Plaque
commémorative de JACQUES ÉRICHÉ dit Louveteau en France

Québec, le 2 octobre 2007
Le 15 septembre dernier à Louvetot
en Normandie, messieurs Alain LEGRAND et Louis RICHER, respectivement maire de
l'endroit et représentant des Richer dit Louveteau d'Amérique, ont dévoilé une
plaque commémorative en hommage à Jacques ÉRICHÉ dit Louveteau, ancêtre des
Richer dit Louveteau d'Amérique.
Louvetot est une commune (municipalité) située en Normandie,
département de Seine-Maritime, entre Yvetot et Caudebec-en-Caux, à mi-chemin
entre Fécamp et Rouen. À ne pas confrondre avec un
lieu-dit appelé aussi Louvetot mais qui fait partie
de la commune de Grigneuseville, située à mi-chemin
entre Dieppe et Rouen.
En guise d'introduction, un programme souvenir fut remis
aux membres de la délégation.
Puis, la journée de commémoration débuta par une visite
régionale sous la direction de madame Maïté BREUQUE, secrétaire de
Un arrêt au cimetière permit de reconnaître des noms qui
sont familiers. On remarqua aussi le monument aux Morts qu'on retrouve dans
chaque commune de France et qui rend hommage aux enfants de l'endroit décédés pour
la patrie, en particulier à
La visite régionale fut suivie par un déjeuner qui eut lieu
au Rendez-vous des chasseurs à Sainte-Gertrude.
Le bon vin et le cidre à l'honneur, ce repas du midi s'est
vite transformé en fête de famille qui dura tout l'après-midi. Chacun se
présenta, ce qui permit d'établir les liens familiaux. De Sudbury à Atlanta, de
l'Irlande à Québec en passant par Montréal et Ottawa, du français à l'anglais,
on pouvait constater la diversité des descendants du même ancêtre.
Une messe d'action de Grâce fut célébrée à l'église
Notre-Dame de Louvetot. Deux extraits de
Par la suite, l'assistance se déplaça vers la mairie.
L'accueil se fit par un groupe folklorique régional qui, en costumes d'époque,
exécuta quelques danses et chansons du pays dont un extrait de Ma Normandie.
Puis, devant une foule nombreuse de louvetois et louvetoises et en présence de la délégation de Richer,
messieurs Alain LEGRAND et Louis RICHER dévoilèrent la plaque. En voici le
texte :
HOMMAGE
à Jacques ERICHE dit LOUVETEAU
Fils
de Jacques ERICHE et de Catherine PAIN de ce lieu
parti
en Nouvelle-France en tant que soldat du Roi de France
Il
épouse Marie GEOFFRION LE 07 AVRIL 1698 à Notre-Dame de MONTREAL
Leurs
enfants, Marie-Anne, François, Josephe, Jean-Baptiste
et Madeleine
ont
assuré leur descendance en Terre d'Amérique
En
présence de descendants Richer dit Louveteau d'Amérique et de
Alain
LEGRAND, Maire de Louvetot
le
15 septembre 2007
Cette plaque orne dorénavant
la façade de la mairie de Louvetot. Les discours de
messieurs LEGRAND et RICHER sont reproduits en annexe.
La cérémonie de dévoilement
fut suivie d'un vin d'honneur offert par la communauté de Louvetot.
L'occasion permit de rencontrer des citoyens de l'endroit ainsi que des Héricher qui demeurent dans la région. Madame Dominique
Carpentier, représentante des cercles de généalogie de
Aussi, cette rencontre permit
de faire connaissance avec la seule personne en Amérique qui porte le nom de Héricher : Monique Héricher
Barbas. Son ancêtre se prénomme également Jacques et sa famille vient de la
même région que le nôtre. Aussi, elle écrivait :
En vacances en Pays de
Caux notre terre natale, nous avons eu le plaisir d'assister au devoilement d'une plaque souvenir en hommage au premier Éricher ayant quitté son village de Louvetot
pour le Canada.Mon mari, nos enfants et moi avons
renouvelé cette aventure presque quatre cents ans plus tard.
En guise de souvenirs, on
distribua des fanions et des porte-clés à l'effigie de Louvetot
et le Maire présenta un drapeau de la commune au représentant des Richer.
Par la suite, la délégation
accompagnée de quelques invités se rendit au château de Valliquerville
où les attendait une réception. Ce lieu magnifique, en voie de restauration,
offre la possibilité de visiter un clos-masure, soit
une vaste propriété agricole entourée de hêtres surmontant de hauts talus. Là
encore, la bonne cuisine, les bons vins et la conversation étaient au
rendez-vous.
