Défi Sportif 1999

Christian Laroche, la détermination sur trois roues

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«Le fauteuil roulant repousse les gens, qui évitent de me regarder. Mais quand ils m'aperçoivent dans mon tricycle, ils ne voient plus la personne handicapée, mais le sportif. Chaque fois que je sors pour aller me promener, des passants m'arrêtent pour me demander comment mon vélo fonctionne. Cela pique leur curiosité.»


Jessy LaPointe

C'est en grande partie pour cette raison que Christian Laroche, de Lorraine, a accepté de relever le Défi Sportif de cette année, en se pointant à une démonstration de vélo à mains. Ce samedi, il doit enfourcher son tricycle pour s'engager sur un parcours de 20 kilomètres autour du Cégep Ahuntsic, dans le cadre de la 16e édition du Défi Sportif des athlètes handicapés, qui se tient du 28 avril au 2 mai.

Le vélo à mains y est une nouvelle discipline en démonstration en vue d'être éventuellement intégrée au programme des compétitions.

Christian Laroche a acheté son tricycle il y a trois ans, afin de pouvoir faire des balades en famille, et pour être en mesure d'effectuer de plus longues distances qu'en fauteuil roulant. Un investissement de plus de 2000$ dans une boutique spécialisée de Trois-Rivières. Mais M. Laroche croit que ça en valait le coup: aujourd'hui, entre mai et septembre, il lui devient possible de rouler jusqu'à Rosemère ou Sainte-Thérèse, ou même d'accompagner son épouse et son fils sur les pistes cyclables.

«Cela donne une image plus positive à notre garçon, qui peut voir que son père est capable de participer à ses activités», ajoute Sylvie Martel, l'épouse de M. Laroche.

Gravement blessé dans un accident de moto, il y a seize ans, M. Laroche est demeuré quadriplégique, c'est-à-dire qu'il a perdu presque toute force motrice dans les quatre membres. Il a donc dû faire preuve de beaucoup d'ingéniosité, avec un groupe d'amis, pour arriver à utiliser son nouveau vélo, plutôt conçu pour les paraplégiques qui peuvent, eux, se servir de leurs mains pour en actionner les poignées. M. Laroche a remplacé les poignées originales par des essieux de roues de fauteuil roulant (si! si!) et s'est confectionné une paire de gants sertis de bouts de tuyaux d'environ deux pouces de long qu'il enfile sur les essieux. Ainsi, il peut actionner le levier qui entraîne les chaînes, malgré la faible puissance de ses poignets.

Cette détermination à trouver des solutions pour pratiquer une activité sportive, M. Laroche la tire sans doute de son passé de jeune athlète: avant son accident, il a participé à deux reprises aux Jeux du Québec en athlétisme, en 1972 et en 1974.

M. Laroche n'aurait cependant jamais cru que son opiniâtreté à vouloir à tout prix pratiquer le vélo le mènerait un jour en compétition. «C'est la première fois que je fais de la compétition avec mon vélo. Cet hiver, j'ai été contacté par l'Association des paraplégiques du Québec, qui faisait un sondage sur les habitudes d'utilisation des propriétaires de vélos à mains. C'est là qu'on m'a demandé si j'étais intéressé à faire des courses. Comme j'ai dit oui, un organisateur du Défi Sportif m'a contacté, un peu plus tard», relate M. Laroche.

«Je ne sais pas si je vais réussir à effectuer les 20 kilomètres du parcours, mais si je contribue ainsi à convaincre ne serait-ce qu'une seule personne atteinte du même degré de quadriplégie que moi de faire du vélo, alors je vais être bien content», ajoute le cycliste.

Et s'il constate que la distribution des départs correspond adéquatement aux différents niveaux de handicap des participants, M. Laroche n'exclut pas du tout la possibilité de s'impliquer davantage en compétition...

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Paru dans Le Courrier Sainte-Thérèse du 2 mai 1999, page 29

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.