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êtes-vous déjà demandé ce que pouvaient bien faire avec vos vieilles choses ces gens
qu'on voit écumer les déchets mis au chemin? Bien sûr, la majeure partie d'entre eux
vont les vendre dans les marchés aux puces. Mais d'autres, comme Nathalie Lafond et
Bernard Bouvier, en font de nouveaux objets... et vous les revendent! Jessy LaPointe
Les deux résidants de Villeray
se sont rencontrés à l'AMRAC, un organisme sans but lucratif qui opère un atelier de
recyclage de meubles, où elle était étudiante et lui, responsable d'un plateau de
travail. Ils se sont épousés en janvier dernier.
Entre-temps, Nathalie Lafond a dû réduire ses activités en raison de son épilepsie
cérébrale, qui la cloue souvent au lit. Peu importe: elle s'est créé un nouvel emploi
à la mesure de ses capacités, en se mettant à explorer les ruelles et les ordures du
quartier, à la recherche de vieux meubles, de planches usées et d'artefacts usagés. Son
mari s'est joint à elle et aujourd'hui, ils ont aménagé un atelier à même leur
demeure, ce qui permet à Mme Lafond de travailler à son propre rythme.
Avec les moyens (et les outils) du bord, ils décapent, refaçonnent et reconstruisent les
matériaux qu'ils dénichent lors de leurs quêtes clandestines du mardi et du vendredi et
en font des portes-manteaux, des cadres, des sous-verres, etc. Autant d'articles qui
s'envolent comme des petits pains chauds.
«Quand les gens viennent nous voir, ils n'arrivent pas à croire que les objets qu'ils
trouvent ici ont été trouvés dans les ordures du quartier. Mais dans le fond, c'est
incroyable, tous les bons matériaux que les gens peuvent jeter! Souvent, certaines
personnes sont découragées devant tout le travail qu'il faudrait faire pour
reconditionner un meuble et elles préfèrent en acheter de nouveaux», explique Mme
Lafond. Par amour du bois, elle s'applique à faire ces efforts que les autres ne font
pas. À force de temps et de peaufinement.
Quand elle est interrogée pour savoir s'il ne lui serait pas plus simple d'acheter des
matériaux neufs, elle s'offusque presque: «Mais c'est bien plus agréable de faire
revivre le bois!», s'enthousiasme-t-elle, en montrant une planche couverte de six couches
de peinture abîmées qu'elle a l'intention de faire ressusciter sous forme de
porte-manteau.
Le jour de l'entrevue avec le Progrès Villeray, le couple a reçu une bonne
nouvelle: l'Éco-Centre Saint-Michel, où les résidants de Villeray vont déposer leurs
matériaux usagés, leur a accordé la permission de venir chercher leurs matériaux sur
le site...
«On trouve de tout, dans les vidanges, même une job!», lance tout bonnement Mme Lafond. |

(Photo: Jacques
Pharand) |