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La Sainte trinité C

Dimanche 30 mai 2010


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15



A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père,

il disait à ses disciples:

12 “J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire

mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter.

13 Quand il viendra, lui, I'Esprit de vérité,

il vous guidera vers la vérité tout entière.

En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même:

il redira tout ce qu'il aura entendu,

et ce qui va venir, il vous le fera connaître.

14 Il me glorifiera,

car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

15 Tout ce qui appartient au Père est à moi;

voilà pourquoi je vous ai dit:

il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître

( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,

 


“Ce qui appartient au Père est à moi”



Comment un homme de métier galiléen peut-il affirmer que tout ce qui est à Dieu lui appartient? Saint Paul a écrit dans sa lettre aux Romains (11, 33-34): “Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu!” Et il ajoutait avec admiration: “Qui a connu la pensée du Seigneur?” Celui qui vient de Dieu nous révèle ce mystère; mais des paroles de Jésus font sursauter les pharisiens, les sadducéens, les scribes et autres spécialistes des Écritures.

En fait, l'Ancien Testament a surtout parlé du Père et de l'Esprit de Dieu. Le Nouveau est trinitaire, comme la salutation tirée de 2 Corinthiens 13, 13: “Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous!” Pourtant, nous savons que la Bible ne parle pas de “Trinité”, et nous devenons alors plus conscients que toute théologie ne vaut qu'à défaut de meilleures métaphores.(1) D'ailleurs, il a fallu quatre siècles et plusieurs conciles(2) pour définir la réalité de Dieu dans les mots utilisés aujourd'hui.

L'évangile de saint Jean parle de la révélation de Jésus, qui nous a fait connaître ce qu'il a appris auprès du Père. Le soir du Jeudi saint, le Messie avait beaucoup de choses à dire! Des choses que les disciples ne pouvaient porter aussi longtemps que leur attention était tournée vers un règne temporel et terrestre. Il leur faudra la lumière de Pâques et la venue de l'Esprit Saint.

Ce dernier conduit les disciples “vers la vérité tout entière”, et puisque Jésus est lui-même la vérité, c'est vers la révélation intégrale du Messie de Dieu qu'il les dirige. Il leur fait comprendre non seulement ses enseignements mais les prophéties qui le concernent, le sens de sa venue, de sa mort, de sa résurrection, de son ascension, de son exaltation auprès du Père. En ce sens, l'Esprit complète en eux l'oeuvre du Messie; il assure l'achèvement de cette oeuvre.

“Et ce qui va venir, il vous le fera connaître.” Non pas en nous dévoilant l'avenir, mais l'Esprit donnera aux disciples de comprendre les événements du monde à la lumière de ce que le Christ a enseigné. Celles et ceux à qui était destiné cet Évangile de saint Jean avaient peut-être une conscience plus vive que les autres de la présence du Seigneur ressuscité au sein de la communauté. L'Esprit, témoin du Christ vivant, leur fera comprendre les tournants de l'histoire à la lumière de la vérité dévoilée par le Christ.

(1) Dire que le Verbe fut “engendré” par le Père nous fait réaliser à quel point la théologie est faite de métaphores. Quand nous disons, par exemple, qu'un enfant est “source” de joie, c'est aussi un transfert de sens, une métaphore.
(2) De la Résurrection au Concile de Nicée, en 325, puis à celui de Chalcédoine, en 451.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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Dernière mise à jour de cette page à 15:10 hrs. le 16 décembre 2009 par Jacques Lafrenière