Tu es bien tranquille chez toi, vivant en paix avec ta femme, tes enfants, ta petite famille, quoi ! Il en est de même pour tes amis, tes voisins, la communauté dans laquelle tu vis.
Soudain, un intrus, un étranger, entre chez toi sans frapper. Il t'annonce brutalement que tu dois partir car il prend ta maison. Ta première réaction, bien sûr, est de l'envoyer promener, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais en jetant un coup d'oeil à l'extérieur, tu te rends compte qu'il a emmené sa gang d'amis et qu'ils sont lourdement armés. N'étant pas en mesure physiquement de résister, tu n'as pas le choix et tu dois quitter, abandonner ce qui est toute ta vie. Il en est de même pour tes voisins, tes amis, toute ta communauté. Vous vous retrouvez tout d'un coup dépossédés de tout et sans aucun endroit où aller.
L'envahisseur, bon prince, te dit que tu peux installer ta tente et camper à côté si tu veux, à condition de ne pas trop le déranger.
Tu t'installes pas très loin, à portée de vue. Les jours, les semaines, les mois, les années passent et chaque jour tu vois l'intrus vivre dans ta maison, dans tes affaires, manger dans tes plats, coucher dans ton lit, se rouler dans tes draps. S'il ne baise pas ta femme ce n'est que parce qu'elle fut chassée en même temps que toi, sinon il ne s'en priverait pas. Les générations se succèdent, les gouvernements passent et rien ne change. Tu as l'impression que jamais justice ne sera rendue.
Au fur et à mesure que les années passent, l'intrus prend de plus en plus de place. Ayant sans cesse besoin de plus d'espace, il te repousse de plus en plus loin, sous la force des armes, ses amis lui en fournissant abondamment.
Comme une bête enragée, ne deviendrais-tu pas alors violent au point de vouloir tuer cet intrus et tous ceux qui l'appuient et le protègent ?
C'est cela qui s'est passé en 1948, puis en 1967 et qui perdure encore aujourd'hui, en notre nom à tous, grâce à la complicité de nos gouvernements et en dépit de moult résolutions de l'ONU.
Quand on regarde les choses sous cet angle, comment ne pas les voir autrement ? Les intrus, ce sont bien sûr les Israéliens. Les amis, ce sont les nations occidentales, croyant sans doute pouvoir ainsi évacuer la culpabilité de n'avoir pas su prévenir ni empêcher l'holocauste.
Voilà la véritable cause à la racine du terrorisme islamique, n'en déplaise à l'Oncle Sam et ses amis. Et nous, pauvres cons de citoyens, nous regardons passer la parade et suivons passivement les actualités comme s'il s'agissait d'une joute sportive, laissant nos gouvernements parler et agir en notre nom et place, sans protester, dans l'indifférence la plus totale, se disant qu'ils sont mieux placés que nous pour juger et que s'ils agissent ainsi, c'est qu'ils ont sans doute raison.
Comment un être humain digne de ce nom peut-il ne pas épouser la cause palestinienne ? Qu'on le veuille ou non, nous avons tous une part de responsabilité dans ce drame humain qui perdure depuis cinquante ans. Nous sommes coupables d'avoir entre nos mains ce formidable outil qu'est la démocratie et de ne pas savoir l'utiliser pour faire entendre raison à ceux que nous avons élus pour nous représenter. Nous en sommes pourtant capables. Il suffit peut-être juste d'une prise de conscience de l'horrible réalité des choses. Au fait, n'est-ce pas en raison de la pression populaire qu'il fut mis fin à la guerre du Vietnam qui, sans une prise de conscience des populations occidentales, perdurerait peut-être encore ? N'en fut-il pas aussi un peu de même pour l'apartheid en Afrique du Sud ?
Toute cause produisant son effet, tôt ou tard nous devrons assumer les conséquences de notre indifférence, pour ne pas dire de notre lâcheté collective.
Nous sommes tous coupables de notre silence !