Opération Solidarité dans les milieux défavorisés

On remet en question l'aide à l'école Sainte-Cécile

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Les responsables de l'école Sainte-Cécile sauront d'ici la fin du mois s'ils pourront récupérer, en tout ou en partie, la somme de 150 000$ qui était allouée à cet établissement en vertu du programme Opération Solidarité pour les écoles en milieux défavorisés. Cette somme, qui servait à payer repas gratuits, étude assistée, collations du matin et aide à la formation en informatique a été retirée, alors même que le quartier s'est appauvri!


Jessy LaPointe

Devant l'ampleur de la compression budgétaire, le conseil d'établissement de l'école a réclamé une audience au Conseil des commissaires du 16 juin pour demander que la décision soit réévaluée. «Les jeunes de notre école parlent près de 30 langues différentes et ils ont besoin de l'étude assistée. Nous risquons aussi de perdre du temps en orthophonie», explique la présidente du conseil d'établissement de Sainte-Cécile, Lise Desautels. Le conseil d'établissement a fait circuler une pétition dans l'école et a fait parvenir une lettre à différents organismes de la communauté pour les sensibiliser à la question.

Mais malgré les récriminations de ce groupe, la commission scolaire ne donne aucun signe à l'effet qu'elle voudrait modifier les critères d'admissibilité des écoles à l'Opération Solidarité.

Le commissaire scolaire de Parc-Extension/Villeray/Petite Patrie, Guillaume Vaillancourt, explique qu'on se fie plutôt sur l'octroi de nouvelles sommes par le Conseil scolaire de Montréal pour combler le manque à gagner de Sainte-Cécile.

«Cette situation est absurde!, dénonce M. Vaillancourt. Je ferai tous les efforts nécessaires pour que l'école Sainte-Cécile ne perde pas cette somme.» Le commissaire se dit confiant de récupérer une partie de la somme perdue.

Depuis maintes années, plusieurs millions de dollars sont investis dans les écoles des milieux défavorisés, dans le cadre de l'Opération Solidarité (anciennement Opération Renouveau).

Le budget de chaque école est calculé, entre autres, en fonction de la «carte de défavorisation» constituée par le Conseil scolaire de l'île de Montréal grâce aux données de Statistiques Canada. Les principaux critères qui servent à élaborer la carte sont: le revenu moyen par habitant, le niveau de scolarité et le pourcentage de familles monoparentales dans le quartier. Puis, à même les intérêts sur les sommes perçues en taxes scolaires, le Conseil verse un budget à chacune des commissions scolaires pour que ces dernières soutiennent les écoles des milieux défavorisés.

Les critères du Conseil scolaire demandent aux commissions scolaires d'accorder la priorité aux 20% d'écoles les plus défavorisées. Comme la Commission scolaire de Montréal regroupe les quartiers les plus pauvres de l'île, celle-ci obtient la part du lion.

À même ce budget, les commissions scolaires votent ensuite les sommes qui seront allouées aux écoles situées en milieux défavorisés. C'est ainsi que la Commission scolaire de Montréal adoptait ses prévisions budgétaires au mois de mars dernier.

«Comme un grand nombre de quartiers de Montréal se sont appauvris ces dernières années, explique le commissaire Vaillancourt, cinq de nos écoles, dont Sainte-Cécile, viennent de perdre leur statut d'écoles défavorisées au profit d'écoles qui se sont ajoutées à la liste... et cela, même si leur quartier s'est appauvri! Devant cette situation jugée inacceptable, les commissaires du MEMO ont proposé au Conseil des commissaires d'adopter un budget avec un léger déficit afin que ces cinq écoles ne perdent pas un sou. «Nous aurions ensuite pu réclamer cette somme au gouvernement du Québec, qui a déjà annoncé un réinvestissement en éducation pour l'an prochain et qui aurait simplement eu à devancer un peu son réinvestissement», croit M. Vaillancourt.

«Malheureusement, le déficit proposé, soit 3 millions$ sur un budget total de 500 millions$, n'a pas été adopté. Les six commissaires du RSC (Regroupement scolaire confessionnel) et les cinq commissaires indépendants de la Commission scolaire de Montréal ont en effet préféré adopter un budget équilibré, au détriment des écoles qui se retrouvent dans la situation de Sainte-Cécile. Toutefois, le Conseil des commissaires a décidé, à l'unanimité, de faire les démarches nécessaires pour obtenir des sommes supplémentaires du Conseil scolaire et du gouvernement du Québec pour soutenir davantage les écoles montréalaises», ajoute M. Vaillancourt.

Une lueur d'espoir

Le conseiller Vaillancourt fonde cependant beaucoup d'espoirs sur une aide supplémentaire de 3,2 millions$ en soutien aux écoles des milieux défavorisés, dont 70% iront aux écoles de la Commission scolaire de Montréal. L'exécutif du conseil scolaire se penchait sur la question, jeudi dernier.

La répartition de ces fonds devrait être décidée dès le 30 juin, lors de la prochaine assemblée de la Commission scolaire de Montréal.

«Si nous obtenons cette somme du Conseil scolaire, l'école Sainte-Cécile pourrait récupérer une partie significative des 135 000$ perdus, dépendant des critères choisis par le Conseil des commissaires», estime M. Vaillancourt.

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(Photo: Jacques Pharand)

Paru dans Le Progrès Villeray du 22 juin 1999, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillon personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.