Vestiaire inondé sous une serre de «pot»

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Décidément, le mardi 5 septembre n'était pas un jour de chance pour les responsables du Vestiaire de la Saint-Vincent-de-Paul du 8184 de la rue Saint-Hubert: la majeure partie de leur stock de vêtements a été réduite en loques inutilisables par une inondation et on ignore quand on pourra rouvrir le local, puisque les policiers du SPCUM doivent mener une enquête sur la source de l'inondation: une serre hydroponique installée à l'étage supérieur pour la culture du cannabis.


Jessy LaPointe


Ce matin-là, la secrétaire du presbytère de la paroisse Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus a contacté Huguette Chevalier, présidente du Vestiaire de la Société Saint-Vincent-de-Paul de la Conférence Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus pour l'informer qu'elle avait remarqué que des parties du plafond du vestiaire s'étaient effondrées. Arrivée sur les lieux, Mme Chevalier a constaté l'ampleur des dégâts: l'eau «pleuvait» du plafond, il y avait près d'un pouce d'eau partout sur le tapis du local et le sous-sol était inondé. Les vêtements, pour la plupart sagement accrochés à des cintres métalliques, étaient visiblement inutilisables, souvent tachés de rouille. Sans compter que les vêtements entreposés au sous-sol devaient servir à préparer les ventes d'hiver... Ils sont maintenant réduits en bouillie malodorante.

Mme Chevalier a donc fait appel aux pompiers de la caserne voisine, vers 10h50. Les pompiers se sont rendus à l'étage supérieur, où une étrange surprise les attendait: tout le logement avait été modifié pour accueillir une serre hydroponique et environ 200 plants de cannabis (pot) arrivés à une hauteur moyenne de quatre pieds y poussaient allégrement. Il est finalement apparu évident aux pompiers que l'inondation avait été causée par un boyau d'arrosage laissé ouvert durant une longue période de temps.

Les policiers sont arrivés sur les lieux vers 11h35 et ils ont aussitôt fait appel à la Section des stupéfiants du SPCUM, qui a procédé à la saisie du matériel de culture: projecteurs, bacs, ventilateurs, génératrices, etc. La valeur des plants récupérés pourrait s'élever jusqu'à 300 000$ sur le marché de la drogue.

L'appartement était loué depuis quelques mois à un jeune homme de 25 ans que les policiers ont aussitôt entrepris de retracer.

«Depuis que le logement était loué à ces gens, nous ne les avons jamais vus ou entendus», s'étonnait Mme Chevalier. «Ça alors! Nous n'avons jamais eu connaissance qu'ils montaient tout ce matériel en haut!», s'exclamait un autre témoin, en apercevant les grands réflecteurs métalliques que les enquêteurs descendaient à bout de bras vers un camion de déménagement.

«L'appartement servait exclusivement de serre et n'était pas vraiment habitable», souligne l'agent senior Jean-Guy Trudel du Poste de quartier 31. Il admet également que même les services policiers n'entretenaient encore aucun doute sur la présence de ces installations.

Fermeture jusqu'à...

Du côté des responsables du Vestiaire, on retrouvait peu à peu le sourire et le goût à la blague au fur et à mesure qu'on voyait l'imposant attirail de culture descendu par les policiers, mais on admettait que l'avenir immédiat n'avait rien de rose.

Ce vestiaire, qui fournit des vêtements usagés à prix modiques (25¢, 50¢, 1$) à environ 400 clients par semaine, se voit contraint de fermer boutique, puisque l'alimentation électrique ne pourra être rétablie qu'après que la propriétaire aura procédé à des travaux majeurs de réparation et que les policiers auront terminé leur enquête.

«En attendant, nous ne lâchons pas. Les gens pourront continuer à venir nous porter leurs vêtements usagés dans le bac, à l'arrière, puisque je continuerai de venir ici pour classer le matériel, mais je ne m'attends pas à ce que nous puissions rouvrir la boutique avant au moins un mois», se désole Mme Chevalier.

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(Photo: Jessy LaPointe)

Paru dans le Progrès Villeray du 10 septembre 2000, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.