Le dimanche de la Sainte Trinité A
18 mai 2008,
( le texte de l'évangile ci-haut est disponible à la version brève en cliquant ici)
La célébration de ce matin nous rassemble autour d'un Dieu tout proche, d'un Dieu personnel et aimant. C'est la fête de la Trinité. Les lectures qui nous sont présentées nous conduisent au plus intime du mystère de Dieu; c'est-à-dire à la relation d'amour très personnelle où nous avons nous-mêmes trouvé l'existence, et qu'il nous importe de bien connaître.
C'est la fête de la Trinité. Une fête qu'en fait, on célèbre chaque dimanche; une fête qui nous invite à prendre conscience de notre vie ensemble, qui nous invite surtout à bien accueillir entre nous l'enseignement de Jésus sur son Père, sur lui-même et sur l'Esprit Saint reçu le jour de la Pentecôte.
Si nous entendons bien les enseignements de Jésus, chaque dimanche, nous remarquons qu'il parle souvent de son Père qui nous a faits, qui nous aime, qui nous attend. Jésus parle aussi de lui-même et de son oeuvre de Rédemption. Il parle également de l'Esprit Saint, de l'Esprit de Dieu qui anime le monde et qui nous donne la force de réaliser, dans nos vies, les promesses de l'évangile.
Si nous rassemblons toutes les phrases que nous trouvons dans l'évangile sur le Père, sur Jésus lui-même et sur l'Esprit Saint, alors nous voyons que Jésus nous parle vraiment de trois personnes distinctes et unies entre elles, de trois personnes qui réalisent chacune quelque chose dans notre monde.
C'est le mystère de la Trinité que nous fêtons aujourd'hui.
Bien sûr, tout ce que Jésus enseigne sur la Trinité pourrait demeurer bien mystérieux: ce serait un grand mystère réservé aux penseurs et aux théologiens, mais qui n'aurait aucune importance pour les chrétiens ordinaires que nous sommes. Et précisément, la fête d'aujourd'hui se doit d'être une fête pour nous, la fête du peuple de Dieu, Dieu qui a si souvent répété dans la Bible: Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. (voir, entre autres, Exode 6, 7; Jérémie 7, 13; Ézéchiel 36, 28; etc.)
En quelque sorte, c'est un Dieu pour nous que nous fêtons aujourd'hui. Et notre réponse à ce message en est une d'affection et d'admiration, de louange et de joie, dans la confiance et la fidélité.
En cette fête de la Trinité, nous sommes donc invités à célébrer notre foi et à posséder au plus intime de nous-mêmes la conviction de vraiment louer un Dieu tout proche, un Dieu vivant qui nous aime.
Ce qu'il y a de merveilleux dans la foi au Père, au Fils et à l'Esprit Saint, c'est que notre foi permet à l'évangile de se réaliser. C'est merveilleux de croire, puisque la foi elle-même rend possible les promesses de l'évangile. La foi grandit l'intelligence. Elle éclaire le sens de nos vies et le sens de notre amour. Et si parfois nous ne réalisons pas pleinement la paix en nous, si notre joie chrétienne n'est pas aussi grande qu'elle devrait l'être, alors bien souvent, c'est que nous ne sommes pas entrés dans toutes les dimensions de notre foi. Nous ne connaissons pas toute la beauté, toute la largeur, toute l'étendue de notre foi chrétienne.
Notre Père nous aime. Il nous a voulus bien vivants dans un monde splendide créé pour nous. Le Fils nous aime jusqu'à venir partager notre condition humaine de citoyen, de travailleur. Il nous a aimés jusqu'à vivre chez nous. L'Esprit Saint nous aime. Il est présent en nous tous les jours pour réaliser les projets selon lesquels nous avons été créés. Et notre rôle, c'est de répondre dans la foi active à cet amour créateur, à cet amour sauveur, et à l'Esprit d'amour qui amènent à leur pleine réalisation tous les dons qui ont été déposés en nous.
Si par exemple nous sommes concernés par la fraternité, le souci de l'environnement, la justice envers les pauvres, la paix entre les peuples, les problèmes engendrés par la violence sous toutes ses formes, c'est que l'Esprit de Dieu agit dans notre monde. Et si nous sommes attentifs à l'inspiration qu'il nous donne, alors notre Eucharistie prendra tout son sens. Nous nous sentirons davantage liés à la personne de Dieu dans la réalisation de ses projets sur nous. Chaque minute de notre vie aura un sens, en lien avec une vie beaucoup plus grande reçue au baptême: la vie qui ne finira jamais, la vie sans limite ni frontière.
Si nous acceptions davantage l'action de la Trinité, alors beaucoup de choses seraient changées. Plus d'amour mettrait un terme à bien des disputes. Car le seul amour véritable est celui qui oublie une part de soi-même pour se tourner vers les autres, leurs besoins; un amour obéissant aux projets de celui que nous appelons avec fierté: Notre Père.
En étant davantage fidèles au message chrétien, en étant plus attentifs à reproduire les attitudes de Jésus dans notre vie quotidienne, nous vivrons dans l'amour que Dieu nous donne. Alors il y aura moins de conflits entre patrons et ouvriers, entre maris et femmes; alors il y aura moins d'opposition entre les jeunes et leurs parents, alors il y aura moins de commérages entre voisins et compagnons de travail, de toutes ces affirmations vraies ou fausses dont le seul but est de détruire la réputation des autres.
Il faut continuer le message chrétien dans le monde d'aujourd'hui. Il faut voir le Christ présent dans le monde d'aujourd'hui. Il faut voir le Christ présent dans le monde qui nous entoure. Il faut voir l'oeuvre de l'Esprit qui se réalise autour de nous et qui déjà grandit en préparation de l'éternité.
Alors nous serons un peuple d'espérance. Une nouvelle dignité nous a été donnée au baptême, elle est la base de toute notre vie. Si nous respectons les autres, c'est que nous sommes conscients des projets de Dieu qui se réalisent en eux et nous tâchons de leur apporter notre collaboration et notre appui. Qu'il s'agisse de problèmes habituels de vie courante, qu'il s'agisse de questions de paix ou de justice sociale, nous tâcherons toujours de favoriser ce qui contribue au développement des autres, à la réalisation dans leur vie des promesses évangéliques.
Chers amis, ce matin nous invitons encore une fois notre Père qui nous aime à réaliser ses projets en nous. Le suivre ne sera pas toujours facile. Mais pour celles et ceux qui accepteront l'effort, cela apportera la paix et la joie: une paix que le monde ne donne pas, et la joie d'un avenir sans limite ni frontière. C'est la promesse que nous avons reçue du Père au baptême, une promesse qui se réalise chaque jour par le grâce de Jésus Christ, et dans la force de l'Esprit Saint. Amen.
Bernard Lafrenière,
c.s.c.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-18
Chers soeurs et frères dans la foi,