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Le dimanche des Rameaux et de la Passion A

le 16 mars 2008,


Notes du Webmestre:
Ce récit de la passion est particulièrement justifié pour la lecture dialoguée.
En plus des sigles habituels désignant les divers interlocuteurs:
- Le lecteur L. la justification est à gauche,
- Jésus, J. le Maître est en piste centrale et en Italique
- Les disciples, D., amis, A., la foule F. et autres personnages, aussi en Italique

avec la justification est à droite.

Cette forme de justification gauche, droite et centrale pour la parole du Seigneur est la norme dans tous les textes d’Évangile des dimanches sur le site: Homélie, elle vous aide à mieux comprendre la Parole du Seigneur.

JL



La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

(lecture intégrale 26, 14-27, 66)


(lecture brève: 27, 11-54)


26-14 L. L'un des douze Apôtres de Jésus,
nommé Judas Iscariote,
alla trouver les chefs des prêtres

15 et leur dit:

D.Que voulez-vous me donner,
si je vous le livre?


L. Ils lui proposèrent trente pièces d'argent.

16 Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable
pour le livrer.

17 Le premier jour de la fête des pains sans levain,
les disciples vinrent dire à Jésus:

D. Où veux-tu que
nous fassions les préparatifs
de ton repas pascal?


18 L. Il leur dit:


J. Allez à la ville, chez un tel,
et dites-lui:

‘Le Maitre te fait dire:
Mon temps est proche;
c'est chez toi
que je veux célébrer la Pâque
avec mes disciples.’


19 L. Les disciples firent
ce que Jésus leur avait prescrit
et i1s préparèrent 1a Pâque.

20 Le soir venu,
Jésus se trouvait à table avec les Douze.

21 Pendant le repas, il leur déclara:

J. Amen, je vous le dis:
l'un de vous va me livrer.


22 L. Profondément attristés,
i1s se mirent à 1ui demander, 1'un après 1'autre:

D. Serait-ce moi, Seigneur?


23 L. Il leur répondit:

J. Celui qui vient de se servir
en même temps que moi,
celui-là va me livrer.

24 Le Fi1s de 1'homme s'en va,
comme il est écrit à son sujet;
mais malheureux l'homme par qui
le Fils de l'homme est livré!
Il vaudrait mieux que
cet homme-là ne soit pas né!


25 L. Judas, celui qui le livrait, prit la parole:

D. Rabbi, serait-ce moi?

L. Jésus lui répond:

J. C'est toi qui l'as dit!


26 L. Pendant le repas,
Jésus prit du pain,
prononca la bénédiction,
le rompit
et le donna à ses disciples, en disant:

J.Prenez, mangez: ceci est mon corps.


27 L. Puis, prenant une coupe et rendant grâce,
il la leur donna, en disant:

J. Buvez-en tous,

28 car ceci est mon sang,
le sang de l'Alliance,
répandu pour la multitude
en rémission des péchés.

29 Je vous le dis:
désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne,
jusqu'au jour où je boirai un vin nouveau avec vous
dans le royaume de mon Père.


30 L. Après avoir chanté les psaumes,
ils partirent pour le mont des Oliviers.

31 Alors Jésus leur dit:

J. Cette nuit, je serai pour vous tous
une occasion de chute;
car il est écrit:
Je frapperai le berger,
et les brebis du troupeau seront dispersées.

32 Mais après que je serai ressuscité,
je vous précéderai en Galilée.


33 L. Pierre lui dit:


D. Si tous viennent
à tomber à cause de toi,
moi, je ne tomberai jamais.


34 L. Jésus reprit:

J. Amen, je te le dis:

cette nuit même,

avant que le coq chante,

tu m'auras renié trois fois.


35 L. Pierre lui dit:

D. Même si je dois mourir avec toi,
je ne te renierai pas.

L. Et tous les disciples en dirent autant.

36 Alors Jésus parvient avec eux
à un domaine appelé Gethsémani
et leur dit:

Restez ici,
pendant que
je m'en vais là-bas
pour prier.


37 L. Il emmena Pierre,
ainsi que Jacques et Jean,
les deux fils de Zébédée,
et il commenca à ressentir tristesse et angoisse.

38 Il leur dit alors:

J. Mon âme est triste à en mourir.

Demeurez ici et veillez avec moi.


