Nouvelles en vrac
Montréal, le 19 mars 2000
Le voici enfin, ce nouveau site Internet sur lequel je piochais depuis tant de temps!
Vous avez sous les yeux le résultat de plusieurs semaines de travail et dun nombre incalculable de nuits blanches passées à appliquer les dernières techniques de création de sites Internet. Même si le résultat demeure somme toute assez sobre, il nen demeure pas moins que jai dû assimiler un tas de bouquins pour en venir à bout. Sans compter que je me suis procuré un nouvel ordinateur et un scanneur
Si vous mavez parlé pendant les derniers mois, je vous ai sans doute annoncé que jétais en train dentreprendre une vaste «mise à niveau» de mes connaissances informatiques. Quand on pense que javais cessé de my intéresser dès 1993, on comprend lampleur de la tâche qui mattendait!
Ce que je vous propose, avec ce billet, cest un rendez-vous sporadique (Jécris cela pour ne pas mastreindre à un «deadline» supplémentaire dans une vie qui en est déjà remplie!) pour vous mettre au courant des dernières nouvelles me concernant, à supposer bien sûr que cela vous intéresse. Si vous êtes ici, cest déjà bon signe :)))
Je me permets donc de vous raconter les dernières nouveautés
Comme à peu près tous les résidants du Plateau, mes colocs et moi somme passés à un cheveu dêtre évincés de notre appartement pas la propriétaire qui voulait nous chasser pour signer un bail plus lucratif avec quelquun dautre. Heureusement que les lois de la Régie du logement existent, parce que je serais probablement en train déplucher les petites annonces du journal pour me reloger
Vous vous doutez bien quil y a toute une histoire qui se cache là-dessous, mais comme le Web a des oreilles, je vous suggère plutôt de mappeler, pour tous les détails croustillants sur les tractations que nous avons dû faire avec notre propriétaire, une Rosemontoise bien typique qui ne sest visiblement pas adaptée aux changements survenus depuis la mort de Duplessis et qui ne comprend toujours rien au concept de colocation. Elle nous croit encore, Catherine et moi, les «chambreurs» de Geneviève! Comme Geneviève a annoncé quelle pourrait partir au cours de lannée prochaine, la proprio a pris peur et nous a demandé ce quil adviendrait quand les «chambreurs» se retrouveraient seuls! Pfiou
Cest beau, madame, continuez à écouter La Petite Vie et Piment Fort et surtout, ne sortez pas de chez vous: il y a trop de nouvelles choses, dehors!
Dans un tout autre ordre didées, je dois vous raconter la dernière aventure qui mest arrivée, au journal.
Je me souviens que le président du syndicat de la GM de Boisbriand est déjà entré dans les bureaux du Courrier pour me péter la gueule, en 1998, pour un article peu flatteur concernant le syndicat. Je me souviens aussi que la secte Science of the Soul nous a déjà envoyé une mise en demeure me menaçant de poursuites judiciaires pour un article dans lequel javais mis en garde les résidants de Villeray contre ce groupe dont le gourou avait déjà martyrisé certaines de ses adeptes.
Bref, je prends tous ces événements avec un grain de sel, puisquils me confirment que je fais mon travail efficacement, en attaquant là où ça fait mal, au besoin. Cela fait partie du quotidien du journaliste.
Mais cette fois, jai été tout à fait déboussolé et jen ai eu les bras et les jambes coupés
Jai pondu un article sur les paroissiens de Saint-Alphonse-le-Grand et Sainte-Thérèse-de-lEnfant-Jésus, qui préparaient le plan daction pastoral de ces deux paroisses exigé à la suite du synode diocésain qui sest terminé lan dernier à Montréal.
Il ne faut surtout pas perdre de vue, dans cette histoire, que je suis un athée et que je suis farouchement anticlérical. Sil nen tenait quà moi, on raserait toutes les églises ou on les convertirait en condos ou en restaurants afin de bien marquer la fin de lobscurantisme que nous ont fait subir lÉglise catholique et ses surs depuis Jésus de Nazareth.
Cela dit, je considère primordial quun journaliste sadapte au public de ses lecteurs. Et comme je sais que mes lecteurs sont en majorité des personnes dun certain âge encore très attachées à leurs valeurs traditionnelles religieuses, jai pris lhabitude décrire de telle sorte que je ne froisse pas leurs convictions, dans un grand esprit de respect.
Comme vous pourrez le lire dans larticle qui suit, je me suis contenté de relater les propositions amenées par les participants, en soulignant toutefois, selon les propos recueillis auprès du curé de ces deux paroisses, que les représentants de Sainte-Thérèse-de-lEnfant-Jésus avaient une vision plus «traditionaliste» des activités dune paroisse et quils étaient moins enthousiastes que leurs vis-à-vis à lidée de réformer de fond en comble les pratiques paroissiales.
