Le troisième dimanche de Pâques B
le 26 avril 2009
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 35-48
Les disciples qui rentraient d'Emmaus
racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons
La paix soit avec vous.
Pourquoi êtes-vous bouleversés?
Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous?
Avez-vous ici quelque chose à manger?
Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites
quand j'étais encore avec vous:
Il fallait que s'accomplisse
tout ce qui a été écrit de moi
dans la loi de Moise, les Prophètes et les Psaumes.
C'est bien ce qui était annoncé par l'Ecriture:
les souffrances du Messie,
sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
Chers soeurs et frères dans la foi,
Les non-juifs n'arrivaient pas à se faire à
l'idée d'une résurrection de la personne humaine tout
entière. Les Grecs nouvellement convertis concevaient le corps comme la prison de l'âme; et la mort,
comme sa libération. C'est la difficulté à
laquelle répond saint Luc dans le récit d'aujourd'hui. Dans ce contexte, la salutation familière Shalôm(1)
prend tout son sens au moment où les disciples sont
profondément bouleversés à l'idée de
voir surgir un défunt: "Frappés de stupeur et de crainte,
ils croyaient voir un esprit." Dans le texte: "ils croyaient voir un
souffle".(2) Jésus s'applique à dissiper la peur, puis à donner aux disciples de
tous les temps la paix dans la foi. Le récit de saint Marc a clairement insisté sur la
résurrection du Jésus historique: "Vous cherchez
Jésus de Nazareth, le crucifié? Il est
ressuscité: il n'est pas ici." (16, 6) Saint Luc insiste en plus sur des
détails rapportés par les témoins pour montrer
que Jésus est vraiment apparu avec son corps, "à nous qui avons mangé et bu avec lui
après sa résurrection d'entre les morts." (Actes 10,
41) Toutes les réactions d'épouvante et de stupeur, de
tremblements et de crainte font clairement partie de
l'expérience des disciples face au Ressuscité. Jésus est entré au creux de leur
frayeur et de leur désespoir pour leur apporter son message de
foi et de paix. Il multiplie les preuves de la résurrection de sa chair: "Voyez mes mains et mes
pieds: c'est bien moi! Touchez-moi, regardez: un esprit n'a pas de
chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai." Il leur montre ses mains et ses pieds. Mais ils restent là,
saisis d'étonnement. Il ajoute une preuve irréfutable:
"Avez-vous ici quelque chose à manger?" C'est le propre du corps humain de prendre de la
nourriture. "Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
Il le prit, et le mangea devant eux." J'aime imaginer Jésus donnant un cours
d'exégèse biblique, comme il l'a fait avec les
disciples d'Emmaüs juste avant notre récit: "En partant
de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans
toute l'Écriture, ce qui le concernait." Il le fait encore
aujourd'hui, dans nos rassemblements. (1) Les salutations varient selon les cultures. En hébreu:
"Hévénou shalôm aléchem", que la paix soit
avec vous. En anglais: "Good morning", bon matin. En grec moderne: "Kali mèra", bon jour. En grec
hellénistique (330-63) et du temps de Jésus:
"Khairé", réjouis-toi. En latin: "Valé", porte-toi bien, ce qui correspond à notre mot
français: "Salut." (2) Le souffle, rouah (féminin) en hébreu et pneuma
(neutre) en grec, désigne tout être réel mais
invisible. En faire l'expérience en soufflant dans sa main..
Bernard Lafrenière,
c.s.c.
Touchez-moi, regardez...