Le troisième dimanche ordinaire C
le 24 janvier 2010,
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 1-4; 4, 14-21
Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre,
C'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit.
Chers soeurs et frères dans la foi,
Bernard Lafrenière,
c.s.c.
Une lettre à Qui aime Dieu
Cher Théophile,(1) écrit saint Luc. Après avoir noté que plusieurs l'ont déjà fait avant lui, il se propose de raconter les événements accomplis parmi nous en reflétant fidèlement les récits des témoins oculaires. À cette époque où les événements n'étaient pas enregistrés, où les évangiles n'étaient pas écrits, il circulait, semble-t-il, des écrits brefs à l'usage de ceux et celles qui étaient devenus les serviteurs de la Parole.(2)
Quatre chapitres plus loin, nous retrouvons Jésus à Nazareth. Des historiens admettent de plus en plus qu'il savait lire, qu'il appartenait à la classe des artisans, des gens qui devaient fréquenter des étrangers de langue grecque, rédiger des états de comptes et préciser, avec leurs clients, leur plan de travail.
Toujours est-il qu'après avoir parcouru la Galilée, Jésus revient à Nazareth, où le chef de synagogue, qui le connaît bien, n'hésite pas à lui donner la parole. Jésus déroule le livre d'Isaïe au chapitre 61 et choisit le passage qui parle du Christ, du Messie: le Seigneur m'a consacré par l'onction.(3)
Après avoir remis le rouleau au servant, il s'assoit. Et pour bien souligner l'instant dramatique de cette première homélie du Messie dans son village, saint Luc note avec insistance que tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Le moins qu'on puisse dire ici est que saint Luc sait écrire! Il raconte bien. C'est le médecin, l'ami fidèle de saint Paul.
Jésus annonce aujourd'hui le sens de son ministère en lien avec l'une des plus grandes traditions prophétiques d'Israël. Il dit à propos d'un texte rédigé à l'occasion du retour de l'exil: Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit.
Les trois grands thèmes retenus au début de l'évangile de saint Luc sont donc les pauvres, la libération et l'année de grâce. Les pauvres, au sens biblique, représentent ceux qui n'ont pas, sur terre, leur juste part de bonheur. Le jubilé et la libération vont de pair: c'était l'année où l'on remettait les dettes contractées, où l'on rendait la liberté aux prisonniers et aux esclaves. Dans l'esprit de saint Luc, c'est l'annonce d'une bonne nouvelle et d'un nouveau départ pour l'humanité.
(1) Le nom du destinataire vient de philos, ami, et de Théos, Dieu. On peut dire aussi: qui est aimé de Dieu. Comme l'anglais a deux formes du verbe aimer, I like et I love, le grec emploie trois mots différents: philia, l'amour d'amitié; éros, l'amour-passion; et agapè, l'affection.
(2) Saint Luc suit sans doute, entre autres, l'Évangile selon saint Marc, dont il adopte le plan. Les femmes avaient un rôle plus actif chez les non-juifs.
(3) En hébreu, dans le texte initial: Yahvé m'a oint (mashiah), c'est-à-dire qu'il m'a consacré par l'onction royale.
Dernière mise à jour de cette page à 09:47 hrs. le 29 octobre 2009 par J.L.