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Le Baptême du Seigneur B

le 11 janvier 2009


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 7-11




7 Jean Baptiste proclamait dans le désert:


Voici venir derrière moi

celui qui est plus puissant que moi.

Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds

pour défaire la courroie de ses sandales.

8 Moi, je vous ai baptisés dans l'eau;

lui vous baptisera dans l'Esprit Saint.


9 Or, à cette époque,

Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée,

et se fit baptiser par Jean dans le Jourdain.

10 Au moment où il sortait de l'eau,

Jésus vit le ciel se déchirer

et l'Esprit descendre sur lui comme une colombe.

11 Du ciel une voix se fit entendre:

C'est toi mon Fils bien-aimé;

en toi j'ai mis tout mon amour.



( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,


 

 


“Tu es mon Fils bien-aimé”




Le récit de saint Marc est le plus court. Il donne moins de détails que les autres évangélistes mais il s'attache à l'essentiel. Pour nous, cette Parole de Dieu est toujours vivante. La première fois que nous l'avons entendue, c'était aussi le jour de notre baptême, lorsque le Père nous a appelés par notre nom: “Marie... Alexandre... Pierre... Sylvie... viens avec moi.”(1) “Car tu es à moi... Viens. Tu comptes pour moi, tu as du prix à mes yeux et je t'aime.”(2) Des paroles qu'on applique aisément au baptême.

En saint Marc, Jésus entend le même appel. Il voit le ciel se déchirer(3) et l'Esprit descendre sur lui. Malgré une opinion répandue, le salut de l'humanité ne réside pas seulement dans le prolongement de nos prévisions et de nos efforts. Jésus reçoit donc la force de l'Esprit. Puis il entend la voix du Père: “Tu es mon Fils bien-aimé, je suis très content de toi.”(4)

Comment a-t-il alors compris sa vocation et sa mission? Il faut ici retrouver, dans la Bible, la phrase que Jésus reconnaît: “Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j'ai mis toute ma joie. J'ai fait reposer sur lui mon Esprit.”

Ce sont les premiers mots du premier chant du Serviteur de Yahvé, le début de quatre poèmes(5) qui annonçaient la mission du Messie et son oeuvre, dont plusieurs détails de la Passion, sans oublier le salut universel qui s'ensuit. Cette prophétie, l'homme de Nazareth la reconnaît: depuis son enfance, il l'a souvent entendu lire et commenter à la synagogue.

Ainsi, le jour de son baptême, Jésus est appelé par le Père. Il reçoit de lui sa vocation d'homme. Il accomplira donc la mission que plusieurs prophètes ont chantée, sans omettre ni la puissance divine qui s'exprimera dans la compassion et les guérisons, ni la convocation au Royaume, ni le rachat de l'humanité qui devra passer par son rejet personnel dans l'humiliation et la mort en croix. C'est la mission que le Fils bien-aimé accepte librement de son Père aujourd'hui.

(1) Marc 10, 21: “Viens. Suis-moi,” selon la Vulgate latine. On pourrait traduire plus exactement et mot à mot par: “Allons, viens avec moi!”
(2) Relire Isaïe 43, 1-5: “Ne crains pas, car je t'ai racheté. Je t'ai appelé par ton nom: tu es à moi. ... Ne crains pas, je suis avec toi.”
(3) En langage biblique, le passif est un moyen d'éviter de prononcer le Nom divin: “les cieux étant déchirés... par Dieu.” Ces mots reflètent l'espérance du Règne de Dieu en rappel d'Isaïe 63, 19: “Ah! si tu déchirais les cieux et si tu descendais...”
(4) Selon le lectionnaire anglais: “With you I am well pleased.” Le verbe eudokeô exprime un jugement favorable à la suite d'une épreuve (dokimè) et signifie: être content, trouver pleine satisfaction en quelqu'un et donc lui accorder entièrement son appui et sa faveur. Ce verset 11 est comme la signature de Dieu sur la suite du récit, et en particulier, sur la mission de Jésus.
(5) Isaïe 42, 1-9; 49, 1-7; 50, 4-9; 52, 13 — 53, 12.

Bernard Lafrenière, c.s.c.

 

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Dernière mise à jour à 16:05 hrs. le 6 janvier 2009 par JL.