Le trente et unième dimanche ordinaire A
le 2 novembre 2008
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23, 1-12
1 Jésus déclara à la foule et à ses disciples:
2 Les scribes et les pharisiens enseignent
dans la chaire de Moïse.
3 Pratiquez donc et observez
tout ce qu'ils peuvent vous dire.
Mais n'agissez pas d'après leurs actes,
car ils disent et ne font pas.
4 Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens;
mais eux-mêmes ne veulent pas les remner du doigt.
5 Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes:
ils portent sur eux des phylactères très larges
et des franges très longues;
6 ils aiment les places d'honneur dans les repas,
les premiers rangs dans les synagogues,
7 les salutations sur les places publiques,
ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
8 Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi,
car vous n'avez qu'un seul enseignant,
et vous êtes tous frères.
9 Ne donnez à personne sur terre le nom de Père,
car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux.
10 Ne vous faites pas non plus appeler maîtres,
car vous n'avez qu'un seul maitre, le Christ.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
12 Qui s'élèvera sera abaissé,
qui s'abaissera sera élevé.
Chers soeurs et frères dans la foi,
Ils disent et ne font pas
Les pharisiens ne sont pas pratiquants! Il y a encore de l'humour dans ce texte. Même que plusieurs lecteurs et lectrices en éprouveront un vif plaisir.
Avec une ironie quelque peu cinglante, Jésus ridiculise les hypocrites, les orgueilleux, les vaniteux, les prétentieux; tous ces gens tellement déplaisants que nous avons tous rencontrés. Chacun fait subtilement l'application aux homologues actuels des scribes et des pharisiens: des personnes qui ont la science, qui cherchent la considération, qui dirigent et qui jugent les autres. Même l'anticléricalisme qui sommeille au coeur de toute personne se réveille doucement.
Que reproche Jésus aux chefs spirituels(1) de son temps? Ils sont incohérents: Ils disent et ne font pas. Ils sont paresseux: Ils lient de pesants fardeaux... mais ne veulent pas les remuer du doigt. Ils sont vaniteux: Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes... Ils aiment les places d'honneur... les premiers rangs... les salutations sur les places publiques.
Malheureusement, les scribes et les pharisiens ne sont pas les seuls à se qualifier: bien des baptisés pourront s'y reconnaître. Si nous avons éprouvé de la satisfaction devant les propos de Jésus en pensant intérieurement: Moi, je ne suis pas de ceux-là, alors, dès cet instant, nous en étions! D'ailleurs, qui d'entre nous ne s'est jamais réjoui de voir condamner les erreurs des autres?
Car ce que le Seigneur reproche ici aux scribes et aux pharisiens leur incohérence, leur paresse, leur vanité est tellement universel, tellement humain, que nous y trouvons bien notre part, chacun à sa manière. Le pire aveuglement est celui qui nous voile nos propres incohérences.
Dans le Royaume des cieux, personne n'est maître et nul ne doit dominer: nous sommes soeurs et frères. Aucun n'est père, personne n'enfante les autres: tous sont enfants de Dieu. Aucun n'est docteur et personne n'enseigne: tous sont enseignés par le même Esprit. Ainsi la hiérarchie du Royaume ne repose ni sur la science, ni sur la compétence, ni sur la domination, mais sur le service de ceux et celles, en particulier, qui n'ont pas accès à leur juste part de bonheur.
(1) Le conflit qui oppose Jésus aux chefs s'amplifie et le conduira bientôt à la croix. Rappelons qu'après la destruction du Temple, en l'an 70 de notre ère, les pharisiens ont tenu une assemblée à Jamnia (Javné) et exclu les chrétiens convertis du jadaïsme de leurs synagogues. Cet événement, entre autres, a sans doute ravivé le souvenir des paroles de Jésus consignées ici.
Bernard Lafrenière, c.s.c.
Dernière mise à jour à 11:00 hrs. le 9 novembre 2007 par JL.