Dans cette rubrique nous verrons l'évolution de l'importance du deuil dans l'histoire, le côté sociologique du deuil ainsi que les différentes étapes du développement.
  L'histoire du deuilLa mort est un sujet très discuté depuis le commencement de l'humanité. Celle-ci était déjà très importante chez les premiers homos sapiens si l'on se fit à la présence de tombes et de rites découverts par les archéologues contemporains. On peut aussi remarquer de nombreux écrits sur l'importance de la mort et de la vie après la mort qui date du commencement de l'écriture. De nos jours encore, de nombreuses œuvres ont la mort comme thème principal. L'omniprésence de la mort mène à une vulgarisation qui permet de briser les tabous reliés à la mort et d'apporter de l'aide à ceux qui vivent un deuil. Un peu plus tard dans l'histoire, le deuil commença à être analysé par les experts. Par exemple, on s'aperçoit au XVIIe siècle que le deuil peut être une source potentielle de maladies physiques et mentales, de dépressions sévères et même de mortalité. On a découvert en 1703 que les cadavres de personnes endeuillés avaient les ventricules brisés, d'où l'expression «avoir le cœur brisé». Le commencement réel de l'étude du deuil débuta au vingtième siècle avec l'arrivé de Sigmund Freud et de son livre intitulé «Deuil et mélancolie». La théorie de Freud par rapport au deuil voulait que chaque individu développe des liens avec les personnes qui ont une grande importance pour la satisfaction de ses besoins. Ces liens d'attachement sont alors vus comme de l'énergie libidinal, soit pulsionnel, envers la personne aimée et ce qui lui est associé. L'individu perdant une personne proche subit alors la perte de ce lien d'attachement. Il en résulte généralement de la terreur, de l'angoisse, de la honte et de la douleur psychique. Il y a alors une discordance entre l'existence, soit la représentation de l'extérieur sans la personne décédée, et le Moi de la personne attaché au défunt. Il est alors important de rappeler la théorie de Freud portant sur le Moi, le Ça et le Surmoi. Le Ça est la partie de l'esprit contrôlant les désirs, le Surmoi est la partie des règles et valeurs et le Moi et la partie consciente qui doit faire un équilibre entre les deux autres parties. La réponse adéquate au deuil serait, toujours selon Freud, de laisser libre cours à ses émotions afin de se défaire des émotions pénibles. L'énergie libidinale, soit le lien d'attachement, serait alors limité. Cette énergie doit être évacuée, car dans le cas contraire l'individu en deuil ne pourra pas développer de liens avec d'autres personnes. Ce détachement doit être fait par la pensée; il faut alors ramener à la conscience les éléments refoulés par la frustration dû au deuil et refaire de nouveaux liens. Toutes les pensées et espoirs doivent alors se séparer du défunt. Si ce n'est pas fait, la personne en deuil peut alors tomber dans une dépression profonde. Il serait alors possible d'aider la personne en deuil en la confrontant à la réalité de la mort de la personne aimée. Cette théorie est encore très utilisée par les experts contemporains.
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|  Les statistiques | | Avant de pouvoir en faire une analyse complète, il est important de comprendre le phénomène du deuil dans notre société actuelle. Tout d'abord, le taux de mortalité a légèrement augmenté ces dernières années, passant de 6,6%o (donc 6,6 morts pour 1000 habitants) de la population du Québec en 1980 à 7,3%o en 2007. On peut donc remarquer une certaine augmentation du taux de mortalité dans notre société, surtout associée aux personnes âgées. On peut donc dire que les enfants d'aujourd'hui sont un peu plus confrontés à la mort qu'en 1980. Cependant, si nous allons voir un peu plus loin dans les statistiques, on peut dire de manière générale que la mort est beaucoup moins présente qu'auparavant, le taux de mortalité ayant atteint près de 21%o en 1900 au Québec.[1] Cette grande différence peut être grandement expliquée par l'apparition de nouvelles technologies en médecine. On peut donc observer que le taux global de mortalité diminue, mais qu'il y a une légère augmentation des décès ces dernières années à cause du plus grand nombre de personnes âgées dans notre société. Cela peut avoir un impact sur la conception que l'enfant a de la mort. En effet, la mort est alors associée à la vieillesse et non plus aux maladies comme auparavant. Selon le livre de sociologie intitulé «Humaniser la mort»[2], la vision que les pays industrialisés ont de la mort a beaucoup évolué étant donné le taux de mortalité à la baisse et l'espérance de vie qui augmente sans cesse. On peut alors remarquer beaucoup d'inégalités sociales face à la mort, les plus riches ayant moins de chances de mourir que les plus pauvres. Les personnes mieux pourvues financièrement ont en général un environnement moins pollué, mangent mieux et ont accès plus rapidement au système de santé. C'est pourquoi l'aspect sociologique est très important dans cette problématique. Un enfant provenant d'un environnement plus pauvre, donc plus sujet aux maladies, ne percevra pas la mort de la même manière qu'un enfant de milieu plus aisé. Il est alors important que la théorie du déterminisme social, associé à la sociologie, soit analysée. Tout d'abord, le déterminisme social peut se définir comme étant une «perspective sociologique selon laquelle la structure sociale a une influence cruciale sur la vie des individus»[3]. En d'autres termes, cela signifie que l'enfant ne verra pas la mort de la même manière tout dépendant de l'environnement qui l'entoure. Cela peut avoir une grande différence sur le moyen d'intervention. En effet, les explications ne seront pas le même tout dépendant les croyances religieuses des parents, le taux de mortalité, le niveau de vie et les valeurs de la société. Je vais me baser alors sur le taux de mortalité du Québec, c'est-à-dire sur une population peu informée sur la mort. J'utiliserai aussi le concept sociologique des agents de socialisation, qui pourrait se définir comme étant «l'ensemble des individus, des groupes et des institutions qui modèlent nos comportements, notre perception de la réalité et l'image que nous avons de nous-mêmes».