, l'heure n'est ni à l'inconscience, ni à la fausse confiance un peu magicienne que le Seigneur finira bien par tout arranger.
L'heure n'est pas non plus à traiter de mauvaises copines égoïstes» les jeunes filles sages qui refusent de partager quelques centilitres d'huile avec leurs petites amies distraites. Le message de la parabole n'est pas là. Et nous l'avons déjà mentionné, les détails des paraboles ne sont pas importants: c'est le message central qu'il importe de bien comprendre.
«C'est très sérieux, la vie! semble insister l'évangéliste dans le tout dernier entretien de Jésus avec ses disciples, juste avant le récit de la Passion: Avez-vous acquis la sagesse du Royaume? Avez-vous fait provision de cette huile des sages qu'est la Parole de Dieu? Ou au contraire, vous êtes-vous assoupis dans la folie de ceux et celles qui négligent ou qui rejettent le Fils de Dieu? Car l'heure va sonner. Le Seigneur vient.»
Dans un texte correspondant, saint Marc (13, 35) a ici une belle expression que nous entendrons le premier dimanche de l'Avent: Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Quatre fois, dans le texte de saint Marc, Jésus fait la même recommandation aux disciples de tous les âges et de toutes les nations: Veillez. Veiller Veillez donc… Veillez!
Le retour du Christ à la fin des temps est une certitude paisible: c'est une certitude absolue et première. Il faut nous rappeler que le Seigneur reviendra sans prévenir: saint Paul nous a parlé du signal donné par la voix de l'archange, à la trompette de Dieu. Il importe dès aujourd'hui d'être prêts et de veiller sous peine d'être exclus de son Royaume.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 14:22 hrs. le 12 novembre 2007 par JL.