« Plusieurs chemins mènent en haut de la montagne, mais, une fois rendu, nous pouvons tous contempler le même soleil. »

     « Ne crois rien, n'importe le livre où tu l'as lu ou celui qui te l'as dit, n'importe même si c'est moi qui l'ai dit, à moins que ta raison et ton sens commun n'aient donné leur accord. »

     « Ô hommes de ce monde ! Que votre illusion est fatale ! Inévitablement votre corps doit tomber en poussière, et cependant sans vous en préoccuper, vous continuez à vivre dans l'insouciance. »

     « Le sentiment de possession ne se mesure pas au nombre d'objets possédés mais aux pensées. On peut avoir des objets sans pour cela les posséder. »

     « Une vie solitaire dans la forêt est utile à celui qui la poursuit, mais elle contribue peu au bien-être des hommes. »

     « L'insensé, l'ignorant est lui-même son plus grand ennemi, car il commet de mauvaises actions qui produisent des fruits amers.

     Même si un insensé est le compagnon d'un sage pendant toute sa vie, il reste toutefois ignorant de la Vérité, comme la cuillère ignore la saveur de la soupe.

     Longue est la nuit pour celui qui veille, long est un kilomètre pour celui qui est las, longue est la ronde des vies et des morts pour les insensés qui ne connaissent pas la Vérité. »

     « Je vous ai appris à croire une chose, non parce que vous l'avez entendue, mais seulement lorsque votre conscience l'a vérifiée et acceptée. »

     « Lorsque, après mûre considération, le disciple reconnaît que l'homme en question est entièrement libéré de toute possibilité d'erreur, il fait confiance à cet homme. L'approchant avec confiance, il devient son disciple. Etant devenu son disciple, il ouvre ses oreilles. Ayant ouvert ses oreilles, il prête attention à l'enseignement. Ayant entendu l'enseignement, il le garde à l'esprit. Il analyse la signification des vérités qu'il a retenues. Il médite sur elles. De sa méditation naît sa décision. Ce qu'il a décidé, il l'entreprend. Ce qu'il a entrepris, il en apprécie la signification. L'ayant appréciée, il y applique tous ses efforts. Grâce aux efforts appliqués, il approche la Vérité. Ayant pénétré dans ses profondeurs, il voit. Cependant, tout ceci n'est que la reconnaissance, et non la possession de la Vérité. Pour la maîtriser totalement, il faut effectuer, alimenter et renouveler inlassablement ce processus psychologique. »

     « Si la robe est sale, le teinturier peut la passer autant de fois qu'il veut dans le bleu, le jaune, le rouge ou le lilas, sa couleur restera vilaine et douteuse. Pourquoi ? À cause de la saleté de la robe. Si le coeur est impur, il faut s'attendre au même triste résultat.

     Je dis qu'il ne suffit pas de porter une robe pour être un combattant de la lumière. Il ne suffit pas d'aller tout nu, couvert de boue, aspergé d'eau, de s'asseoir sous un arbre, de vivre en solitaire, de se tenir dans une position, de jeûner, de répéter des mantras et de se tresser les cheveux.

     Un homme n'est pas un mendiant simplement parce qu'il se nourrit d'aumônes. Un homme n'est pas un ascète simplement parce qu'il vit dans une forêt. N'est pas digne de porter la robe safran l'impur qui manque de sincérité dans ses actes, l'ignorant qui ne se maîtrise pas. »

     « La plus odieuse des trois sortes d'actions malveillantes n'est pas la parole, ni l'acte physique, mais la pensée. Dès la conception d'une mauvaise action, l'homme est déjà coupable, qu'elle soit mise à exécution ou non.

     Le premier élément, en toutes choses, est la pensée. L'élément prépondérant est la pensée, tout découle de la pensée. Si un homme parle ou agit avec une mauvaise pensée, la souffrance s'ensuit comme la roue suit les pas de la bête qui tire le chariot.

      Si un homme parle ou agit d'après une pensée juste, le bonheur le suit d'aussi près que son ombre qui ne le quitte jamais.

     L'ennemi cherche à nuire à l'ennemi, hait celui qui le hait, mais pire est le mal fait par une pensée mal dirigée. »

     « Vénérez vos croyances et ne condamnez jamais celles des autres »

     « Comme la terre supporte patiemment, sans chagrin ni plaisir, toute chose qui lui tombe dessus, pure ou impure, ainsi le Bouddha, indifférent, supporte aussi bien la vénération que le dédain des hommes. Comme l'eau purifie et rafraîchit tout sans distinction, que ce soit juste ou mauvais, le Bouddha donne sa compassion aux ennemis et aux amis. »

     « La femme peut atteindre le plus haut degré de connaissance accessible à l'homme - elle peut devenir un arhat. La liberté, qui est au-delà des formes, ne peut dépendre du sexe, qui relève du monde des formes. »

     « Nul ne peut sauver son voisin. Le mal commis par l'homme ne souille que lui. Le mal qu'il évite ne concerne que lui. Chacun est pur ou impur pour lui-même seulement. Aucun homme ne peut en purifier un autre. »

