Revue Les Naturalistes

Éditions printemps 2001-Vol 4-1,

Page 18-19



   

Le pére Dollard Sénécal,
un mentor remarquable
   



Par Jacques Lafrenière, Président du

Conseil central des

des cercles des Jeunes Naturalistes



Dans la lignée des grands personnages qui ont marqué la communnuté des Jésuites en sol québécois, le pére Dollard Senécal n'est sûrement pas le moindre. Ses talents de communicateur, son souci du travail bien fait, bref son savoir-faire a marqué un chapitre important des Cercles des Jeunes Naturalistes, cette institution bien de chez nous, qui garde encore la marque de sa main habile, de son esprit ouvert et accueillant. Oui il y a oeuvré durant plus de 40 années auprés des membres de cette association. On se rappelle que les CJN ont obtenu tour à tour les dédicaces du frère Marie-Victorin dans la ( Flore Laurentienne ) et celle du père Louis-Marie dans la ( Flore-Manuel de la province de Québec).

Je garde de lui le souvenir d'un homme heureux de servir non seulement les siens, mais aussi tous ceux qui lui ont tendu la main, j'étais de ceux-là. Au Jardin botanique, son lieu de travail, tous l'avaient en haute estime. Je peux dire qu'il a changé radicalement ma façon de penser. Après avoir dirigé comme contremaître les employés au parc Mont-Royal et à la pépinère de la ville de Montréal située à Terrebonne, je venais d'être nommé Chef de la Section des Services éducatifs du Jardin botanque de Montréal.

Mon nouveau rôle était très différent de ce que pourquoi que le m'étais préparé. La mission qu'on me confiait était de diffuser de l'information horticole et botanique. On recevait un courrier important de tous les coins de la terre. Je rédigeais des lettres en quantité impressionnante. Au cours d'une discussion avec le Père Senécal, il me demande si j'avais déjà publié des écrits. J'avais alors 34 ans et je n'avais encore aucune publication à mon crédit. Il me fit remarquer qu'au lieu de parler ou d'écrire à une seule personne à la fois, on peut utiliser la radio, la télévision, faire des publications et ainsi rejoindre plusieurs personnes en meme temps.

C'est avec son aide de mentor remarquable que je fis mon entrée dans le monde des auteurs avec les feuillets des CJN. I1 me demande de faire un brouillon, puis de sa plume habile corrige mes faux pas, maniant cette dernière avec une dextérité magistrale. Mes phrases boiteuses deviennent limpides. Le texte est maintenant clair et facile à comprendre. Il m'a surtout donné la confiance qui me manquait pour me lancer. Sans son aide, je n'aurais probablement jamais osé reprendre la plume des grands maîtres qui m'avaient précédé, les Henry Teusher, Marie-Victorin, Marcel Raymond et combien d'autres personnages qui avaient bâti la réputation d'une institution unique au monde, le Jardin botanique de Montréal. Aujourd'hui, je dois lui donner tout le crédit pour la qualité de ces premiers textes et aussi pour son enseignement.

La Biosphère

Le père Sénécal a été aussi une aide formidable dans l'animation et la réalisation de l'exposition de la Biosphère, cette magnifique architecture qu'était le pavillon Américain de l'Expo 67. On connaît une partie de l'histoire, cette exposition qui ne devait durer qu'une année devient permanente sous le nom de (Terre des Hommes ) . Les employés actuels de la Ville de Montréa] se trouvent peut être souvent bousculés par mon bon ami Monsieur le maire Pierre Bourque, ils n'ont pratiquement rien vu. Je dirais qu'il est allé à la bonne école. Imaginez qu'un matin de printemps, la secrétaire de mon Directeur au Service des Sports et Loisirs, Madame Thérèse Lafond, m'appelle tôt le matin, avant que je finisse d'enlever mon manteau pour me dire que ce dernier le Docteur Yves Desmarais me convoquait de toute urgence à son bureau.

II avait reçu la veille en soirée, un appel de Monsieur le maire Jean Drapeau qui l'informait que le Gouvernement américain venait de céder cet élément extraordinaire d'expo 67 , cette grosse boule de verre qui avait été le pavillon américain à la Ville de Montréal. Je me retrouve à cette réunion avec toute une équipe du Service des Sports et Loisirs dont un vieil ami de toujours, M. Roland Proulx, le chef de la Section Artistique qui va m'épauler avec son équipe de dessinateurs, de décorateurs, de concepteurs d'affiches et de designers. Après tout, on en a vu d'autre. On a travaillé ensemble avec M. Maurice Beauchamp, mon ancien chef immédiat de la Division des Arbres pour réaliser le Jardin des Merveiles au parc Lafontaine. Je peux aussi compter sur mon chef immédiat, M. Marcel Parent, le Surintendant de la Division des loisirs et son équipe dont Paul Buissonneau qui, dans les réunions, pouvait être très sérieux ainsi que Madame Monique Barbeau qui dirigeait la section des:Arts Dynamiques à la Division des Loisirs.

Sans crier gare, je me trouve responsable d'un pavillon à meubler. Je dois écrire des textes qui seront placés sur les murs par les concepteurs d'affiches, des thémes doivent étre développés et surtout, une équipe d'animateurs en sciences naturelles doit étre recrutée pour y faire l'animation et tout cela n'était pas pour hier, mais pour la semaine dernière. C'est ici que le Père Sénécal arrive à la rescousse. Sur un simple appel, il me fournit une liste d'animateurs et d'animatrices qu'il avait lui-même formés et qui oeuvraient dans ses Cercles, d'autres jeunes avaient postulé pour travailler dans ses camps d'été. Je lui donne ici le crédit de ses talents d'animateur et de gestionnaire. Ce pavillon extraordinaire avait aussi un inconvénient majeur. L'effet de serre y était à son comble. La température dans les derniers étages y était terriblemene élevée par journée ensoleillée.
Cet inconvénient a fait que quelques jeunes animateurs ne font souvent qu'une journée et n'y reviennent jamais sinon pour recevoir leur dû. On a tout de même rempli notre premier mandat d'une manière honorable grâce à l'aide du Pére Senécal.

Invitation

Je profite de cette tribune pour demander à tous les anciens employés retraités ou non de la Ville de Montréal qui aimeraient peut-être formuler des commentaires sur l'histoire du Jardin botanique, celle de l'École d'Horticulture et aussi celle des Cercles des Jeunes Naturalistes. On vous prie de nous écrire, sur le site des retraités du Jardin botanique pour nous laisser vos noms et adresses en note. Pour écrire l'histoire du Jardin botanique, on veut de l'aide. On veut vérifier les faits avec des témoins pour refléter l'histoire de la manière la plus véridique possible. On aimerait se retrouver peut-être à l'occasion du prochain RendezVous Horticoles et se rappeler des bons souvenirs et peut-être vérifier ensemble nos données, échanger des photos, etc.

Cest un rendez-vous à ne pas manquer.

Pour m'écrire, mon courriei est:

Jacques Lafrenière



Dernière mise à jour à 16.12 hrs. le 15 septembre 2011 par J.L.; journaliste, photographe et webmestre