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Le 2e dimanche du temps de l'Église A

le 20 janvier 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 29-34



29 Comme Jean Baptiste voyait

Jésus venir vers lui il dit:

Voici l'Agneau de Dieu,

qui enlève le péché du monde

30 c'est de lui que j'ai dit:

Derrière moi vient un homme

qui a sa place devant moi,

car avant moi il était.

31 Je ne le connaissais pas;

mais, si je suis venu baptiser dans l'eau,

c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël.


32 Alors Jean rendit ce témoignage:

J'ai vu l'Esprit

descendre du ciel comme une colombe

et demeurer sur lui.

33 Je ne le connaissais pas,

mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit:

'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer,

c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint.'

Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage:

c'est lui le Fils de Dieu.



( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,


 

 


“Voici l'Agneau de Dieu”



Le quatrième évangile est rédigé comme un long procès où des témoins se succèdent pour déclarer officiellement ce qu'ils savent de Jésus, Verbe fait chair, Lumière du monde, Fils unique de Dieu, Roi d'Israël. Ainsi, dès le premier jour de la semaine inaugurale, Jean Baptiste a répondu aux prêtres et aux lévites envoyés de Jérusalem: il leur a déclaré qu'il n'était pas le Messie. Le lendemain, il témoigne devant ses disciples, des hommes disposés à croire: “Voici,(1) leur dit-il, l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde”. Les commentateurs ne s'entendent pas sur le sens précis de ce mot. Jésus est-il l'agneau immolé durant la Pâque, en mémorial de la libération d'Égypte? Est-il l'agneau immolé et vainqueur de l'Apocalypse (5, 6 et 12)? Est-il le serviteur d'Isaïe qui “n'ouvrait pas la bouche comme un agneau conduit à la boucherie” (53, 7). Ou peut-être doit-il remplacer l'agneau qu'il fallait immoler chaque jour dans le Temple, pour l'expiation des péchés du peuple?

La meilleure réponse est sans doute dans la foi des premiers croyants, auxquels l'évangile de saint Jean fut d'abord destiné. Ils ne pensaient pas tant à la douceur ou à la faiblesse de l'agneau qu'à la manifestation en lui de la puissance du Dieu Sauveur d'Israël. L'eucharistie était pour eux le rappel de la Pâque à laquelle s'associait désormais l'assemblée chrétienne.

Chaque fois qu'ils recevaient le corps et le sang du Christ ressuscité, les premiers croyants reconnaissaient l'“Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde”. Comme eux, nous retrouvons le même sens dans la communion et les acclamations au coeur de nos eucharisties: “Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi.”

Notre monde a une longue expérience de révolutions et de libérations qui n'ont fait que déplacer les oppressions et les injustices. Ce monde a soif d'une libération profonde qui ira au coeur du mal. Voici enfin celui qui doit “enlever” le péché du monde. Le mot grec employé ici par saint Jean signifie à la fois “porter” au sens de prendre sur soi en se chargeant du péché, en même temps qu'“emporter” au sens de l'ôter, de l'enlever en le faisant disparaître.

Par l'action de l'Agneau, le monde longtemps blessé par l'injustice et la haine connaîtra sa vraie libération: il sera restauré dans l'amour du Père.

(1) C'est l'expression solennelle qui introduisait les révélations majeures chez les prophètes. Par exemple: “Voici que la vierge concevra...” (Isaïe 7, 14 cité en Matthieu 1, 23)

Bernard Lafrenière, c.s.c.

 

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Dernière mise à jour à 15:36 hrs. le 15 septembre 2007 par JL.