Implantation du bingo en réseau

 Les organismes communautaires subissent d'importantes pertes financières

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L'instauration d'un nouveau système de bingo en réseau a fait plusieurs heureux gagnants de grosses sommes à travers la province, mais elle a aussi causé des pertes de revenus considérables pour certains organismes dont le financement dépend de la tenue des bingos.


Jessy LaPointe

Le bingo en réseau a été instauré en décembre 1997 par Loto-Québec, qui en a accordé la gestion à la Société des Bingos du Québec, une de ses filiales. Ce système, qui relie une centaine de salles de bingos à travers le Québec (dont celle de Saint-Eustache), permet aux exploitants de salles d'offrir des montants alléchants aux joueurs, environ 10 000$ par après-midi, contre environ 25 000$ par soir.

Le hic, c'est que cette mesure suscite un déplacement de la clientèle de l'après-midi vers le bingo de soirée. (33% de baisse de fréquentation en après-midi.) Les organismes qui sont positionnés en après-midi voient donc leurs profits fondre comme neige au soleil.

La Corporation des Fêtes de Saint-Eustache fait partie de ces organismes. Martin Mondou, consultant au service d'Art et Culture de Saint-Eustache et à la Corporation des Fêtes, croit que la Corporation devra revoir ses activités. «Le festival va avoir lieu quand même, mais nous ne pourrons plus, comme avant, subventionner autant d'organismes culturels de Saint-Eustache.»

Alain Borduas, comptable de la Corporation, explique que les sommes amassées par le biais le bingo sont passées de 63 000$ en 1996 à 43 000$ en 1997 et qu'on prévoit récolter au maximum 40 000$ en 1998.

Les pertes sont d'autant plus importantes pour les fondations et organismes qu'ils voient leur marge de profit diminuer de façon catastrophique. Pour la Fondation de la Polyvalente Saint-Eustache, par exemple, cela signifie une baisse de 15% à 20% de ses revenus de bingo, alors qu'ils comptent pour une immense part du budget de l'organisme.

 

Optimisme

Du côté de l'exploitant de la salle de bingo de Saint-Eustache et du côté du Regroupement des Organismes bénéficiaires de Bingos (ROBIN), on croit que ces baisses sont temporaires et que Loto-Québec déploie des efforts louables pour aplanir les problèmes.

«La Société des Bingos du Québec (SBQ, filiale de Loto-Québec), a employé une firme pour faire des sondages et dégager des pistes de solutions, explique Benoît Bougie, directeur des opérations du Bingo Saint-Eustache Enr.

Apparemment, la SBQ agit vite. A preuve, depuis le 16 février, les gros lots non gagnés, en après-midi, n'augmentent plus de 1000$, mais de 5000$ par jour, en réseau. On parle donc de cagnotte de 10 000$, 15 000$, 20 000$...» M. Bougie met également un bémol aux pertes importantes subies depuis le début de l'année, puisque la tempête de verglas aurait gravement affecté la fréquentation des salles durant cette période.

Au ROBIN, la présidente Chantal Gagnon estime que le problème est beaucoup plus au niveau de la Régie. «Pour le bingo en réseau, dit-elle, c'est normal qu'il y ait des ajustements. Ça commence. Au moins, Loto-Quebec (SBQ) est à l'écoute...»

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(Photo: André Périard)

Paru dans Le Courrier Deux-Montagnes du 22 février 1998, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.