Places à 5$ dans les garderies
 

Les parents se butent à de longues listes d'attente

artsuivant.gif (1111 octets)

artprecedent.gif (1130 octets)

artcatalogue.gif (1070 octets)

La jeune population de la région, qui dépend beaucoup du réseau des garderies, connaît présentement plusieurs frustrations dues aux modalités d'application de la réforme des services de garde à l'enfance menée par le ministère de la Famille et de I'Enfance du Québec. Avec l'arrivée des places de garde à 5$ pour les enfants de 3 ans, bien des parents risquent plutôt de perdre leurs places en services de garde.


Jessy LaPointe


La ministre de la Famille et de l'Enfance du Québec, Pauline Marois, annonçait en septembre 1997 un programme de places à 5$ en garderie pour les enfants de 4 ans pour 1997-1998, puis pour les enfants de 3 ans en 1998-1999, afin de pourvoir en places à 5$ tous les enfants de la naissance jusqu'à la maternelle d'ici 2002. «Cependant, ce qu'on ne dit pas, c'est qu'entre-temps, on n'offre qu'un nombre limité de places à 5$», explique le propriétaire de la garderie «A la Queue Leu Leu» de Blainville, Benoît Pleau. «L'enveloppe totale pour les places à 5$ chez les trois ans est de 50 millions de dollars, ce qui permet d'offrir 23 000 places au Québec, alors qu'il y a une demande potentielle pour 97 000 places. Cela signifie que sur quatre enfants de trois ans, un seul aura accès à une place à 5$. Dans ma garderie, la liste d'attente pour les enfants de 3 et de 4 ans est complète jusqu'en 2000», déplore M. Pleau, qui estime que ce programme gouvernemental menace jusqu'à l'existence même des garderies privées comme la sienne.

Déficits d'opérations

Nonobstant ce que d'aucuns décrivent comme une étatisation de tout le réseau de garde d'enfants de la province, le programme de Mme Marois est jugé également embêtant du côté privé et du côté public, tant qu'il ne sera pas rodé.

M. Pleau explique d'abord qu'il doit accueillir des places subventionnées à 5$ par jour, puisqu'il ne peut pas se permettre de continuer d'exiger des frais normaux de 23$ par jour. «Si les gens ont le choix de payer 23$ ou 5$, ils n'hésiteront pas», constate M. Pleau, qui dévoile que pour chaque enfant subventionné, il reçoit 17$ par jour du gouvernement, plus les 5$ des parents. Ce qui ne donne que 22$. Un déficit de 1$ par jour par enfant, qui fait dire à M. Pleau qu'il lui en coûte 20 000$ par année pour administrer le programme, depuis son entrée en vigueur, en septembre 1997.

Même son de cloche du côté du secteur public, où l'adjointe-directrice de la garderie «Les Petits Trésors» de Boisbriand, Lise Mansour, croit que les vues à long terme de la réforme sont louables, mais que pour l'instant, un certain «free for all» règne dans ce petit monde: «Nous aussi perdons 1$ par jour par enfant et cette année, nous avons un déficit de 22 000$. De plus, nous sommes en juin et nous ne sommes même pas encore en mesure de dire aux parents combien de places à 5$ seront offertes à l'automne! Nous en aurons peut-être 5 ou 10, mais notre liste d'attente comprend 25 noms! Les parents, quand ils apprennent qu'ils n'ont pas de place en garderie (souvent à la dernière minute), deviennent agressifs.»

140698.jpg (10870 octets)

(Photo: André Périard)

Paru dans Le Courrier Sainte-Thérèse du 14 juin 1998, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.