     « L'enseignement est comme la flamme d'une torche, qui allume d'innombrables feux. Ces feux peuvent servir à faire la cuisine ou à disperser l'obscurité, mais la flamme de la première torche garde tout son éclat. »

     « Un homme ne deviendra pas moralement pur en se lavant longuement dans l'eau. Un homme pur est celui en lequel résident vérité et vertu. »

     « L'on remarque aisément les erreurs des autres, mais on ne perçoit qu'avec difficulté ses propres erreurs. Un homme passe au tamis les méfaits de son voisin comme pour séparer le grain de la balle, mais cache les siens comme aux dés, le tricheur cache au joueur son piètre résultat. »

     « Comme une belle fleur, très colorée mais sans parfum, ainsi sont les belles paroles de celui qui n'agit pas en accord avec elles, elles ne portent aucun fruit. »

     « J'ai indiqué à mes disciples le chemin à suivre pour manifester les Quatre Efforts Parfaits : empêcher le commencement de la chose mauvaise et nocive si elle ne se manifeste pas encore ; arrêter son développement si elle se manifeste déjà ; aider la manifestation des choses utiles qui ne se manifestent pas encore ; fortifier celles qui se manifestent déjà. Ainsi le disciple crée la volonté, affermit l'effort, développe le courage, exerce le coeur et combat. »

     « L'homme charitable a trouvé le chemin du salut. Il ressemble à un homme qui plante un jeune arbre, et s'assure par là de l'ombre, des fleurs et des fruits pour les années à venir. Tel est précisément le résultat de la charité, telle est la joie de celui qui aide ceux qui ont besoin d'assistance. Tel est précisément le grand Nirvana.

     On ne peut parvenir à l'immortalité que par de continuels actes de bonté; et la perfection s'accomplit par la compassion et la charité. »

     « Comme une mère qui protège son seul fils même au risque de sa vie, cultivez un amour aussi illimité envers tous les êtres ! »

     « Tous les êtres ont leur karma. Ils sont les héritiers d'actions et les fils d'actions. Ils dépendent complètement de leurs actes. Les actes établissent la différence des conditions (inférieure ou supérieure) entre les êtres.

     En vérité, ce qui est se crée à partir de ce qui fut. L'homme naît à partir de ce qu'il a créé. Tous les êtres ont leur karma pour héritage.

     Non seulement la correspondance entre fruit et semence est exacte, mais l'action, comme chaque bonne semence, se multiplie par centaines. »

     « Il n'y a nul lieu sur terre ni dans les cieux, ou sous les eaux ni dans les profondeurs des montagnes, où une mauvaise action n'apporte pas de souffrance à celui qui l'accomplit.

     Si un homme fait du mal à une personne innoffensive et innocente, le mal rebondit sur son auteur comme une poignée de poussière jetée contre le vent.

     Une mauvaise action, comme du lait fraîchement tiré, ne caille pas tout de suite. Elle suit de près son stupide auteur comme une petite étincelle qui, à la fin, éclate en flamme brûlante. »

     « Si un homme qui a fait du mal s'en aperçoit, en éprouve du remords et fait le bien, la puissance du choc en retour va graduellement s'épuiser, comme une fièvre qui graduellement perd ses effets destructeurs avec la transpiration du patient. »

     « Toute préoccupation au sujet de la personnalité est vaine; le moi est comme un mirage, toutes les tribulations qui le touchent passeront. Elles s'évanouiront comme un cauchemar lorsque le dormeur s'éveillera. »

     « Discernez ceux qui comprennent et ceux qui approuvent. Celui qui comprend l'Enseignement n'hésitera pas à l'appliquer dans la vie, celui qui approuve hochera la tête et louera l'Enseignement comme une sagesse remarquable, mais n'appliquera pas cette sagesse dans la vie.

     Beaucoup ont approuvé, ils sont comme une forêt desséchée, sans fruits et sans ombrage. Seule la décrépitude les attend.

     Ceux qui comprennent sont en petit nombre; comme une éponge, ils absorbent la Précieuse Connaissance et sont prêts à nettoyer les horreurs du monde avec ce Précieux Liquide.

     Celui qui a compris ne peut faire autrement que d'appliquer l'Enseignement, parce qu'en réalisant la conformité au but, il l'accepte comme solution de la vie.

     Ne perdez pas trop de temps avec ceux qui approuvent. Laissez-les d'abord démontrer l'application du premier appel. »

     « Frères, je ne viens pas vous offrir des dogmes, et je ne vous demande pas de croire en ce que tant d'autres croient. Je vous exhorte seulement à parvenir à l'illumination par vous-mêmes, à faire usage de votre propre esprit, à le développer au lieu de le laisser s'engourdir. Je vous adjure de ne point ressembler à des bêtes de proie ou à des moutons stupides. Je vous implore d'être des hommes qui travaillent inlassablement pour acquérir la connaissance réelle qui prévaudra sur la souffrance. »

Ainsi parla l'Éveillé !

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