39 L. Il s'écarta un peu

et tomba la face contre terre

en faisant cette prière:

J. Mon Père,

s'il est possible,

que cette coupe passe loin de moi!

Cependant, non pas comme je veux,

mais comme tu veux.


40 L. Puis il revient vers ses disciples

et les trouve endormis;

il dit à Pierre:

J. Ainsi, vous n'avez pas eu la force

de veiller une heure avec moi?

41 Veillez et priez,

pour ne pas entrer en tentation;

I'esprit est ardent,

mais la chair est faible.


42 L. Il retourna prier une deuxième fois:

J. Mon Père,

si cette coupe ne peut passer

sans que je la boive,

que ta volonté soit faite!


43 L. Revenu près des disciples,

il les trouva endormis,

car leurs yeux étaient lourds de sommeil.

44 Il les laissa

et retourna prier pour la troisième fois,

répétant les mêmes paroles.

45 Alors il revient vers les disciples et leur dit:

J. Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer.
La voici toute proche, I'heure
où le Fils de l'homme
est livré aux mains des pécheurs.

46 Levez-vous! Allons!
Le voici tout proche,
celui qui me livre.


47 L. Jésus parlait encore,
lorsque Judas, l’un des Douze, arriva,
avec une grande foule
armée d'épées et de bâtons,
envoyée par les chefs des prêtres
et les anciens du peuple.

48 Le traître leur avait donné un signe:

D. Celui que j'embrasserai,
c'est lui:
arrêtez-le.


49 L. Aussitôt, s'approchant de Jésus, il lui dit:

D. Salut, Rabbi!,


L. et il l'embrassa.

50 Jésus lui dit:

J. Mon ami, fais ta besogne.


L. Alors ils s'avancèrent,
mirent la main sur Jésus et l'arrêtèrent.

51 Un de ceux qui étaient avec Jésus,
portant la main à son épée,
la tira, frappa le serviteur du grand prêtre
et lui trancha l'oreille.

52 Jésus lui dit:

J. Rentre ton épée,
car tous ceux qui prennent l'épée
périront par l'épée.

53 Crois-tu que je ne puisse pas
faire appel à mon Père,
qui mettrait aussitôt à ma disposition
plus de douze légions d'anges?

54 Mais alors, comment s'accompliraient les Écritures?
D'après elles, c'est ainsi que tout doit se passer.


55 L. A ce moment-là, Jésus dit aux foules:

Suis-je donc un bandit,
pour que vous soyez venus m'arrêter
avec des épées et des bâtons?

Chaque jour, j'étais assis dans le Temple
où j'enseignais,
et vous ne m'avez pas arrêté.

56 Mais tout cela est arrivé
pour que s'accomplissent
les écrits des prophètes.


L. Alors les disciples
l'abandonnèrent tous
et s'enfuirent.

57 Ceux qui avaient arrêté Jésus
l'amenèrent devant Caïphe,
le grand prêtre,
chez qui s'étaient réunis
les scribes et les anciens.

58 Quant à Pierre,
il le suivait de loin,
jusqu'au palais du grand prêtre;

il entra dans la cour
et s'assit avec les serviteurs
pour voir comment cela finirait.

59 Les chefs des prêtres
et tout le grand conseil
cherchaient un faux témoignage contre Jésus
pour le faire condamner à mort.

60 Ils n'en trouvèrent pas;
pourtant beaucoup de faux témoins
s'étaient présentés.

Finalement il s'en présenta deux,

61 qui déclarèrent:

A. Cet homme a dit:

‘Je peux détruire le Temple de Dieu
et, en trois jours, le rebâtir.’


62 L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit:


A. Tu ne réponds rien
à tous ces témoignages
portés contre toi?


63 L. Mais Jésus gardait le silence.

Le grand prêtre lui dit:

A. Je t'adjure, par le Dieu Vivant,
de nous dire si tu es le Messie,
le Fils de Dieu.


64 L. Jésus lui répond:

J. C'est toi qui l'as dit;

mais en tout cas, je vous le déclare:

désormais vous verrez le Fils de l'homme

siéger à la droite du Tout-Puissant

et venir sur les nuées du ciel.


65 L. Alors le grand prêtre
déchira ses vêtements,
en disant:


A. Il a blasphémé!
Pourquoi nous faut-il
encore des témoins?


Vous venez d'entendre le blasphème!

