Invitation à venir «popoter»... et économiser en groupes

Cuisines collectives de la paroisse Sacré-C?ur

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À l?occasion de la Journée nationale des Cuisines collectives, les organisateurs et des participants des Cuisines collectives Sacré-C?ur, qui tiennent leurs activités au sous-sol de l?église Sacré-C?ur (2000-A, rue Alexandre-DeSève), ont rendu un hommage à la fondatrice, ont annoncé une campagne «Napperons 2003» et ont lancé un album préparé par des membres.

Jessy LaPointe

Il y a actuellement 1 330 groupes de Cuisines collectives qui nourrissent plus de 33 000 personnes au Québec, avec plus de huit millions de repas par année, au Québec.

Les Cuisines collectives Sacré-C?ur ont été fondées en 1990 par s?ur Lise Bernier, qui a d?ailleurs reçu, à l?occasion de cette journée spéciale, un certificat la nommant «Grand chef honoraire à vie».

Aujourd?hui, deux groupes d?une demi-douzaine de personnes participent à des activités de cuisines collectives, à Sacré-C?ur. Deux fois par mois, ces groupes se réunissent une première fois pour déterminer ensemble les recettes qu?ils veulent préparer, puis une seconde fois, après avoir fait les achats nécessaires.

Ainsi, chaque groupe consacre une journée à la préparation de 12 portions de chaque recette, ce qui permet à chaque participant de repartir avec quatre ou cinq repas complets.

Des repas qui coûtent généralement de 1,15$ à 1,80$ la portion. «Mettre en commun nos recettes nous permet d?essayer de nouvelles choses, d?aller du côté des recettes ethniques, par exemple», explique Linda Pesant, une participante.

«Par exemple, notre groupe se réunit un samedi sur deux et nous cuisinons pendant toute la journée. C?est notre sortie de la semaine, cela nous fait un passe-temps. De toute façon, avec des enfants, j?aurais à passer cette journée à cuisiner? mais je ne pourrais pas préparer autant de recettes en même temps!», explique Mme Pesant.

Les participants aux cuisines sont d?ailleurs à moitié des chefs de famille, à moitié des personnes seules. Il n?est cependant pas nécessaire d?avoir un faible revenu ou de correspondre à un profil spécifique, pour participer: il suffit d?avoir envie de cuisiner en groupe, et d?économiser par la même occasion.

«Cela permet de créer des réseaux d?amis. C?est d?ailleurs la tradition familiale qui se redéveloppe, puisque les membres des groupes peuvent s?échanger des trucs, des façons de faire, des recettes?», ajoute le curé Roger Dufresne, président du conseil d?administration des Cuisines.

Les participants ne sont pas forcés de participer à chaque journée de préparation de repas, mais ils sont généralement réguliers. Ceux qui voudraient créer des groupes qui se rencontreraient plus fréquemment ? ou moins ?, sont d?ailleurs invités à en faire part aux responsables.

Les deux groupes existants tiennent leurs journées de «popote» dans la cuisine installée à cet effet au sous-sol de l?église, mais les responsables des Cuisines collectives aimeraient bien aussi voir se développer des groupes qui tiendraient leurs activités dans les maisons des participants, comme cela se fait d?ailleurs dans d?autres quartiers montréalais.

Expansion

«À force d?en parler, il y a de plus en plus de personnes qui ont commencé à se joindre à notre groupe», se réjouit une des participantes. Il reste que la cuisine du sous-sol pourrait encore accueillir beaucoup plus de groupes. «Nous pourrions avoir un groupe par jour, chaque jour de la semaine», explique Marc Brassard, le coordonnateur. «Nous allons bientôt embaucher une nouvelle animatrice, ce qui va nous permettre de créer de nouveaux groupes, dont certains à l?extérieur de nos locaux. Elle va pouvoir mettre en lien les personnes intéressées et leur expliquer comment faire fonctionner leur groupe», se réjouit ce dernier.

Groupe d?achats

En marge des Cuisines collectives, on retrouve le groupe d?achat «Les Bons Voisins»: en se regroupant pour établir des listes d?épicerie communes et en faisant des achats de groupes, les participants éliminent les intermédiaires, dont les marges de profit représentent souvent de 40% à 60% du prix de vente en épicerie. Une vingtaine de personnes participent aussi aux activités de groupe d?achats. La moitié d?entre elles sont d?ailleurs déjà des participants des Cuisines collectives. Ils ont réussi à accumuler un pouvoir d?achat de 2000$ par mois, qu?ils voudraient voir augmenter bientôt à 5000$.

Album

Les responsables des Cuisines ont profité de l?occasion pour «lancer» un disque contenant une chanson composée par des membres et intitulée À l?eau les cuisses tôt!. «Ça a été une belle expérience et le succès du disque est déjà assuré, puisque ce qui est important, c?est le travail qui a été fait. Cela a permis de nouer des liens. Le disque est vendu à 5$, dont 2$ iront aux Cuisines collectives», explique le directeur.

Campagne Napperons

On en a aussi profité pour présenter la «Campagne Napperons 2003», pour laquelle toute la population est invitée à se procurer des napperons préparés par le Regroupement des cuisines collectives du Québec et à en envoyer des exemplaires aux élus, afin de les sensibiliser à «l?importance de discuter d?une Politique nationale pour l?autonomie alimentaire». 

Par ailleurs, un des objectifs des responsables demeure de trouver un local qui permettrait de mettre sur pied une épicerie communautaire.

 

Paru dans Le Ville-Marie du 30 mars 2003, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillonnage personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.