[4]L'école peut grandement influencer l'enfant, soit par l'information qu'il y reçoit et par la présence d'autres enfants de son âge auxquels il peut s'identifier. La société en générale peut influencer sa vision de la mort par la présence de celle-ci dans les médias et par les valeurs générales qui y sont véhiculées. Les médias ne montrent généralement pas l'aspect d'irréversibilité de la mort. Le jeune enfant a donc souvent tendance à croire que le défunt va revenir à la vie. La famille est aussi un des agents de socialisation les plus importants dans la vie de l'enfant; c'est pourquoi celle-ci doit faire attention lorsqu'elle aborde le sujet de la mort. Le comportement et les explications des parents sont donc déterminants quand à la vision que l'enfant a de la mort. Je tenterai donc de vous donner de l'information qui, je l'espère, vous sera utile quand à votre intervention auprès de l'enfant vivant un deuil. |
|  Les facteurs d'influenceLa famille, quoiqu'étant un des principaux facteurs déterminant de la vision de l'enfant, n'est pas le seul. Le lien qu'entretenait l'enfant avec le défunt est aussi l'un des facteurs important du deuil. Selon Freud, plus le défunt comblait nos besoin, plus le lien avec elle était intense, plus il sera difficile de se défaire de ce lien d'attachement. Il est certain, par exemple, que la mort d'un parent sera plus difficile pour l'enfant que la mort d'une lointaine grand-mère. L'enfant demandera alors un peu plus d'attention et d'encadrement lorsqu'il s'agit de la mort d'une personne proche, afin de ne pas se sentir abandonné. Les connaissances que l'enfant a à propos de la mort peuvent aussi influencer le type d'intervention. Une enfant en ayant déjà entendu parler, ou ayant eu un certain rapport avec elle aura tendance à mieux comprendre la situation. L'enfant peut par contre avoir plusieurs réactions différentes face à l'information reçue. L'âge de l'enfant est un autre facteur très important qui influence grandement le sentiment par rapport à la mort ainsi que la capacité de compréhension de l'enfant. Par exemple, selon Erickson, [5]il existe des crises psychosociales très importantes dans le développement de l'enfant. Vers l'âge de trois à six ans, par exemple, la famille est la relation ayant le plus d'importance pour l'enfant et celui-ci à tendance à avoir de l'initiative et ressentir beaucoup de culpabilité. Il sera donc vraiment très affecté si un membre de sa famille proche meurt et aura tendance à se sentir coupable de cette mort, rapportant celle-ci à sa mauvaise conduite. Il sera donc très important de faire sentir à l'enfant qu'il n'est pas responsable de la mort de la personne aimée et que celle-ci n'a pas voulue le punir en mourant. Les périodes du développement de Piaget[6] sont un autre exemple de l'importance de l'âge de l'enfant. Avant l'âge de six ans, l'enfant n'a pas atteint le concept de la conservation, ce qui limite grandement les possibilités d'explication. Le concept de la conservation est le concept le plus important de l'analyse du deuil chez l'enfant par la psychologie. Le concept de la conservation est un concept selon lequel «certaines propriétés des objets ne changent pas lorsqu'on en modifie la forme ou la disposition». Pour les enfants n'ayant pas atteint ce stade, il est difficile de comprendre que la personne défunte n'est pas semblable à ce qu'elle était avant mais que celle-ci reste la même malgré tout. L'enfant aura alors plus de facilité à comprendre si l'on utilise l'idée de voyage. Il sera par contre important de spécifié que la personne morte ne s'en va pas parce qu'elle ne veut plus être près de lui. La théorie de l'apprentissage par observation est celle ayant le plus d'importance dans la perspective psychologique. On pourrait la définir comme étant «une forme d'apprentissage qui s'effectue à la suite d'observation d'un modèle». S'est ainsi que le comportement des parents vis-à-vis la mort peu influencer celui des enfants. Certains rites religieux peuvent être appris de cette façon, mais certains comportements excessifs doivent cependant être évités devant l'enfant afin qu'il ne les reproduise pas. Les religions, rites et importance de la mort peuvent varier d'une culture à l'autre. On peut donc dire que l'enfant ne peut qu'être influencé par la culture dans laquelle il vie et que cela a un impact direct sur la façon qu'il a de voir la mort. Les diverses théories religieuses auront aussi un impact sur les croyances des parents et donc sur les informations ainsi données à l'enfant. Un enfant croyant à la vie après la mort aura une vision différente de la mort qu'un enfant n'y croyant pas.