La journée pris fin non sans
regret de ne pas avoir eu suffisamment de temps pour mieux se connaître. À
quand la prochaine rencontre ? Serait-il téméraire de croire qu'elle pourrait
être à Montréal, lieu d'établissement de Jacques et des débuts de l'aventure
des ÉRICHÉ, maintenant Richer, en Amérique. L'occasion pourrait être le
lancement d'un dictionnaire de la famille. (Ce souhait fut réalisé les 2 et 3
juillet 2011 alors que plus de 250 Richer dit Louvetot
d’Amérique et leurs amis se sont rencontrés pour une fin de semaine de retrouvailles.)
Avant de terminer, il y a
lieu de remercier les autorités de Louvetot,
notamment le maire Alain LEGRAND, le premier adjoint Daniel LEBERQUIER et tout
spécialement la secrétaire de Mairie, madame Maïté BREUQUE pour leur accueil,
leur générosité et leur dévouement. Un mot de remerciement aussi à Terry L. Becker de Chicago pour sa généreuse contribution.
L'organisation d'un événement
à plus de 5000 kilomètres de distance n'est pas toujours facile et donne
parfois l'impression de « se lancer dans le vide ». Néanmoins, le résultat
donne le goût de recommencer.
À bientôt
Louis Richer, Québec
Discours du maire de Louvetot, monsieur
Alain LEGRAND
UN PEU D'HISTOIRE
LOCALE
Louvetot est un village du plateau de Caux. Nous sommes
actuellement 719 habitants.
Le plateau occupé à l'époque gallo-romaine, dévasté par les
invasions fut défriché de nouveau à partir du XIème
siècle sous la double influence des abbés de Saint Wandrille
et des seigneurs.
Ces derniers firent mettre en culture ou concédèrent aux paysans
une partie de leurs forêts de faible apport : le bois ne se vendait
avantageusement que près du fleuve sur lequel on pouvait le faire flotter et
les paysans avides de terres, empiètaient sans cesse
sur les futaies seigneuriales.
Ces parcelles leur furent attribuées et donnèrent naissance
aux biens communaux.
Le nom du village vient de Lupi Tecto : « la retraite ou repaire des loups », qui
descendaient par grand froid, il y a plus de cent ans, de la forêt de Maulévrier et décimaient les troupeaux.
Selon Ferdinand Lot, le suffixe « tot
» serait d'origine noroise (ancienne langue des
scandinaves) et aurait été apporté par les vikings, « tot
» en norois signifie herbage, endroit herbeux.
Nous avons toujours « la sente aux Pieds de Loup ».
L'ancien village occupait le site actuel du hameau du Vieux-Louvetot. On y voit un talus que forme l'enceinte et correspont probablement au tracé d'un camp romain
retranché.
Une voie romaine est existante dans ce hameau, elle suit le
CR 12 et CR 5.
Une motte, la butte Henri IV rappelle un épisode illustre
des guerres de religion, Henri IV mit en déroute 2000 ligueurs qui cherchaient
à passer le fleuve à Caudebec en Caux.
La butte Henri IV ainsi appelée à cause des guerres de la
ligue est sans doute antérieure à 1592. En avril 1592 le Vieux-Louvetot
et ses environs furent un champs de bataille.
Lors de ces combats le village fut détruit par les
Espagnols.
Il y avait jadis au Vieux-Louvetot
un prieuré et une grange aux dîmes où les paysans déposaient le dixième de leur
récolte, part due aux abbayes de St Georges de Boscherville
et de Saint Wandrille dont ils dépendaient.
De l'autre côté de la route : l'actuel LOUVETOT.
À la fin du XVIIIème siècle,
l'église primitivement du XIIIème siècle trop
délabrée, fût rebâtie sur un nouveau plan avec la pierre blanche des carrières
de St Wandrille.
Le clocher de style romain est du XIXème
siècle. Près de l'église au carrefour du village se dresse le calvaire élevé au
19ème Siècle lors d'une menace de peste.
Le village de Louvetot est
organisé en clos-masure.
La masure désignait à l'origine l'habitation paysanne avec
ses dépendances. La massure occupe à peu près 1/10
des terres. Le talus qui clôt la masure haut de 1,20 à 1,50 mètres, large de 2
m à la base appelé « fossé » est planté de hêtres et de chênes.
Il y a aussi,
Au XVème siècle un jeune mousse
de 12 ans nommé LEDUC, quitta Louvetot, pour le
Canada, il y a fait souche et l'on compte plus de 2000 LEDUC au Canada
français.