66 Quel est votre avis?


L. Ils répondirent:

F. Il mérite la mort.


67 L. Alors ils lui crachèrent au visage

et le rouèrent de coups;

68 d'autres le giflèrent en disant:

F. Fais-nous le prophète, Messie!
qui est-ce qui t'a frappé?


69 L. Quant à Pierre, il était assis dehors dans la cour. Une servante s'approcha de lui:

A. Toi aussi, tu étais
avec Jésus le Galiléen!


70 L. Mais il nia devant tout le monde:

D. Je ne sais pas
ce que tu veux dire.


71 L. Comme il se retirait vers le portail,
une autre le vit
et dit aux gens qui étaient là:

A. Celui-ci était avec Jésus de Nazareth.


72 L. De nouveau, Pierre le nia:

D. Je jure que je ne connais pas cet homme.


73 L. Peu après, ceux qui se tenaient là

s'approchèrent de Pierre:

A. Sûrement, toi aussi,

tu fais partie de ces gens-là;

d'ailleurs ton accent te trahit.


74 L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer:

D. Je ne connais pas cet homme.


L. Aussitôt un coq chanta.

75 Et Pierre se rappela ce que Jésus lui avait dit:

Avant que le coq chante,

tu m'auras renié trois fois.


Il sortit et pleura amèrement.

27, 1 L. Le matin venu,
tous les chefs des prétres
et les anciens du peuple
tinrent conseil contre Jésus
pour le faire condamner à mort.

2 Après l'avoir ligoté,
ils l'emmenèrent pour
le livrer à Pilate,
le gouverneur.

3 Alors Judas, le traître, fut pris de remords
en le voyant condamné;

il rapporta les trente pièces d'argent
aux chefs des prêtres et aux anciens.

4 Il leur dit:

D. J'ai péché en livrant
à la mort un innocent.


L. Ils répliquèrent:

A. Qu'est-ce que cela nous fait?
Cela te regarde!


5 L. Jetant alors les pièces
d'argent dans le Temple,
il se retira et alla se pendre.

6 Les chefs des prêtres
ramassèrent l'argent et se dirent:

A. Il n'est pas permis
de le verser dans le trésor,
puisque c'est le prix du sang.


7 L. Après délibération,
ils achetèrent avec cette somme
le Champ-du-Potier
pour y enterrer les étrangers.

8 Voilà pourquoi ce champ
a été appelé jusqu'à ce jour
le Champ-du-Sang.

9 Alors s'est accomplie la parole
transmise par le prophète Jérémie:

Ils prirent les trente pièces d'argent,
le prix de celui qui fut mis
à prix par les enfants d'Israël,

10 et ils les donnèrent
pour le champ du potier,
comme le Seigneur me l'avait ordonné.

(Début de la lecture brève:)


11 L. On fit comparaître Jésus devant Pilate,
le gouverneur, qui l'interrogea:

A. Es-tu le roi des Juifs?

L. Jésus déclara:

J, C'est toi qui le dis.


12 L. Mais, tandis que les
chefs des prêtres
et les anciens l'accusaient,
il ne répondit rien.

13 Alors Pilate lui dit:

A. Tu n'entends pas tous
les témoignages
portés contre toi?


14 L. Mais Jésus
ne lui répondit plus un mot,
si bien que le gouverneur
était très étonné.

15 Or, à chaque fête,
celui-ci avait coutume
de relâcher un prisonnier,
celui que la foule demandait.

16 Il y avait alors un prisonnier bien connu,
nommé Barabbas.

17 La foule s'étant donc rassemblée,
Pilate leur dit:

A. Qui voulez-vous
que je vous relâche: Barabbas?
ou Jésus qu'on appelle le Messie?


18 L. Il savait en effet que
c'était par jalousie qu'on l'avait livré.

19 Tandis qu'il siégeait au tribunal,
sa femme lui fit dire:

A. Ne te mêle pas
de l'affaire de ce juste,
car aujourd'hui
j'ai beaucoup souffert
en songe à cause de lui.


20 L. Les chefs des prêtres
et les anciens poussèrent les foules
à réclamer Barabbas
et à faire périr Jésus.

21 Le gouverneur reprit:

A. Lequel des deux voulez-vous
que je vous relâche?


L. Ils répondirent:

F. Barabbas!


22 L. Il reprit:

A. Que ferai-je donc de Jésus,
celui qu'on appelle le Messie?


L. Ils répondirent tous:


F. Qu'on le crucifie!


23 L. Il poursuivit:


A. Quel mal a-t-il donc fait?


L. Ils criaient encore plus fort:

F. Qu'on le crucifie!


24 L. Pilate vit que ses efforts
ne servaient à rien,
sinon à augmenter le désordre;
alors il prit de l'eau
et se lava les mains devant la foule
en disant:

A. Je ne suis pas responsable du sang
de cet homme: cela vous regarde!


25 L. Tout le peuple répondit:

F. Son sang, qu'il soit sur nous
et sur nos enfants!


26 L. Il leur relâcha donc Barabbas;

quant à Jésus, il le fit flageller,

et le leur livra pour qu'il soit crucifié.

27 Alors les soldats du gouverneur
emmenèrent Jésus dans le prétoire
et rassemblèrent autour de lui toute la garde.

28 Ils lui enlevèrent ses vêtements
et le couvrirent d'un manteau rouge.

29 L. Puis, avec des épines,
ils tressèrent une couronne,
et la posèrent sur sa tête;
ils lui mirent un roseau dans la main droite
et, pour se moquer de lui,
ils s'agenouillaient en lui disant:

F. Salut, roi des Juifs!


30 L. Et, crachant sur lui,
ils prirent le roseau
et ils le frappaient à la tête.

31 Quand ils se furent bien moqués de lui,
ils lui enlevèrent le manteau,
lui remirent ses vêtements,
et l'emmenèrent pour le crucifier.

32 En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon,
originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent
pour porter la croix.

33 Arrivés à l'endroit appelé Golgotha,
c'est-à-dire Lieu-du-Crâne ou Calvaire,

34 ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.


35 Après l'avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements
en tirant au sort;

36 et ils restaient là, assis, à le garder.

37 Au-dessus de sa tête
on inscrivit le motif de sa condamnation:
‘Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs.’

38 En même temps,
on crucifie avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.

39 Les passants l’injuriaient
en hochant la tête:

40 F. Toi qui détruis le Temple
et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même,
si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix!


41 L. De même, les chefs des prêtres
se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens,
en disant:

42 A. Il en a sauvé d'autres,
et il ne peut pas
se sauver lui-même!
C'est le roi d'Israël:
qu'il descende maintenant de la croix
et nous croirons en lui!

43 Il a mis sa confiance en Dieu;
que Dieu le délivre maintenant,
s'il l'aime!
Car il a dit:
'Je suis le Fils de Dieu'.


44 L. Les bandits crucifiés avec lui
l’insultaient de la même manière.

45 A partir de midi,
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu'à trois heures.

46 Vers trois heures,
Jésus cria d'une voix forte:

J. Eli, Eli, lama sabactani?,


L. ce qui veut dire:

Mon Dieu, mon Dieu,
pourquoi m'as-tu abandonné?


47 L. Quelques-uns de ceux
qui étaient là
disaient en l'entendant:

F. Le voilà qui appelle
le prophète Élie!


48 L. Aussitôt l'un d'eux
courut prendre une éponge
qu'il trempa dans une boisson vinaigrée;
il la mit au bout d'un roseau,
et il lui donnait à boire.

49 Les autres dirent:


F. Attends!
nous verrons bien
si Élie va venir le sauver.


50 L. Mais Jésus,
poussant de nouveau un grand cri,
rendit l'esprit.

(Ici, on fléchit le genoux et on s'arrête un instant)


51 Et voici que le rideau
du Temple se déchira en deux,
du haut en bas;
la terre trembla
et les rochers se fendirent.

52 Les tombeaux s'ouvrirent;
les corps de nombreux saints
qui étaient morts ressuscitèrent,

53 et, sortant des tombeaux
après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.

54 A la vue du tremblement de terre
et de tous ces événements,
le centurion et ceux qui,
avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d'une grande frayeur et dirent:

A. Vraiment,
celui-ci était le Fils de Dieu!


( Fin de la lecture brève )


55 L. Il y avait là
plusieurs femmes
qui regardaient à distance:
elles avaient suivi Jésus
depuis la Galilée pour le servir.

56 Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine,
Marie, mère de Jacques et de Joseph,
et la mère des fils de Zébédée.