Eh bien! Ce nétait pas assez bien! Jai reçu un appel du curé, le mardi suivant la publication du dimanche. Je lui ai demandé sil allait bien, mais il ma répondu que ce nétait pas le cas, précisément à cause de larticle: certains paroissiens de Sainte-Thérèse-de-lEnfant-Jésus lavaient menacé de le destituer de sa charge de curé de leur paroisse et lui avaient annoncé quils avaient lintention de poursuivre le journal pour diffamation! Ils «buggaient» sur les mots «conservatisme» et «réfractaires».
Cette fois-là, je me suis retrouvé sans moyens. Avec toute la bonne volonté du monde, javais quand même froissé ces gens-là. Mon public. Ils faisaient preuve dencore plus de mauvaise foi et de méchanceté que ce que je leur prêtais. Je savais depuis longtemps que les «paroissiens impliqués» sont souvent les éléments les plus conservateurs, fermés et chiâleux dun quartier ou dune ville, mais jamais je ne me serais imaginé quils étaient aussi frileux au moindre commentaire sur leur cas. Et au lieu de mappeler et dentamer un dialogue, ils sattaquaient à leur curé! Cest une révolte bien mal placée.
La prochaine personne qui sannonce comme un «paroissien», je lattends avec une brique et un fanal!
L'article:
Les paroisses se remettent en question
Jessy LaPointe
C'est un fait connu: les églises se vident et les derniers fidèles pratiquants sont de plus en plus nombreux à envisager une révision complète de la vie paroissiale, question d'attirer quelques nouvelles têtes. Vous serez surpris de voir le tournant imaginé, par exemple, par les catholiques d'ici, à l'occasion du rassemblement des paroissiens de Saint-Alphonse-d'Youville et de Sainte-Thérèse-de-l'enfant-Jésus...
Une soixantaine de personnes actives dans ces deux paroisses se sont réunies, le 12 février, pour dresser un «plan d'action pastoral» qui sera soumis au vicaire épiscopal du Centre-Nord, l'un des «secteurs» du diocèse d'ici Pâques, en vue du plan diocésain qui devra être prêt en 2002, selon l'échéancier fixé lors du Synode diocésain dont le rapport a été déposé en mars 1999.
Et si les suggestions amenées par les participants étaient toutes appliquées, la messe en serait décidément transfigurée. On entrevoit sérieusement la possibilité de tenir les messes dans des locaux plus petits (en condamnant les bancs à l'arrière de la nef, entre autres) ou assis sur des chaises disposées en demi-cercle avec un autel au centre. On souhaite également impliquer davantage les fidèles en instaurant des homélies «dialoguées», diminuer le nombre de lectures, multiplier le nombre de temps de méditation, mettre plus d'allégresse dans les «Alléluia!», inclure des témoignages, etc. Bref, on pourrait revoir la messe catholique de fond en comble.
Il y a de très bonnes chances de voir ces idées devenir réalité, puisqu'elles répondent aux lignes directrices du Synode diocésain et que le curé des deux paroisses, Gilbert Lévesque, a déjà commencé à en appliquer quelques-unes, comme l'homélie «dialoguée»: «À la messe de 17h du dimanche, à Saint-Alphonse, j'interagis avec les gens dans l'assistance. Nous décortiquons ensemble le bout d'évangile qui a été lu. Certaines personnes se sont même mises à venir spécifiquement à cette messe là à cause de l'homélie dialogée», ajoute le curé.
Visites paroissiales
Si la vie paroissiale s'éteint, certains ne se résignent pas à lui administrer l'Extrême-Onction, mais envisagent plutôt de lui prodiguer un intense bouche-à-bouche... Ou plutôt un bon bouche-à-oreille: on pourrait mettre sur pied des équipes de deux paroissiens qui seraient chargés de visiter toutes les portes des paroisses pour «tisser des liens et pour bâtir des engagements chrétiens» et tenir des «réunions de cuisine» de quatre à cinq personnes dans les domiciles pour échanger. «Jésus-Christ ne disait pas aux gens de venir à l'église, mais il s'enquérait d'abord des besoins des gens. On sent donc une volonté de retourner aux origines», explique le curé Lévesque.
Dans un premier temps, les paroissiens qui passeront de porte en porte procéderaient à une distribution de questionnaires pour connaître les besoins de leurs voisins, aux niveaux financier, conjugal, spirituel, etc. pour dresser un portrait socio-culturel de leur milieu, puis des contacts plus étroits pourraient être tissés. Un sous-comité paroissial a d'ailleurs été formé pour mieux définir ce projet en particulier. Des efforts seront également déployés pour permettre aux chefs des nombreuses familles monoparentales du quartier de participer aux assemblées eucharistiques, en mettant sur pied des services de garderie.
Schisme?
Bref, toutes ces réformes envisagées semblent aller de soi, mais elles risquent d'affronter, dans toutes les paroisses, des mouvements de conservatisme qui ont déjà commencé à se pointer le bout du nez. Les paroissiens de Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, qui tiennent visiblement à conserver les pratiques dans lesquelles ils se reconnaissent depuis des lunes, se sont montrés si réfractaires aux réformes envisagées par leurs homologues de Saint-Alphonse que le curé Lévesque envisage de préparer deux plans différents qui seront présentés séparément au vicaire épiscopal du secteur Centre-Nord.