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Le Christ Roi de l'univers A

20 novembre 2011,


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 31-46

( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)




 

 


“ Chers soeurs et frères dans la foi, ”

L'évangile nous présente aujourd'hui une vision grandiose: “Le Fils de lhomme siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui.”
Avez-vous déjà imaginé une foule où sont rassemblées toutes les nations de la terre? Notre imagination peut se représenter des scènes déjà vues: des foules de dix mille personnes ou de soixante mille personnes dans un stade olympique. Mais avez-vous déjà imaginé toutes les nations de la terre?
On dit que dix milliards d’individus peupleront la planète en 2020. Il faut encore ajouter à ce nombre tous les peuples qui ont vécu depuis Adam pour imaginer la scène décrite aujourd’hui dans l’évangile, une scène qu’aucun cinéaste ne pourra reconstituer faute de figurants.
C’est aujourd’hui la fête du Christ Roi. Dimanche prochain sera le premier dimanche de l’Avent... déjà!... et nous allons préparer encore une fois la première venue du Seigneur à Noël. La fête d’aujourd’hui marque le dernier dimanche de l’année liturgique.
L’année chrétienne est divisée en deux parties: durant six mois, nous célébrons les événements de la vie du Seigneur, depuis sa naissance à Noël jusqu’à son Ascension et la venue de l’Esprit saint. Et pendant encore six mois après la Pentecôte, nous relisons les pages les plus importantes de son enseignement. C’est aujourd’hui le dernier, le 34ième dimanche après la Pentecôte. L’Église nous propose la fête du Christ Roi de l’univers.
Dans les lectures, le Seigneur Jésus est représenté comme un roi, à plusieurs titres. Le Fils de Dieu est d’abord le roi-pasteur, celui qui est rempli d’attention et qui prend soin de chacune de ses brebis. Le Christ est aussi un roi-vainqueur, celui qui l’emporte sur les puissances adverses, et qui nous associe à sa victoire. Dans l’évangile d’aujourd’hui, il est aussi un roi-juge, celui qui discerne les personnes qui ont su accepter son empire, et un roi-serviteur qui se met d’abord au service de tous et qui, au dernier jour, remettra toute la domination à son Père.
Il est difficile de résumer en quelques phrases une telle connaissance du Fils de Dieu, une connaissance de Dieu aussi variée et aussi complète.
Les lectures de cette année nous présentent le Christ Roi en pleine action. Nous célébrons à la fois le Seigneur qui prend soin de nous, le Seigneur qui nous aime d’une affection très réelle, le Seigneur qui réalise notre destinée, et surtout le Seigneur qui complète l’oeuvre de la création et qui ressemble aujourd’hui à sa droite ceux et celles qui ont choisi librement d’entrer dans son Royaume. La fête d’aujourd’hui nous incite à reconnaître le Christ comme notre Roi et le Roi de l’univers.
Ézékiel commence par la parabole du bon pasteur. Elle était déjà bien connue au temps de Jésus. D’ailleurs Jésus lui-même reprendra cette image pour nous expliquer le sens de sa mission dans le monde. Il est le bon pasteur qui a soin de chacune de ses brebis, le berger qui part à la recherche de celle qui était perdue, qui guérit celle qui était malade et qui veille avec affection sur toutes les autres qui sont bien portantes.
Voilà donc un roi bien différent des rois humains conscients de leur puissance et qui deviennent trop souvent dominateurs. Dieu aurait pu choisir de nous inspirer la crainte fondée sur sa puissance infinie, mais il se décrit lui-même comme un berger plein de tendresse et de prévenance pour chacune de ses brebis. Ézékiel nous dit: “J’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées au jour de brouillard et d'obscurité.”. En suivant l’annonce des prophètes, le Christ Roi règne de toute son affection et de toute sa tendresse à l’égard de chacune de ses brebis.
L’évangile d’aujourd’hui nous révèle encore un autre aspect de la royauté de Jésus: il est le juge universel de toutes les nations qui vivent et qui ont vécu sur la planète. Jésus reviendra à la fin des temps. Son retour est toujours annoncé, inlassablement attendu depuis des siècles. Sa venue à la fin des temps a été profondément espérée depuis les premiers temps de l’Église où l’on répétait dans la prière: “Marana tha,:viens, Seigneur Jésus.;
Dans la scène d’aujourd’hui, il s’agit bien d’un jugement universel. Tous les hommes et toutes les femmes qui ont peuplé la terre à chacun des moments de l’histoire du monde sont concernés. Quelles que soient leurs convictions religieuses, quelles que soient leur race et leur culture, le Christ Roi universel convoque tous les êtres humains pour cette ultime rencontre. Et chose curieuse, ceux et celles que va juger le Christ Roi semblent ignorer quand et dans quelles circonstances ils ont pu servir, ou au contraire refuser de servir le Christ Seigneur dans leurs soeurs et frères.
L’évangile nous donne le grand critère du jugement dernier. C’est la foule de petits services, souvent les plus simples et les plus ordinaires que l’on puisse imaginer. «Avez-vous été bons à l’égard des malades, des petits, des pauvres, des prisonniers, des affamés? Avez-vous fait preuve de compassion face aux besoins les plus évidents, les plus quotidiens et les plus ordinaires de vos soeurs et de vos frères?
C’était bien peu de choses, en somme, qui nous était demandé. Un verre d’eau à un enfant qui avait soif. Une visite à une personne seule qui s’ennuyait et qui souffrait à la maison ou sur un lit d’hôpital. Parfois de la nourriture ou quelques vêtements rassemblés pour une famille dans le besoin.
En somme, avons-nous passé notre vie sans les voir? Avons-nous été inconscients des nombreux manques d’estime, d’affection, de biens matériels des gens qui vivent autour de nous? Avons-nous vécu uniquement pour nous-mêmes sans nous rendre compte que les autres existent tout près de nous et manquent souvent de l’essentiel de ce qui fait la beauté et la qualité d’une vie humaine? Quelle sensibilité avons-nous à la tristesse, à la solitude et aux besoins matériels des autres?
L’évangile d’aujourd’hui nous parle avec force du sens le plus essentiel et le plus fondamental de nos vies: Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade et vous m’avez visité; j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi!

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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 Voir version brève avec Évangile

Dernière mise à jour à 11:11 hrs. le 26 janvier 2011 par JL.