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Le trente-deuxième dimanche du temps ordinaire B

le 8 novembre 2009

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12, 38-44


(lecture brève: 12, 41-44)


Dans son enseignement, Jésus disait:


38 Méfiez-vous des scribes,

qui tiennent à sortir en robes solennelles

et qui aiment les salutations

sur les places publiques,

39 les premiers rangs dans les synagogues

et les places d'honneur dans les dîners.

40 Ils dévorent les biens des veuves

et affectent de prier longuement:

ils seront d'autant plus sévèrement condamnés.


(Début de la lecture brève: )


41 Jésus s'était assis dans le Temple

en face de la salle du trésor,

et regardait la foule déposer de l'argent dans le tronc.

Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes.


42 Une pauvre veuve s'avança et déposa deux piécettes.

43 Jésus s'adressa à ses disciples:

Amen, je vous le dis:

cette pauvre veuve a mis dans le tronc

plus que tout le monde.

44 Car tous, ils ont pris sur leur superflu,

mais elle, elle a pris sur son indigence:

elle a tout donné,

tout ce qu'elle avait pour vivre.


( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,


 

 


“L'hypocrisie des scribes et l'offrande de la veuve”




Avec une ironie quelque peu cinglante, Jésus ridiculise les hypocrites, les orgueilleux, les vaniteux, les prétentieux; tous ces gens tellement déplaisants que nous avons tous rencontrés. Chacun fait subtilement l'application aux homologues actuels des scribes et des pharisiens: des personnes qui ont la science, qui cherchent la considération, qui dirigent et qui jugent les autres. Même l'anticléricalisme qui sommeille au coeur de toute personne se réveille doucement.

Que reproche Jésus aux chefs spirituels(1) de son temps? Ils sont incohérents: “Ils disent et ne font pas.” Ils sont paresseux: “Ils lient de pesants fardeaux... mais ne veulent pas les remuer du doigt.” Ils sont vaniteux: “Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes... Ils aiment les places d'honneur... les premiers rangs... les salutations sur les places publiques.”

Malheureusement, les scribes et les pharisiens ne sont pas les seuls à se qualifier: bien des baptisés pourront s'y reconnaître. Si nous avons éprouvé de la satisfaction devant les propos de Jésus en pensant intérieurement: “Moi, je ne suis pas de ceux-là”, alors, dès cet instant, nous en étions! D'ailleurs, qui d'entre nous ne s'est jamais réjoui de voir condamner les erreurs des autres?

Car ce que le Seigneur reproche ici aux scribes et aux pharisiens — leur incohérence, leur paresse, leur vanité — est tellement universel, tellement humain, que nous y trouvons bien notre part, chacun à sa manière. Le pire aveuglement est celui qui nous voile nos propres incohérences.

Dans le Royaume des cieux, personne n'est maître et nul ne doit dominer: nous sommes soeurs et frères. Aucun n'est père, personne n'enfante les autres: tous sont enfants de Dieu. Aucun n'est docteur et personne n'enseigne: tous sont enseignés par le même Esprit. Ainsi la hiérarchie du Royaume ne repose ni sur la science, ni sur la compétence, ni sur la domination, mais sur le service de ceux et celles, en particulier, qui n'ont pas accès à leur juste part de bonheur.

Dans les faits, la veuve dont il est question ici a donné très peu, voir ci-dessous.(2)Comme il est consolant de voir que le Seigneur Jésus ne se laisse pas impressionner par les grosses offrandes qui sont déposées et les paroles qui suivent nous montre sa grande clairvoyance, il voit au fond des cœurs: Amen, je vous le dis: cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence: elle a tout donné, tout ce qu'elle avait pour vivre.
(1) Le conflit qui oppose Jésus aux chefs s'amplifie et le conduira bientôt à la croix. Rappelons qu'après la destruction du Temple, en l'an 70 de notre ère, les pharisiens ont tenu une assemblée à Jamnia (Javné) et exclu les chrétiens convertis du jadaïsme de leurs synagogues. Cet événement, entre autres, a sans doute ravivé le souvenir des paroles de Jésus consignées ici.

(2) . Le cuivre a ici le sens de "monnaie de cuivre" et signifie donc: "de l'argent". Comparer avec l'anglais: "two nickels". Le cuivre désigne toute monaie dont la valeur est inférieure au denier, qui est une pièce d'argent. Le lepton est la plus petite monnaie du pays. De façon approximative, Marc explique à ses lecteurs que deux leptons valent un quadrans romain, une petite pièce de cuivre d'environ trois grammes qui valait le quart d'un as. Voir Matthieu 10, 29: "deux moineaux ne se vendent-ils pas un as?". Huit as font à leur tour un denier d'argent, que Matthieu 20, 2 propose comme salaire d'une journée.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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Dernière mise à jour de cette page à 15:17 hrs. le 9 décembre 2008 par J.L.