57 Le soir venu,
arriva un homme riche,
originaire d'Arimathie,
qui s'appelait Joseph,
et qui était devenu lui aussi
disciple de Jésus.

58 Il alla trouver Pilate
pour demander le corps de Jésus.

Alors Pilate ordonna
de le lui remettre.

59 Prenant le corps,
Joseph l'enveloppa
dans un linceul neuf,

60 et le déposa dans le tombeau
qu’il venait de se faire tailler dans le roc.
Puis il roula une grande pierre
à l'entrée du tombeau
et s'en alla.

61 Cependant Marie Madeleine
et 1'autre Marie étaient là,
assises en face du tombeau.

62 Quand la journée des préparatifs
de la fête fut achevée,

les chefs des prêtres et les pharisiens
s'assemblèrent chez Pilate,

63 en disant:

A. Seigneur, nous nous sommes rappelé
que cet imposteur a dit, de son vivant:
‘Trois jours après, je ressusciterai.’
64 Donne donc l'ordre que
le tombeau soit étroitement surveillé
jusqu'au troisième jour,

de peur que ses disciples
ne viennent voler le corps
et ne disent au peuple:
‘il est ressuscité d'entre les morts.’

Cette dernière imposture
serait pire que la première.


65 L. Pilate leur déclara:

A. Je vous donne une garde;
allez, organisez la surveillance
comme vous l'entendez.


66 L. Ils partirent donc
et assurèrent la surveillance du tombeau
en mettant les scellés sur la pierre
et en y plaçant la garde.



( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,


 

 


“Ce merveilleux récit de la Passion”




Les événements du carême et de la semaine sainte relancent tous la même question: “Qui donc es-tu, Jésus de Nazareth? Un prophète aux paroles fascinantes, mais qui demeure muet? Un guérisseur puissant réduit à l'inaction? Un ami insaisissable? Es-tu le Messie, le Fils de Dieu, le Fils de David, le Roi des Juifs?” La réalité semble déborder chacune de nos réponses.

Saint Matthieu a construit son récit sur des contrastes et des indices. Une foule acclame Jésus, une autre le condamne à grands cris à mourir en croix. On libère un criminel de droit commun appelé Bar-Abbas, le Fils-du-Père; on fait mourir à sa place le vrai Fils du Père. Un apôtre se prépare à le livrer en secret alors que son meilleur ami, de loin le plus ardent, lance avec mépris à une servante: “Je n'ai jamais vu cet homme!”(1)

De la bouche de Pilate vient la seule tentative de reconnaître le Messie. Il le fait en toute ironie, dans les mots païens qui furent autrefois ceux des mages: le Roi des Juifs. Les soldats romains l'habillent d'un accoutrement royal en posant sur sa tête le diadème rayonnant des rois helléniques déchus. Par dérision, ils se prosternent devant lui alors que la croix arbore le véritable motif de cette condamnation, rédigé par le représentant de l'autorité romaine: “Jésus de Nazareth, le Roi des Juif.”

Les soldats qui ont partagé ses vêtements sont heureux de leur sort. Ils restent bassement “là, assis, à le garder” alors que les bandits crucifiés à ses côtés ont encore l'énergie et l'audace de l'injurier avec les passants (27, 36 et 44).

Enfin, la terre elle-même se rebelle devant une telle effronterie. Dans un tremblement de terre, le voile du temple se déchire, ce qui annonce la fin du culte des grands prêtres, alors que les tombeaux s'ouvrent et libèrent des saints juifs en signe de la victoire sur la mort. Une telle vision oblige le centurion et ses gardes à regarder de nouveau le crucifié et à le reconnaître ensemble pour la première fois: “Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu!”

Par la beauté et le choix de ses images, par l'agencement des contrastes, saint Matthieu nous livre un récit extraordinaire. Il ne nous reste plus qu'à nous arrêter, à fermer les yeux, à faire le silence et à contempler la mort du Fils de Dieu.

(1) On traduit le plus souvent ouk oida par: “Je ne connais pas.” C'est une forme ancienne du verbe voir qui signifie: je connais ou je sais pour l'avoir vu. Le sens est dans l'image.

Bernard Lafrenière, c.s.c.

 

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Dernière mise à jour à 13:59 hrs. le 2 octobre 2007 par JL.