Globalement, le deuil chez l'enfant peut être facilement comparé au deuil chez l'adulte. Tous deux passent par les mêmes étapes du deuil, c'est-à-dire dans l'ordre par le choc, le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. [8] Le choc est un mécanisme de défense qui met fin aux émotions, le déni est le refus de la mort et la colère est une haine envers l'indifférence des autres par rapport à la mort de la personne défunte. Le marchandage est quant à lui une tentative de négociation avec la mort, la dépression est une tristesse et une indifférence par rapport à la mort et l'acceptation permet enfin de voir la mort comme la fin inévitable de la vie. La longueur de chacune des étapes énumérée est variable d'un individu à un autre. Les diverses réponses au deuil, incluant la tristesse et la dépression, sont commune à l'enfant et à l'adulte. La principale différence se résume en fait à la compréhension de la mort et aux stades importants dans lesquels l'enfant se trouve. Un deuil qui a été mal expliqué par le parent peut parfois laisser des séquelles irréversibles qui restent présentes à l'âge adulte; c'est pourquoi la création d'un site internet expliquant le deuil chez l'enfant m'est importante.
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|  Les différents stades | On peut noter différents stades dans le développement de l'enfant. Ceux-ci diffèrent selon l'auteur et l'époque où ils furent élaborés. Voici donc un tableau, tiré du livre «Psychologie du développement», écrit par Kathleen Stassen Duberger et fesant référence aux différents stades encore utilisés.
| Phases du développement selon l'approche psychodynamique
| Âge |
Phases psychosexuelles (Freud) |
Phases psychosociales (Erickson) |
Phases psychodynamique comtemporaine |
| Naissance à 1 an |
Phase orale: La bouche est source de plaisir chez le nourrisson. |
Confiance et méfiance: le bébé tend à faire |
Phase orale: le bébé saisit le langage; il faut lui |
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La succion, puis la morsure,et l'alimentation sont les activitées |
confiance aux personnes qui satisfont ses |
parler de lui et de la vuie de ses parents. La relation |
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les plus stimulantes. |
besoins ou à s'en méfier. |
se met en place. |
| De 1 à 3 ans |
Phase anale: L'anus est source de plaisir pour le jeune enfant; |
Autonomie, honte ou doute: il apprend à |
Phase anale: L'enfant s'oppose. Certaines méthodes |
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son activité la plus importante est de le contrôler. |
s'autosufire et a avoir honte de ses difficultés. |
d'éducation peuvent influencer sa vision de lui-même. |
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de sa capacité d'agir. |
| De 3 à 6 ans |
Phases Phallique: Le pénis est la partie du corps la plus |
Initiative et culpabilité:L'enfant veut faire les mêmes |
Phase génitale: Découverte des différences d'anatomie |
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importante et le plaisir vient de la stimulation génitale. L'enfant |
choses que les adultes et ressent de la culpabilité |
entre les sexes; les garçons veulent porter un enfant |
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se reconnait par le fait d'avoir ou non un pénis. |
lorsqu'il dépasse les limites de ses parents. |
et les jeunes filles veulent un pénis. |
| De 7 à 11 ans |
Période de latence: Intermède entre deux poussées sexuelles |
Travail et infériorité: L'enfant acquiert des compétences |
Période de latence: Expérimentation des rôles sociaux |
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intenses. L'énergie est consacré aui travail scolaire et aux sports. |
et se sent inférieur lorsqu'il ne réussit pas. |
selon les sexes. |
| Adolescence |
Phase génitale: Les organes génitaux sont une source de plaisir. |
Identification et confusion: établissement de l'identité |
Adolescence: Il revit les périodes de développement de |
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l'adolescent recherche la satisfaction sexuelle avec des partenaires. |
sexuelle et professionnel et se sent dérouté. |
son enfance pour mieux se détacher. Il se cherche pour |
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Continuation de la phase génitale. |
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se définir et doit à nouveau s'opposer |
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