Le quatrième dimanche de Pâques A
le 15 mai 2011
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 1-10
Jésus parlait ainsi aux pharisiens:
1 Amen, amen, je vous le dis:
celui qui entre dans la bergerie
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
2 Celui qui entre par la porte,
c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
3 Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
4 Quand il a conduit dehors toutes ses brebis,
il marche à leur tête,
et elles le suivent
car elles connaissent sa voix.
5 Jamais elles ne suivront un inconnu,
elles s'enfuiront loin de lui,
car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus.
6 Jésus employa cette parabole
en s'adressant aux pharisiens,
mais ils ne comprirent pas
ce qu'il voulait leur dire.
7 C'est pourquoi Jésus reprit la parole:
Amen, amen, je vous le dis:
je suis la porte des brebis.
8 Ceux qui sont intervenus avant moi
sont tous des voleurs et des bandits;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
9 Moi, je suis la porte.
Si quelqu'un entre en passant par moi,
il sera sauvé;
il pourra aller et venir,
et il trouvera un pâturage.
10 Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire.
Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie,
pour qu'ils l'aient en abondance.
Chers soeurs et frères dans la foi,
Je suis le bon Pasteur
Avant la fin du Concile, en 1964, le pape Paul VI a fait de ce dimanche la journée mondiale de prière pour les vocations sacerdotales, religieuses et missionnaires.
Plusieurs ont voulu élargir son propos à l'ensemble des vocations, en y ajoutant le mariage et toute autre forme d'engagement chrétien. Le dimanche des vocations perdait son sens propre en s'ouvrant à l'ensemble de la vie chrétienne.
D'autres ont voulu remplacer le mot sacerdotal par une antique antonomase (presbytes et rats!)(1) qui définissait la fonction par un âge plus avancé que le nôtre. On a ensuite mis en doute l'existence de toute vocation propre, en ne retenant que la seule et unique vocation baptismale. Aujourd'hui, dans les pays où les vocations sacerdotales et religieuses sont nombreuses, on rend à ces réalités ecclésiales leur juste place, avec le sens et la fonction qui leur sont propres.
Les vocations personnelles sont nombreuses dans la Parole de Dieu. Elles ont mille visages: celle de Samuel n'est pas celle d'Abraham, de Moïse ou des prophètes. Celles de Marie et de Joseph ne ressemblent pas à celles des premiers disciples (Marc 1, 16-20), qui rappellent celle d'Élisée, invité par Élie à se joindre à lui (1 Rois 19, 19-21) et à la communauté des frères prophètes (20, 35). Dans ce dernier texte, la plupart des versions interprètent venez derrière moi par à ma suite, de même qu'ils l'accompagnèrent par ils le suivirent. Or, le verbe suivre n'existe ni en hébreu ni en grec.(2)
On a souvent cité la phrase: Viens et suis-moi. Modeler l'ensemble des vocations sur l'appel de l'homme riche présente une double difficulté: d'une part, l'homme riche a rejeté l'appel, et d'autre part, l'image elle-même est inexacte. C'est la version latine qui a réduit au verbe suivre des images variées, beaucoup plus belles. Dans le texte grec, chaque disciple est appelé non pas à suivre Jésus, mais à prendre la route avec lui.
Notre réflexion de ce dimanche doit être centrée en priorité sur le bon Pasteur et sur les pasteurs selon le coeur de Dieu; sur la vie consacrée et sur le ministère sacerdotal et missionnaire, au risque de manquer l'objectif et le sens de la fête. Car ni le rôle, ni la mission, ni la vocation propres des prophètes et des pasteurs ne peuvent être étendus l'ensemble des croyants.
(1) En fait, ce long débat n'a touché que les théologiens de langue française.
(2) L'image suggérée par le verbe suivre est que Jésus précède, ce qui est loin d'être toujours le cas dans le texte grec. En hébreu, on lit dans l'appel d'Élisée: v. 19: et lui avec le douzième; v. 20: et il courut derrière Élie; pour que j'aille après toi. En saint Marc, l'image la plus fréquente est un verbe d'accompagnement suivi du datif: Allons! Viens avec moi.
Bernard Lafrenière, c.s.c.
Dernière mise à jour à 16:16 hrs. le 2 février 2011 par JL.