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Le dimanche 5 mars 2000, 9e dimanche du temps de l'Église B

Chers soeurs et frères dans la foi,


Savoir accueillir le pardon de Dieu

Cet Évangile fut sans doute écrit le premier, il importe de bien le connaître.

L'opposition rencontrée par Jésus au sein de sa famille(2) semble un fait historique bien attesté. Un thème central, en saint Marc,
est que les disciples ont bien du mal à comprendre les enseignements du Messie, tout comme les membres de sa famille. C'est ici
la première mention de Marie: elle se joint au clan familial pour dissuader son Fils de sa mission, car “ils” (les gens)(3) disaient:
“Il a perdu la tête.” Elle vit dans la foi comme nous et comme les disciples. Ici, elle cherche à protéger son Fils comme le fera
Pierre, le premier et le chef des apôtres (Marc 8, 32).

Les scribes “descendus de Jérusalem” sont vraisemblablement ceux des sadducéens, les responsables du Temple qui veulent la
mort de Jésus.(4) Il profite de leur rencontre pour aller de l'avant dans l'explication du Royaume.

“Si Satan s'est dressé contre lui-même,” alors la mission du Messie est en bonne voie de réalisation et le Royaume de Dieu s'est
rapproché de vous! Mais “si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, il n'obtiendra jamais le pardon.” On a beaucoup discuté
sur le sens de cette phrase. Il semble que ce ne soit pas la nature du péché en question, ni les limites de la miséricorde divine qui
le rende impardonnable, mais l'obstination dans le rejet de l'Esprit Saint.

En effet, “Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et tous les blasphèmes qu'ils auront faits.” Mais si
les scribes se ferment résolument au pardon, ils s'excluent eux-mêmes, sinon ils seraient sauvés par Celui qui pardonne tout. C'est
le sens le plus évident de ce passage.

Symboliquement, la mère et les frères de Jésus “se tiennent dehors” mais on sent bien que rien ne les empêchera de venir s'asseoir
dans le cercle des disciples.

(1) Pour suivre le sens de chaque mot et découvrir chaque image du récit, voir notre Traduction interlinéaire de l'Évangile selon
saint Marc. Éditions Fides, 1996, en vente dans les librairies religieuses.
(2) Plusieurs prophètes, dont Jérémie (12, 6) et Zacharie (13, 3-6), ont subi la même opposition de leurs proches.
(3) Comparer avec l'anglais: “As they say”, comme “on” dit. Le Lectionnaire semble attribuer cette parole à Marie et aux frères
de Jésus. Observons en plus que les degrés de parenté n'étaient pas définis comme aujourd'hui. Il s'agit sans doute de “frères” au
sens biblique, comme Abraham et son neveu Loth, comme Laban et Jacob. Voir Genèse 13, 8; 14, 14.16; 29, 15.
(4) En saint Marc, la décision de le faire mourir a été prise au début du troisième chapitre.

Bernard Lafrenière, c.s.c.