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Le jour de l'an, Sainte Marie, Mère de Dieu (A-B-C )

mardi le 1 janvier 2008,


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 16-21



16 Quand les bergers arrivèrent à Bethléem,
ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.

17 Après l'avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.

18 Et tout le monde s'étonnait
de ce que racontaient 1es bergers.

19 Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.

20 Les bergers repartirent;
ils g1orifiaient et louaient Dieu
pour tout ce qu’i1s avaient entendu et vu
selon ce qui 1eur avait été annoncé.

21 Quand fut arrivé le huitième jour,
ce1ui de 1a circoncision,
l’enfant reçut le nom de Jésus,
le nom que l’Ange lui avait donné avant sa conception..



( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,

Bonne et Heureuse Année! L'année 2005 vient de commencer. Une année qui se termine, et une autre qui commence, c'est l'occasion de jeter un regard sur le temps qui s'écoule et de voir comment nous l'employons. C'est un moment où nous avons l'impression de pouvoir arrêter le temps... ne serait-ce qu'un instant, pour bien le regarder.

À notre âge... nous savons bien que ce qui est définitif n'est pas limité au monde qui passe. Les biens du monde transitoire et passager ne sont pas notre seule raison de vivre. Si nous sommes rassemblés ici, en ce moment, c'est parce que nous sommes croyants. Ce qui nous attire ici, c'est la présence du Sauveur, une présence toujours neuve au coeur de nos vies.

Nous sommes donc venus rencontrer le Seigneur, le premier jour de l'année, pour lui dire encore notre attachement. Car nous savons que le seul moyen de donner un sens à nos années, de vivre déjà et pour toujours unis à lui dans un monde sans limite ni frontière, c'est de nous remettre chaque jour à la suite de Jésus, de nous laisser entraîner dans son sillage, afin d'être avec lui dans le monde qui ne finira jamais.

Nous sommes donc réunis en ce lieu de l'assemblée chrétienne, comme disciples de Jésus. Disciples un peu comme les artistes qui apprennent lentement à peindre de la main d'un maître, un peu comme les musiciens, les savants, les sportifs qui se font les diciples d'un maître. Nous sommes rassemblés en Église, comme disciples de Jésus.

Dans notre vie de disciples, nous avons aussi d'autres modèles. Saint Joseph est un modèle, parce qu'il a été attentif et qu'il a accueilli, à Noël, le projet de Dieu. Et nous sommes ici pour accueillir le projet de Dieu à la suite et à la manière de saint Joseph.

Marguerite Bourgeoys, Marguerite d'Youville et le frère André sont aussi des modèles plus proches de nous. Nous marchons sur leurs traces, puisqu'ils ont fréquenté la même ville que nous.

Ensemble, nous avons écouté deux lectures qui nous présentent un autre modèle: Marie. Le premier janvier, qu'on appelait autrefois la Circoncision, est aujourd'hui la fête de Marie, Mère de Dieu. Les deux lectures que nous avons entendues nous parlent d'elle. Le texte de saint Paul aux Galates est le seul texte de lui qui parle de Marie. Contrairement aux évangiles, qui parlent souvent de Marie, saint Paul n'en parle qu'une seule fois. C'est le texte d'aujourd'hui.

Il explique que Dieu a voulu faire de nous ses filles et ses fils. Il nous a choisis comme des enfants tellement unis à lui que nous pouvons l'appeler notre Père. “Lorsque les temps furent accomplis, écrit saint Paul, Dieu nous a envoyé son Fils; il est né d'une femme, il a été sujet de la Loi pour racheter les sujets de la Loi et pour faire de nous des fils.” Ainsi, le Fils de Dieu, en devenant Fils de Marie, a fait de nous des filles et des fils du Dieu vivant.

C'est par elle que s'accomplit le grand mystère du Dieu vivant dans notre chair, un Dieu venu partager nos espoirs, nos fatigues, nos limites physiques et même notre mort. C'est par le oui de Marie que Dieu est venu vivre dans notre chair, qu'il a partagé notre condition humaine en devenant notre frère, en partageant à son tour avec nous sa condition de Fils de Dieu. C'est par Marie, finalement, que nous sommes devenus filles et fils de Dieu.

Vatican II, dans son premier document sur l'Église, nous donne un long enseignement sur Marie. Suivant le Concile, elle est le plus parfait modèle de l'Église, le plus parfait modèle de foi, de charité et d'union avec le Christ. C'est l'enseignement des années 60 qui a inspiré cette fête.

Au plan de l'exégèse, pour bien comprendre les textes bibliques, nous serions parfois tentés de reprocher à saint Paul de n'avoir pas mis suffisamment en lumière le rôle de Marie dans l'Église. Ce que nous dit le dernier concile, pourquoi saint Paul ne l'a-t-il pas annoncé ouvertement? Il ne parle qu'une fois de Marie et il n'écrit même pas son nom. Nous sommes devenus filles et fils de Dieu “par une femme”. C'est beaucoup dire sans doute. Mais pourquoi n'a-t-il pas explicité son message?

Les meilleurs exégètes nous en donnent deux raisons. La première, c'est que le rôle donné à Marie est en accord avec la culture juive de l'époque, et avec toute la Bible en général. Le plus souvent, dans la culture juive du temps, le rôle de la femme était celui d'épouse et de mère. Jésus donnera aux femmes des droits égaux dans les questions fondamentales du mariage: dans l'évangile de saint Marc, il répète la même loi pour l'homme et pour la femme, dans les mêmes mots et de la même manière. Mais le rôle de Marie, dans le Nouveau Testament, est resté plus effacé en accord avec la culture juive de l'époque.

L'autre raison donnée par les exégètes est que certaines personnes, dans l'Église primitive, réclamaient une place spéciale du fait qu'ils étaient membres de la famille de Jésus. Le monde oriental, en effet, attache beaucoup d'importance aux liens de parenté dans les clans et les tribus.

Les auteurs des évangiles ont donc voulu montrer qu'il n'existe aucun privilège dans l'attachement au Christ: tous les hommes et toutes les femmes du monde sont appelés à suivre Jésus, peu importe qu'ils soient d'origine juive ou païenne, peu importe qu'ils soient ou non fils ou filles du frère ou de la soeur de Marie, ou ses cousins ou ses cousines comme semblaient le réclamer, tradition à l'appui, des gens du temps où écrivait saint Paul.

Ceci expliquerait pourquoi le dignité de Marie, la Mère de Dieu, n'a pu être mise en pleine lumière dans les premières années. Ce n'est qu'aux deuxième et troisième siècles que la vénération des fidèles envers Marie s'est exprimée plus librement. À bon droit, les meilleurs théologiens de l'Église ont par la suite découvert le rôle important de Marie dans notre vie de foi. Et c'est la fête que nous célébrons aujourd'hui.

Saint Luc avait compris ce rôle: au début de son évangile, il a fait de Marie le personnage principal face aux interventions de Dieu. C'est elle qui accueille Jésus en notre nom. C'est elle qui reçoit le message de l'ange et qui dit oui aux projets de Dieu sur nous. Elle devint alors Mère de Dieu et par elle, nous sommes devenus soeurs et frères de Jésus, filles et fils de Dieu.

En célébrant l'eucharistie aujourd'hui, unissons-nous de plein coeur à la volonté même de Marie, qui a laissé grandir en elle le projet de Dieu. Que durant cette nouvelle année, nous disions aussi notre oui au Dieu vivant, comme elle a su le faire.

Bernard Lafrenière, c.s.c.

 

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Dernière mise à jour à 14:22 hrs. le 2 septembre 2007 par JL.