La solennité de l'Ascension B
le 20 mai 2012
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16, 16-20
16 Celui qui croira et sera baptisé
sera sauvé;
celui qui refusera de croire
sera condamné.
17 Voici les signes qui accompagneront
ceux qui deviendront croyants:
en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais;
ils parleront un langage nouveau;
18 ils prendront des serpents dans leurs mains,
et, s'ils boivent un poison mortel,
il ne leur fera pas de mal;
ils imposeront les mains aux malades,
et les malades s'en trouveront bien.
19 Le Seigneur Jésus,
après leur avoir parlé,
fut enlevé au ciel
et s'assit à la droite de Dieu.
20 Quant à eux,
ils s'en allèrent proclamer partout la Bonne Nouvelle.
Le Seigneur travaillait avec eux
et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient.
Chers soeurs et frères dans la foi,
L'enthousiasme du nouveau départ
Au moment de passer de ce monde à son Père,
Jésus donne l'élan missionnaire qui inspirera toutes
les générations: "Criez la
joyeuse nouvelle à toute la création."(1) Car le
verbe grec kèrussô signifie littéralement crier
et proclamer.
Si nous avons la curiosité de lire le verset qui
précède notre texte, nous trouvons: "Enfin, il se
manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table: il
leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement
parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité." Ainsi du même
souffle, Jésus passe du reproche de
l'incrédulité à l'envoi missionnaire.
Il a choisi d'avoir besoin de ceux et celles qui ont accueilli le
don de la foi, de faire appel à leur enthousiasme
malgré leurs premiers doutes et leurs tergiversations. Mais comment pourrait-on avoir douté et crier la joyeuse
nouvelle à la création? Dans la première
lecture, saint Luc situe l'Ascension au coeur du judaïsme.(2)
En saint Marc, suivi en
cela par saint Matthieu, les disciples revoient Jésus en
Galilée, au pays verdoyant du premier appel et du premier envoi.Être disciple, dans la tradition de saint Marc, c'est vivre
au printemps de la Galilée et vibrer aux premiers appels de
Jésus.
Celui qui a été rejeté et crucifié,
Dieu l'a relevé. C'est la victoire de la vie: invitation
universelle; règne de Dieu pour ceux et celles qui l'ont cherché; service gratuit et fraternel dans
la famille du Christ; joie pour les exclus; affection envers
tous; fraîcheur et liberté; joyeux cortège des
disciples: noces, vin de l'alliance, musique et chants de
fête.
Car aucun obstacle ne peut désormais entraver la
réalisation de la Promesse. L'Église de Rome, au milieu de laquelle écrivait sans doute saint Marc, a surmonté la terrible
persécution de Néron.(3) Aucun poison n'est mortel et
aucun serpent n'est plus à craindre. Après les hésitations et les
doutes, dans ce récit de l'Ascension, c'est la fraîcheur
et l'enthousiasme du nouveau départ.
(1) Une note dans les bonnes Bibles signale que ce récit n'appartient pas au texte initial de saint Marc, ce qui en éclaire la lecture. Les versets 9 à 20 ne se trouvent ni dans les manuscrits grecs les plus anciens ni chez plusieurs Pères de l'Église.
L'opinion la plus courante est qu'ils ont été ajoutés plus tard par un autre rédacteur. C'est un témoignage authentique des premières générations chrétiennes reconnu comme Parole de Dieu, par le concile de Trente, le 8 avril 1546.
(2) Dans l'évangile selon saint Luc, Jésus retourne vers le Père en face de Jérusalem, "vers Béthanie", au coeur du judaïsme. Et il dit aux disciples: "Demeurez dans la ville." Dans les Actes des apôtres, la première lecture: "il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem."
(3) Néron fut empereur de Rome de 54 à 68 et il persécuta les chrétiens durant les dernières années de son règne.
Bernard Lafrenière, c.s.c.
Dernière mise à jour à 16:23 hrs. le 6 novembre 2011 par Jacques Lafrenière