La Brigade Graffiti est en ville!

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Plusieurs quartiers de Montréal sont présentement visités par 120 jeunes armés de... rouleaux à peinture. Ces jeunes participent à un projet pilote de la Ville de Montréal et de Développement des ressources humaines Canada, dans le but de débarrasser le domaine privé des graffitis qui l'encombrent.

Jessy LaPointe

Douze équipes de dix jeunes formant la Brigade Graffiti sillonnent à vélo différents quartiers de la métropole pour nettoyer les graffitis non désirés, sur le domaine privé. C'est en effet sur les murs des établissements commerciaux et résidentiels de Montréal qu'on retrouve près de 65% des graffitis dénombrés lors de leur dernier recensement.

La main-d'oeuvre et la peinture blanche sont fournies gratuitement. Les propriétaires n'ont des frais à assumer que s'ils désirent faire repeindre leurs murs d'une couleur spécifique.

Les jeunes ont déjà commencé à faire du porte-à-porte et à proposer leurs services aux propriétaires de commerces et de résidences.

«Les jeunes doivent également faire face aux réticences de plusieurs personnes, qui refusent qu'on nettoie leur propriété par peur que les graffiteurs reviennent. Leur travail consiste donc à sensibiliser ces personnes à l'importance de persister», explique Anie Samson, conseillère municipale associée au Comité exécutif et responsable des dossiers relatifs à l'environnement.

Ce projet-pilote est financé par le gouvernement fédéral, pour un montant de 1,4 million$, dans le cadre du programme Service Jeunesse Canada. La Société de développement environnemental de Rosemont (SODER) s'occupe de la gestion administrative du projet, alors que douze organismes communautaires assurent la réalisation du projet à l'échelle des quartiers. Dans le quartier Villeray, c'est le Comité de citoyens Octave-Crémazie qui se charge de la gestion.

«Montréal a maintenant les moyens de lutter de manière appropriée contre ce phénomène typiquement urbain. C'est la première fois qu'un projet d'une telle envergure est réalisé en Amérique du Nord et nous en sommes très fiers», souligne Anie Samson.

Ce projet fait partie du plan d'intervention que pilote la Ville de Montréal en matière de lutte aux graffitis illégaux. L'une des principales mesures de ce plan comprend la création d'une nouvelle unité opérationnelle entièrement dédiée à l'enlèvement des graffitis sur le domaine public, qui regroupera une trentaine de personnes.

Aussi, dans les suites des campagnes graffiti et affichage sauvage menées par la Ville depuis 1996, le plan d'intervention prend en 1999 une nouvelle orientation par la création d'un véritable réseau graffitis. De concert avec les éco-quartiers et les organismes jeunesse, il s'agira de concentrer la production de graffiti à des endroits autorisés par tous, c'est-à-dire dans les zones où les jeunes pourront graffiter toute l'année.

La Ville de Montréal investit présentement 2,2 millions$ par année pour enrayer les graffitis sur le mobilier urbain, grâce à une équipe de techniciens qui se consacrent à temps plein à l'enlèvement des fameuses peintures indésirables. Ce nouveau projet-pilote se veut donc complémentaire à ces démarches.

«Nous voulons que le Montréal de l'an 2000 propose l'image d'une ville propre, fleurie, où il fait bon vivre», rappelle le maire Pierre Bourque, fidèle à son leitmotiv.

La conseillère Anie Samson soutient également que ces initiatives permettent effectivement de faire disparaître les graffitis: «Les expériences précédentes nous ont appris que 60% des graffitis reviennent après la première intervention, à 20% après la seconde et à seulement 10% à la troisième.»



Expérience de travail

Ces jeunes pourront, à travers ce projet, se familiariser avec le monde du travail, les techniques de recherche d'emploi, la connaissance de soi et le travail d'équipe, tout en améliorant l'environnement de Montréal. Ils collaborent également à des activités de sensibilisation et diffusent de l'information en vue de prévenir la délinquance et le vandalisme.

«Des projets comme celui-ci donnent aux jeunes des outils pour réussir dans la vie et leur permettent de nouer des liens positifs dans leur communauté», estime Pierre Pettigrew, ministre du Commerce international.

M. Pettigrew venait participer au lancement officiel du projet-pilote qu'il avait lui-même contribué à mettre sur pied du temps qu'il était encore ministre de Développement des ressources humaines Canada, avant le dernier remaniement ministériel.

 

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(Photo: Jacques Pharand)

Paru dans Le Progrès Villeray du 31 août 1999, page 3

Avertissement: Ce texte ne vise qu'à constituer un échantillonnage personnel des textes journalistiques de Jessy LaPointe et ne peut être utilisé ou copié qu'à des fins de consultation personnelle.