Conseil communautaire solidarités Villeray

On demande aux Caisses de ralentir la cadence

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Les grandes restructurations que connaissent présentement les Caisses populaires Desjardins font beaucoup de remous, puisqu'elles inquiètent plusieurs organismes qui oeuvrent auprès des personnes défavorisées. Ces dernières sont souvent  boudées par les banques et accueillies par Desjardins, qui essaie tout de même de s'adapter au nouveau monde bancaire. Dans Villeray, où la pauvreté se fait de plus en plus sentir, le Conseil communautaire Solidarités Villeray s'est récemment élevé contre ce qu'il considère comme la voie «affairiste» que semblent emprunter les caisses du quartier.

Jessy LaPointe


«Pour Solidarités Villeray, cette mesure correspond davantage à un désir de rationaliser et de couper les services qu'à un souci de donner un meilleur service aux membres et à la collectivité», soutient Andrés Fontecilla, coordonnateur du Conseil.

On rappelle que le quartier Villeray compte une proportion grandissante de personnes isolées pour qui la «Caisse pop» constitue un des rares endroits de convivialité et de contact avec la société. «Un grand nombre de personnes ne désirent pas utiliser les nouvelles technologies mises à leur disposition par les Caisses populaires», ajoute M. Fontecilla.

«De plus, la diminution des heures du service caissier ne fera pas en sorte "d'augmenter l'offre de services personnalisés": étant donné le profil socio-économique de la population du quartier, un grand nombre de personnes n'utilisent leur revenu que pour satisfaire leurs besoins immédiats. Ces personnes n'ont pas les ressources pour "planifier" des investissements en bourse ou ailleurs. Ce dont ces personnes ont besoin, c'est d'une institution financière qui leur permettra d'effectuer des transactions de base d'une façon humaine, et ce, sur une plage horaire la plus large possible», croit le coordonnateur.

Pour le Conseil, les Caisses populaires Desjardins doivent considérer les besoins réels des membres et non pas une image idéalisée de ce que devraient être leurs besoins financiers.

Le Conseil communautaire Solidarités Villeray demande donc aux dirigeants du Mouvement Desjardins d'annuler la décision concernant la diminution du service caissier dans les caisses populaires Desjardins du quartier Villeray.

 

Desjardins: rattraper le retard

À la vice-présidence régionale (centre de l'île de Montréal) de la Fédération des Caisses populaires Desjardins de Montréal et de l'Ouest du Québec, on a tenu à répondre aux accusations d'«affairisme» lancées par le Conseil communautaire Solidarités Villeray.

On insiste sur le fait que les Caisses multiplient présentement les mesures en vue de combler un important écart d'avec les autres institutions bancaires, en termes d'évolution technologique et de compétitivité.

«Les modes de distribution évoluent aussi à un rythme accéléré. Aujourd'hui, on peut effectuer ses transactions courantes au guichet automatique et par paiement direct chez les marchands. S'ajoutent à ces modes de distribution Accès D et les services de transactions par téléphone et Internet», répondent, dans une lettre commune, quatre directeurs représentant les Caisses populaires Jarry de Montréal, Mistral, Villeray et Sainte-Cécile.

Les directeurs des caisses du quartier Villeray font également remarquer que la grande majorité des membres des Caisses utilisent les services automatisés. En fait, 80% de l'ensemble des transactions de dépôts et de retraits directs et de paiement de factures sont réalisées en mode automatisé.

On souligne également que ces nouvelles façons de faire réduisent l'achalandage dans les Caisses et  obligent ces établissements  à réduire leurs heures d'ouverture, avec, toutefois, un retard sur les banques.

Tout en se disant conscients de l'importance, pour les Caisses, de tenir compte des attentes et des besoins de l'ensemble de leur clientèle, les directeurs rappellent que, tout en ayant réduit les heures d'ouverture pour les services aux comptoirs, leurs établissements du quartier ont augmenté les heures consacrées aux services de convenance et de conseil. Tout en maintenant toujours des ressources à l'accueil pour répondre aux membres et leur offrir tous les autres services, selon une plage horaire qu'on veut assez large pour permettra à tous d'en bénéficier.

«Rappelons qu'il y aura toujours possibilité d'obtenir des services au comptoir. Et si les frais sont alors plus élevés, c'est que dispenser des services au comptoir coûte plus cher (à la coopérative)» soulignent les directeurs.

Ces derniers admettent finalement que tout le monde n'apprécie pas également les nouvelles technologies. «C'est pourquoi, afin de faciliter l'adaptation des membres moins familiers avec les services automatisés, les employés des caisses sont disponibles pour les aider à apprivoiser le guichet automatique et utiliser la carte (de débit).

«Une Caisse populaire est une coopérative financière au service de ses propriétaires-usagers. Elle doit donc répondre aux besoins de tous en offrant des produits et des services adaptés au profil de l'ensemble des utilisateurs», estiment enfin les directeurs.

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(Photo: Jacques Pharand)

Paru dans Le Progrès Villeray du 28 novembre 1999, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillonnage personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.