École Saint-Gabriel-Lalemant

La CSDM refuse les unités préfabriquées

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Si rien ne change d'ici février, une certaine partie des enfants de l'école Saint-Gabriel-Lalemant pourraient être obligés de marcher pour se rendre à l'école Francesca-Cabrini ou à Emily-Carr, pendant l'année scolaire 2000-2001, puisque la Commission scolaire de Montréal (CSDM) a refusé, pour le moment, d'envisager l'installation d'unités préfabriquées à côté de cette école.


Jessy LaPointe


À l'heure où la CSDM attend fébrilement le plan d'action que le ministre de l'Éducation a promis pour assurer le nombre adéquat de places-élèves dans les écoles de l'île, les parents et les représentants de l'école Saint-Gabriel-Lalemant sont exaspérés par le refus du comité exécutif de la CSDM d'installer des unités préfabriquées dès septembre pour pallier le manque de places-élèves qu'on estime déjà critique.

Toute cette polémique tire ses sources des estimations effectuées par les responsables de l'école Saint-Gabriel-Lalemant, qui s'attendent à recevoir un important excédant d'élèves pour l'année scolaire 2000-2001, considérant l'espace disponible dans cet établissement.

«En 1998 et 1999, nous avons présenté deux mémoires, dans le cadre des consultations publiques sur la réaffectation des immobilisations effectuées par la Commission scolaire, pour informer cette dernière que nous manquerions de place dès l'année 2000-2001, puisque de plus en plus de jeunes familles viennent s'installer dans le secteur. La situation est grave, puisque nous n'avons déjà même plus de bibliothèque ni de locaux pour les spécialistes. Il faut agrandir l'école, mais avant que cela ne se réalise, il faudrait avoir des unités préfabriquées... comme mesure temporaire, bien entendu», explique Sonia Vaillancourt, présidente du Conseil d'établissement de Saint-Gabriel-Lalemant.

Les parents, la direction et le commissaire scolaire Kenneth George semblent donc s'être entendus sur cette solution en deux étapes: les démarches auprès du ministère de l'Éducation pour faire agrandir l'école et l'utilisation temporaire d'unités préfabriquées. Des parents de l'école ont visité certaines de ces unités construites dans le quartier Côte-des-Neiges et cette solution leur semblait acceptable.

Le Conseil d'établissement a fait parvenir une lettre au commissaire George pour signifier son accord avec l'orientation proposée et M. George a déposé cette lettre au Conseil des commissaires, le 22 décembre. Plus encore, accompagnée de la directrice de l'école, Mme Vaillancourt s'est présentée à cette réunion pour défendre cette vision que partageaient le commissaire George, la présidente de la CSDM, l'ensemble des commissaires du MEMO et les deux commissaires-parents.

À la surprise de toutes ces personnes, les commissaires qui contrôlent le Comité exécutif, Robert Cadotte et Michel Pallascio, ont accepté de demander l'agrandissement de l'école au ministère, mais ont refusé l'installation des unités préfabriquées dans la cour de l'école. Ils ont plutôt fait savoir que les enfants pourraient se déplacer vers l'une des deux écoles anglophones qui pourraient être cédées par la Commission scolaire English Montreal (CSEM), soit Francesca-Cabrini ou Emily-Carr.

«On n'en croyait pas nos oreilles quand ils ont expliqué leur refus», de dire le commissaire George, avant d'ajouter: «Autrement dit, ce n'est pas la CSDM qui paierait les 75 000$ nécessaires pour les trois unités préfabriquées, mais ce serait plutôt aux parents d'assumer les frais de transport, voire de dîner, pour les enfants ou encore, ce serait aux enfants et aux parents de marcher une plus grande distance.»

L'école Saint-Gabriel-Lalemant est située sur la rue Garnier, au sud de la rue Everett. Si les enfants devaient se rendre à Emily-Carr (rue Sagard, au nord d'Everett), ils auraient à traverser les rues Fabre, Marquette, Papineau, Cartier, Chabot, de Bordeaux, De Lorimier et des Érables avant d'atteindre Sagard. Pour se rendre à l'école Francesca-Cabrini (Cartier, au sud de Bélanger), ils devraient passer par Fabre et Marquette, en plus de traverser trois rues très achalandées: Jean-Talon, Bélanger et Papineau.



Décision stratégique


Le commissaire scolaire et chef du Regroupement scolaire confessionnel, Michel Pallascio, explique que son refus des unités préfabriquées se veut stratégique.

«Quand le plan triennal d'immobilisation est arrivé au Comité exécutif, il avait été grandement amendé et on y avait prévu l'ajout d'une trentaine d'unités préfabriquées dans la Commission scolaire, sans même qu'on sache s'il y avait eu des consultations à ce sujet. Notre premier réflexe a donc été de toutes les refuser, sauf celles prévues à Marie-Favery, où nous savions qu'elles répondraient à un besoin très urgent. On parlait aussi de coûts globaux de 750 000$, alors que nous n'avons même pas cette somme», explique-t-il d'abord, avant d'ajouter que le commissaire Robert Cadotte et lui-même attendent les annonces de vente d'écoles de la CSEM (à l'issue de la réunion de mercredi prochain) et le plan d'action du ministre de l'Éducation, promis avant la fin du mois. «Il aurait été bien maladroit de prévoir l'installation d'unités préfabriquées alors qu'on fait des pressions auprès du ministère de l'Éducation pour obtenir l'agrandissement de l'école. Cela aurait laissé croire qu'on pourrait se débrouiller pendant une année supplémentaire», estime M. Pallascio, qui se dit prêt à réévaluer le dossier, advenant que le ministère refuse l'agrandissement.


Pas le choix....

M. Pallascio n'aura peut-être pas le choix de réévaluer le dossier, puisque les deux commissaires-parents de la CSDM, Manon Ricard et Donald Perron, ont déposé avec M. George un avis de présentation pour une proposition visant à ramener le sujet sur la table, dès le mois de février. «Nous prônons les écoles de quartier, pour que les enfants puissent vraiment prendre leur place à l'école et socialiser, en allant à l'école près de chez eux», explique M. Perron. Mme Ricard rejette quant à elle l'argumentation de Michel Pallascio concernant l'aspect stratégique de la question: «Si nous demandons l'agrandissement de l'école, c'est déjà une preuve de l'urgence d'agir.»

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(Photo: Jacques Pharand)

Paru dans Le Progrès Villeray du 16 janvier 2000, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.