Décidément, le Salon du livre de Montréal de cette année
devient une occasion extraordinaire de mettre en lumière les auteurs de notre quartier.
Cette semaine, Le Progrès Villeray a déniché une jeune femme de 23 ans qui vient
de publier son troisième roman. Voici le récit d'une carrière précoce.
Jessy LaPointe
Annie Lavigne sera
au Salon du livre de Montréal pour présenter sa dernière création, Marie de la mer,
un roman historique récemment publié aux éditions Libre Expression.
Ce troisième roman d'Annie Lavigne nous transporte en 1899 pour vivre le dernier été du
siècle en Gaspésie, en compagnie d'une héroïne jeune et forte qui y connaîtra son
premier amour, non sans bousculer les préjugés et ébranler les règles. Elle
rencontrera la passion en s'abandonnant à un jeune vacancier de Québec qui, l'automne
venu, retournera à la ville. «Marie la fière» devient ainsi «Marie la salope», celle
qui «fait tourner la tête et murmurer les femmes entre elles». Victime de
l'intolérance de ses voisins, Marie remettra en question leur bonne conscience. D'autant
plus que son deuxième amour la marginalisera encore davantage. Elle devient la maîtresse
du docteur Boileau, son ami d'enfance récemment marié.
Bref, Annie Lavigne s'avance dans les eaux du roman historique, mais son propre vécu ne
s'efface pas encore: «Marie de la mer vit des choses que je vis moi-même, mais à une
autre époque. Je raconte la volonté de suivre les élans du coeur. C'est l'histoire
d'une jeune femme qui n'en fait qu'à sa tête et qui suit ses instincts. En fait, j'ai
simplement trouvé un nouveau prétexte pour exprimer ce que je ressens», admet
l'auteure.
Une
impulsion
Il y a maintenant longtemps qu'Annie Lavigne utilise l'écriture pour se raconter. Sa
carrière a d'ailleurs débuté dans des circonstances plutôt inhabituelles.
Alors qu'elle participait à un
échange étudiant d'un an en Allemagne, à l'âge de 16 ans, Annie s'est retrouvée dans
l'obligation d'assister à de soporifiques cours de mathématiques, de chimie et de
physique donnés en allemand. Comme elle n'y comprenait rien, tout en étant obligée d'y
assister, elle s'est mise à remplir ses cahiers d'un journal personnel dans lequel elle
racontait sa vie intérieure.
À son retour au Québec, elle a rassemblé ses écrits, puis les a présentés aux
maisons d'édition jeunesse. Et, quelle surprise, elle a reçu deux réponses positives!
Le livre a finalement été publié sous le nom Journal d'une effrontée timide.
«Il est si rare que les maisons d'éditions jeunesse aient l'occasion de tomber sur des
livres écrits par des jeunes de cet âge-là...», tente d'expliquer l'auteure.
Annie a répété son exploit en concoctant un second livre, Moi et les cons,
avec une nouvelle maison d'édition. À 19 ans, elle avait appris à se distancer un peu
de son personnage central, puisqu'elle y a décrit la vie quotidienne d'une autre jeune
femme. La saveur autobiographique subsistait, mais elle se rapprochait du roman pour
adultes.
Son roman pour adultes Marie
de la mer, est lui aussi né dans des circonstances exceptionnelles.
Au début de l'année 1998, la crise du verglas a imposé à l'auteure deux semaines de
congé forcé, puisque l'Université de Montréal, où elle étudie l'enseignement du
français, a dû être fermée. Annie avait repris la plume pour écrire une série d'une
dizaine de nouvelles à saveur historique, à la lumière des recherches qu'elle avait
effectuées sur les colonies en Gaspésie au siècle dernier, mais la première nouvelle
dont elle a amorcé l'écriture a finalement pris les proportions d'un bon gros roman,
celui qu'elle présente aujourd'hui. «Je n'avais rien d'autre à faire», explique-t-elle
tout bonnement.
Pendant qu'elle poursuit encore ses études en vue de devenir enseignante de français
«pour transmettre sa passion aux jeunes (sic!)», elle travaille néanmoins sur
un nouveau projet de roman, plus contemporain, cette fois.
Ceux qui se rendront au Salon du livre de Montréal (Place Bonaventure) pourront la
rencontrer au stand des Éditions Libre Expression, soit ce dimanche entre 10h et 11h30 et
entre 18h30 et 20h30, soit lundi ou mardi, entre 13h et 15h. |

(Photo: Jacques
Pharand)
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