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20e dimanche du temps de l'Église C,

17 août 2007,


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 49-53





Jésus disait à ses disciples:

49 Je suis venu apporter un feu sur la terre,

et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé!

50 Je dois recevoir un baptême,

et comme il m'en coûte d’attendre qu’il soit accompli!

51 Pensez-vous que je sois venu

mettre la paix dans le monde?

Non, je vous le dis,

mais plutôt la division.

52 Car désormais cinq personnes de la même famille

seront divisées:

trois contre deux et deux contre trois;

53 ils se diviseront:

le père contre le fils

et le fils contre le père,

la mère contre la fille

et la fille contre la mère,

la belle-mère contre la belle-fille

et la belle-fille contre la belle-mère.



( louange à toi Seigneur Jésus)







Chers soeurs et frères dans la foi,

 


“Sur le feu, le baptême, et la division”



Saint Luc nous rapporte aujourd'hui trois paraboles sur un feu que Jésus est venu apporter, sur un baptême qu'il doit recevoir et sur la division qu'il entraîne. Nous sommes toujours dans la grande montée vers Jérusalem.

Ce feu, “comme je voudrais qu'il soit déjà allumé!” Ce n'est pas le feu du ciel que le prophète Élie fit descendre sur les Samaritains.(1) Dans la Bible, le feu représente souvent Dieu lui-même qui était là, dans le buisson ardent, lors de la révélation à Moïse (Exode 3, 2), ou au désert, dans une colonne de feu.(2) Le feu représente aussi le jugement divin qui purifie les bons et qui consume les mauvais. Saint Luc a repris ce thème du jugement par le feu.(3) Au terme de son évangile, le feu symbolise l'enthousiasme qui brûle au coeur des disciples d'Emmaüs, mais aussi l'Esprit Saint venu à la Pentecôte, sous la forme de langues de feu (Actes 2, 3 et 10).

Saint Luc ne donnant pas d'interprétation précise, les exégètes ne s'entendent pas ici sur le sens de la phrase. Les bons prédicateurs parlent surtout du feu de l'amour et du feu du jugement. Car cela rappelle la phrase de Jean Baptiste: “Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu” (Luc 3, 16).

L'image du baptême est plus claire. Baptiser, en grec, veut dire immerger. Au terme de sa montée à Jérusalem, Jésus sera en effet immergé dans la douleur, l'humiliation, la mort et le tombeau. “Je dois”, c'est la formule mystérieuse qui indique son destin, sa vocation humaine, ou le projet du Père. Pour les premiers chrétiens, qui se disaient “baptisés dans la mort de Jésus” (Romains 6, 3), c'est sans doute l'image qui venait le plus spontanément à l'esprit.

Quant à la troisième image, celle de la division, elle était l'expérience quotidienne de la première génération chrétienne. Une conversion entraînait le plus souvent le rejet de la famille et de la société. Vers 740 avant notre ère, le prophète Michée écrivait une phrase semblable: “Car le fils insulte son père, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère, chacun a pour ennemis les gens de sa maison” (7, 6). Jésus, ayant lui-même été rejeté par les gens de son village, en fut conscient: l'option pour le Règne de Dieu devait passer avant les liens familiaux les plus sacrés et les plus chers.(4)

(1) 2 Rois, 1, 10 et 12. C'est le geste que voulaient reproduire Jacques et Jean en saint Luc 9, 54, et auquel Jésus s'est opposé.
(2) “Yahvé marchait devant eux, la nuit, dans une colonne de feu, pour les éclairer” Exode 13, 21.
(3) Par exemple, en 3, 9 et 17; en 9, 54, et en 17, 29. D'où le célèbre Judicare per ignem.
(4)Saint Luc y revient à plusieurs reprises: 9, 59-62; 14, 26; 18, 29.

Bernard Lafrenière, c.s.c.


 

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Dernière mise à jour de cette page à 9:23 hrs. le 28 juillet 2007 par J.L.