Paul-Émile Proulx: élève, enseignant et directeur de Saint-Gérard

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Paul-Émile Proulx l'aura décidément connue sous tous ses angles, cette école Saint-Gérard: il y a successivement été élève, enseignant et directeur. Après 33 ans de carrière dans les écoles montréalaises, il prenait sa retraite la semaine dernière, à 54 ans.

Jessy LaPointe

Après avoir été élève de 8e et de 9e année de ce qui était alors l'école pour garçons Saint-Gérard, de 1958 à 1959, M. Proulx y est revenu à peine 7 ans plus tard, cette fois comme enseignant.

Après une carrière d'enseignant, puis de directeur, dans plusieurs autres établissements (Calixa-Lavallée, écoles spécialisées, etc.), le hasard a permis que se rencontrent à nouveau les destinées de M. Proulx et de l'école Saint-Gérard, dont il est devenu le directeur, en 1997.

Saint-Gérard fêtera ses 75 ans l'an prochain. M. Proulx estime cependant que l'école n'a pas tellement changé. «Le quartier n'a pas beaucoup changé, lui non plus. On dit souvent que Montréal est devenu multiethnique et que les populations sont beaucoup brassées, mais le bassin d'élèves de Saint-Gérard est resté très homogène», souligne M. Proulx. (L'école Saint-Gérard accueille les enfants de la maternelle à la 6e année du secteur délimité, grosso modo, par les rues Legendre au nord, Guizot au sud, Esplanade à l'ouest et Saint-Hubert à l'est.)

Le directeur note cependant quelques changements majeurs. D'abord, la mixité de l'école. «Puis, la culture de l'école primaire a changé. Les élèves sont plus émancipés. On fait moins appel à la discipline dure, mais le lien enfant-adulte est toujours au centre de tout», ajoute-t-il.

«On fait également de plus en plus appel aux ateliers interactifs pour mieux faire participer les enfants, qui ont de plus en plus d'opportunités pour s'exprimer. Aujourd'hui, on respecte davantage leur propre rythme d'apprentissage», croit M. Proulx.

Services de garde

La croissance incroyable de la demande de places en services de garde a également provoqué un changement considérable: M. Proulx estime que les services de garde sont devenus «une école dans l'école».

À Saint-Gérard, on offrait des services de garde depuis 1983, mais c'est avec la croissance exponentielle de la demande au cours des deux dernières années (à cause, entre autres, des places en garderie à 5$) qu'on a réalisé l'urgence d'agir pour assurer une bonne qualité de vie et d'enseignement pour tous, à Saint-Gérard. Ce bâtiment, qui accueillait 446 élèves cette année, recevait également 210 enfants des services de garde.

On avait déterminé que l'ajout de quatre grands locaux au sous-sol de l'école pourrait permettre aux enfants d'être accueillis en services de garde à l'extérieur de leurs locaux de classe, simplifiant ainsi la vie de tout monde. Mais le plan directeur des travaux de la Commission scolaire de Montréal ne prévoyait l'accomplissement de ces travaux que pour l'année 2001-2002, à Saint-Gérard, pour un total de 400 000$ de rénovations à être effectuées.

«Mais avec l'aide des membres du conseil d'établissement de l'école, qui sont très actifs et très impliqués, à Saint-Gérard, nous avons réussi à convaincre la Commission scolaire de l'urgence de ces travaux, qu'elle a finalement devancés», se réjouit M. Proulx.

Les CE gagnent de l'importance

À ce propos, M. Proulx note également un important transfert de pouvoir décisionnel des directeurs d'écoles vers les conseils d'établissements, dont les directeurs deviennent de plus en plus les simples exécutants. Très heureux de la manière dont fonctionnent les choses, à Saint-Gérard, M. Proulx croit cependant que «le résultat de ce changement dépendra de l'usage que les parents et les membres des conseils d'établissements feront de ces nouveaux pouvoirs. Tant que les gens ne s'en servent pas pour se faire du capital politique...»

Les enfants: un dessert parfait

«Ce dont je vais m'ennuyer le plus, c'est les enfants. Il n'y a rien de moins hypocrite qu'un enfant, et plusieurs sont extrêmement alertes. Ce retour à un contact avec les enfants en fin de carrière, c'était mon dessert», conclut M. Proulx.

Il faut dire que M. Proulx était gâté, côté élèves: les enfants de l'école Saint-Gérard ont terminé troisièmes, sur les 134 écoles primaires de la Commission scolaire de Montréal, au niveau des résultats scolaires.

L'an prochain, M. Proulx sera remplacé par deux personnes, soit la nouvelle directrice, Guylaine Cormier et son adjointe, Isabelle Rouleau.

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(Photo: Jacques Pharand)

Paru dans Le Progrès Villeray 6 juillet 1999, page 1

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.