Centre culturel des Canadiens japonais de Montréal

Les Nippons parmi nous

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Dans leur discrétion légendaire, les Canadiens japonais de la grande région métropolitaine gravitent depuis de nombreuses années autour de leur centre culturel de la rue Rousselot, à I'ombre du Poste de quartier 31. Le 13 mai, les résidants du quartier sont conviés à une rencontre avec cet organisme et ses gens, dans le cadre de son bazar annuel.

Jessy LaPointe

On l'ignore souvent, mais les Japonais se sont mis à immigrer au Canada dès 1877, s'installant surtout en Colombie-Britannique. La Seconde Guerre mondiale a cependant marqué un douloureux virage dans l'histoire de cette communauté, après l'attaque de la base militaire américaine de Pearl Harbor par le Japon allié de l'Allemagne nazie: les Canadiens japonais ont été internés en grand nombre dans des camps de travail et la plupart d'entre eux ont été forcés de quitter l'Ouest canadien, même après la fin des hostilités.

Plusieurs Canadiens japonais ont trouvé une nouvelle terre d'accueil à Montréal et au début des années 1950, on y comptait déjà quelques centaines de familles d'origine japonaise, surtout concentrées dans les quartiers Villeray et Saint-Michel.

Ces ressortissants se sont groupés autour de trois institutions de nature religieuse: l'Église Unie japonaise, l'Église bouddhiste et la Mission catholique japonaise. C'est d'ailleurs en marge de cette dernière qu'est né le Centre culturel des Canadiens japonais de Montréal (CCCJM), en 1976. Vingt ans plus tard, le Centre a acheté les locaux du 8155 de la rue Rousselot au diocèse catholique de Montréal. Il dispose donc maintenant de deux grandes salles d'études et d'activités, d'une vaste cuisine et d'une salle abritant une bibliothèque qui contient environ 10 000 titres, surtout en japonais.

Le CCCJM dessert aujourd'hui un effectif japonais d'environ 200 personnes, dont une grande partie sont des personnes âgées qui viennent y chercher un ressourcement dans leur culture. (Deux des participantes aux rencontres libres fêtent cette année leurs 99 ans!)

Insistant sur l'aspect non confessionnel de l'organisme, le CCCJM et sa centaine de bénévoles se sont surtout donné pour buts de favoriser l'harmonie et l'amitié parmi les personnes d'origines raciales différentes, d'améliorer l'éducation, la santé et le statut social des Japonais vivant au Québec.

Mais pour les résidants des alentours dont la curiosité est piquée : sachez que le but le plus intéressant du Centre est la diffusion de la culture japonaise. C'est pourquoi on offre régulièrement des cours de langue japonaise échelonnés sur plusieurs niveaux et des cours d'ikebana, l'art traditionnel de l'arrangement des fleurs à la mode du Pays du soleil levant. (Petit hic: ces cours ne se donnent qu'en anglais...)

On a également mis sur pied un comité culturel qui organise plusieurs activités pendant l'année (discours et présentations dans les écoles et auprès des groupes communautaires) et autour duquel gravitent quelques artistes. Le groupe de tambours japonais Arashi Daiko tient d'ailleurs ses répétitions dans les locaux du CCCJM.

Le 13 mai, le Centre tiendra son «bazar du printemps», de 11h30 à 16h dans sa salle principale du 8155 de la rue Rousselot. La population locale est chaleureusement invitée à venir découvrir la panoplie de produits dont la plupart sont fabriqués par les bénévoles du Centre: mets japonais, pâtisseries maison, artisanat, boutique japonaise... Et, comme dans tous les bazars, il sera possible de se procurer des livres, des articles ménagers, etc. Information: 728-1996.

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Paru dans Le Progrès Villeray du 30 avril 2000, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillonnage personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.