Le cinquième dimanche de Pâques B
le 6 mai 2012
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 1-8
1 Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
2 Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l'enlève;
tout sarment qui donne du fruit,
il le nettoie,
pour qu'il en donne davantage.
3 Mais vous, déjà vous voici nets et purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite:
4 Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment ne peut pas
porter du fruit par lui-même
s'il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.
5 Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là donne beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
6 Si quelqu'un ne demeure pas en moi,
il est comme un sarment qu'on a jeté dehors,
et qui se desséche.
Les sarments secs,
on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
7 Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voudrez,
et vous l'obtiendrez.
8 Ce qui fait la gloire de mon Père,
c'est que vous donniez beaucoup de fruit:
ainsi, vous serez pour moi des disciples.
Chers soeurs et frères dans la foi,
Je suis la vraie vigne
Plus d'une vingtaine de fois en saint Jean, Jésus
s'attribue le Nom divin; en hébreu: Yahweh, vyvh; en grec:
"Egô eimi", Je Suis. C'est le Nom
révélé à Moïse au buisson ardent.(1)
"Je Suis"... le Messie (à la Samaritaine; 4, 26). "Si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés" (8, 24). "Alors vous saurez que Je Suis" (8, 28). "Avant qu'Abraham fût, Je Suis" (aux pharisiens; 8, 58). "Afin que vous croyiez que Je Suis" (aux disciples; 13, 19). "Je Suis le pain de vie" (6, 48). "Je Suis la lumière du monde" (8, 12). "Je Suis la porte des brebis" (10, 7). "Je Suis le bon berger" (10, 11 et 14). "Je Suis la résurrection et la vie" (11, 25). "Je Suis le chemin, la vérité et la vie" (14, 6). Et aujourd'hui: "Moi, Je Suis la vraie vigne" (15, 1).
L'évangile selon saint Jean nous est bien connu aujourd'hui(2) et plus personne ne met en doute que ce texte, comme les trois autres évangiles, redit à sa manière la foi authentique des premières générations chrétiennes. La révélation de Jésus comme Fils de Dieu y tient visiblement une place de choix.
Traditionnellement, la vigne représentait le peuple de la promesse. "La vigne que tu as prise à l'Égypte, tu l'as replantée en chassant des nations"
(Psaume 79, 9). "Israël était une vigne luxuriante donnant beaucoup de fruits" (Osée 10, 1). "Je t'ai planté comme une vigne de choix" (Jérémie 2, 21).
Quelle image saint Jean a-t-il à l'esprit? Jésus est toute la vigne.(3) Dans le peuple de la Nouvelle Alliance, chacune des branches partage la vie du Ressuscité, comme les membres de son Corps, et si quelqu'un se détache du Corps du Christ, de cette vigne qui est l'Église, il n'a plus la vie en lui et ne produit plus rien pour la vie éternelle. Il faut donc rester uni à la vigne.
Cette parabole révèle le jugement, un thème sur lequel on insiste moins aujourd'hui, au profit de la tolérance. Le jugement est pourtant l'un des trois grands pôles de l'évangile, avec le service fraternel et l'option en faveur des exclus.
(1) On trouve cette révélation du Nom du "Dieu de vos pères" dans le livre de l'Exode 3, 13-15. L'hébreu se lit de droite à gauche, ce qui donne: YHWH.
(2) Le texte des quatre évangiles est mieux conservé qu'aucun autre écrit de l'Antiquité. D'autre part, la recherche demeure très active sur le Jésus historique, et il nous est mieux connu qu'aucun autre personnage de son temps, y compris les empereurs romains.
(3) Dans la première version de la Bible de Jérusalem, on traduisait par: "Je suis le vrai cep, vous êtes les sarments." Mais la correction a été faite en 1973 puisque, dans le texte initial, Jésus s'identifie clairement au peuple de l'Alliance, au Corps tout entier dont nous sommes les membres.
Bernard Lafrenière, c.s.c.
Dernière mise à jour à 16:21 hrs. le 6 novembre 2011 par Jacques Lafrenière