Le dix-neuvième dimanche ordinaireA
le 10 août 2008
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 14, 22-33
C'est un fantôme,
et la peur leur fit pousser des cris.
27 Mais aussitôt Jésus leur parla:
Confiance! c'est moi; n'ayez pas peur!
28 Pierre prit alors la parole:
Seigneur, si c'est bien toi,
ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau.
29 Jésus lui dit:
Viens!
Pierre descendit de la barque
et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus.
30 Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur;
et, comme il commencait à enfoncer, il cria:
Seigneur, sauve-moi!
31 Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit
et lui dit:
Homme de peu de foi,
pourquoi as-tu douté?
32 Et quand ils furent montés dans la barque,
le vent tomba.
33 Alors ceux qui étaient dans la barque
se prosternèrent devant lui et lui dirent:
Vraiment, tu es le Fils de Dieu!
Chers soeurs et frères dans la foi,
Jésus et Pierre sur une mer déchaînée
Jésus vient de nourrir entre dix et vingt mille personnes avec cinq pains et deux petits poissons. Pas étonnant qu'il marche maintenant sur les eaux!
Il a rejoint la barque en difficulté après avoir passé une nuit en prière. Confiance! leur dit-il, c'est moi; n'ayez pas peur! Pierre réagit avec sa fougue habituelle: Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau. Viens! lui répond Jésus, et la célèbre parole d'Isaïe 43, 1-3 se réalise.
Aussi fascinante qu'elle soit, l'aventure de Pierre n'est pas sans rappeler nos élans et nos hésitations dans la foi. Nous faisons nôtre avec beaucoup d'empathie cet élan spontané vers le Seigneur, et quelqu'un pourrait dire: À sa place, il me semble que j'aurais réussi. Ou inversement: Comme je me connais, je n'aurais même pas essayé! Et toi, Marie-Pier, Monique, Sylvain, Denis, y serais-tu allé?
Suivre Jésus jusqu'au bout à la manière de Pierre, s'engager comme lui dans ce que la foi nous offre d'invraisemblable et de surhumain, n'est-ce pas une représentation valable de notre expérience de croyantes et de croyants? D'ailleurs, le risque que Pierre avait pris était tellement réel que la suite du récit nous surprend à peine. Voyant qu'il y avait du vent, il eut peur; et comme il commençait à enfoncer, il cria: Seigneur, sauve-moi!
Souvent, Jésus a exigé de ses disciples, avec la foi, une entière confiance en lui.(1) Pourtant, cette peur que Pierre a ressentie, nous la connaissons bien. Nous avons peur du regard des autres, du fait qu'ils pourraient voir nos échecs. Nous avons peur d'un passé difficile à assumer. Nous craignons même d'avoir peur, en sachant bien qu'avoir peur du mal, c'est déjà être dominé par lui. Les lectures d'aujourd'hui nous invitent à la confiance totale et généreuse envers le Seigneur.
L'expérience de Pierre marchant sur la mer déchaînée nous attire et nous fascine. Dans le perpétuel combat de la chair et de l'esprit, nous pressentons à coup sûr l'échec inévitable dont seul le Seigneur pourra finalement nous tirer.
Par la répétition de nos efforts, par la succession de nos élans et de nos échecs, nous faisons l'expérience de la solidité de Dieu. Et nous redirons un jour avec les rameurs de cette nuit-là: Vraiment, tu es le Fils de Dieu.
(1) Au moment de confier sa mission au prophète Jérémie, Dieu exigeait la même assurance: Ne tremble point devant eux; sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux! (1, 17).
Bernard Lafrenière, c.s.c.
Dernière mise à jour à 11:50 hrs. le 8 novembre 2007 par JL.