Touffreville-la-Corbeline : origine du nom Toufreville : du
latin villa, domaine rural, précédé du nom de personne scandinave ; Thorfrid :
La paroisse de Vert-Bosc est
réunie à celle de Toufreville-la-Corbeline par
ordonnance royale du 4 décembre 1822. Vert-Bosc est
seigneurie dès 1207, époque où les seigneurs de lieu donnent la cure aux
religieux d'Ouville-l'Abbaye. C'est au Money Âge une
baronnie rétalie par Louis XIV en faveur d'un
magistrat de Caudebec.
Saint-Wandrille-Rançon : origine du nom : de saint Wandrille,
fondateur de l'abbaye de Fontenelle et du gaulois rançon qui signifie rivière
aux roseaux.
Le vallon de Fontenelle n'est qu'une terre désertique quand
Wandrille y fonde l'abbaye en 652. Avec la présence
des abbés, le bourg devient un village, dont les chartes du XVIIIè
siècle montrent la prospérité. Les terres cultivées produisent diverses
céréales, tandis que les coteaux sont couverts de vignes et de pommiers.
Le village de Rançon rendu prospère par plusieurs moulins
établis sur la rivière, possède une léproserie dédiée à Saint Jacques en 1237.
Ce bâtiment ultérieurement devenu chapelle est vendue en 1791 comme bien
national avant de disparaître. En 1825 Rançon est rattaché à Saint-Wandrille.
Caudebec en Caux : origine du nom : de Caldebec,
ruisseau froid, dérivé du scandinave kald, froid, et belk, ruisseau.
Blason : 3 éperlans sur fond bleu, reconnus par Louis XIV
comme des saumons, par allusion au port de pêche de Caudebec.
La première mention de Caldebec
apparaît sur une chartre de 1024. L'endroit dépend alors de l'abbaye de Saint Wandrille. Au XIVème siècle,
Caudebec devient le siège du Grand Baillage de Caux, dont les fonctions sont à
la fois administratives et fiscales, judiciaires et militaires.
Au XIXème siècle les tanneries et
les ateliers de coton constituent l'activité industrielle principale avant que
s'y installe l'usine d'aéronautique Latham.
Au cours de la seconde guerre mondiale, Caudebec est
largement détruit par les bombardements de juin 1940.
La maison des templiers date du XIIIème
siècle, l'église Notre Dame de Caudebec en Caux date du XVème
et XVIème siècles, architecte ; Guillaume LETELLIER.
Maulévrier Sainte-Gertrude : origine du nom
: du latin malus leporarius : mauvaise garenne, et du
nom de la première abesse de Nivelles, dont les
reliques ont été ramenées par les moines de Saint Wandrille
réfugiés en Flandre durant les invasions normandes.
La commune est née de la réunion en 1823 de deux anciennes
paroisses : Maulévrier, située en lisière de forêt
sur le plateau de caux, et Sainte Gertrude implantée
dans la vallée.
Le restaurant « au Rendez-vous des chasseurs » est à Sainte
Gertrude où l'église est du XVème siècle, consacrée
en 1519 par l'évêque de Berycée, elle accueille en
1569 Catherine de Médicis et son fils, le futur Charles IX de passage au pays.
Note : L'ancêtre des LEDUC est originaire du lieu-dit Louvetot qui fait partie de la commune de Grigneuseville. Le nom de la place publique devant la
chapelle rappelle le souvenir de l'ancêtre, Antoine LEDUC.
Discours de
Louis Richer, représentant des Richer dit Louveteau d'Amérique
Monsieur le Maire, distingués invités, chers parents,
cousins, cousines et amis :
En dévoilant cette plaque, je me suis demandé ce que penserait
notre ancêtre Jacques s'il était parmi nous aujourd'hui; et de cet événement et
de sa progéniture en Terre d'Amérique.
Nous connaissons peu de choses sur son enfance : il a perdu
ses parents alors qu'il était encore jeune. A-t-il été élevé par un parent,
parrain ou marraine, un voisin ou est-il devenu pupille du Roi? On ne le sait
pas. Espérons que de nouvelles recherches pourront donner réponses à ces
questions.
Jacques est venu en Amérique en tant que soldat des troupes
franches de
En passant l'Hôtel-Dieu de Québec
est le plus vieil hôpital, aujourd'hui on dirait centre hospitalier, au nord de
Mexico. Il a été fondé en 1639 par trois hospitalières venues de Dieppe. De nos
jours, ce centre hospitalier est reconnu dans les domaines de la recherche et
du traîtement du cancer.
En 1698, on retrouve Jacques à Montréal. Il épouse la veuve
d'un militaire, la veuve
Jacques et Marie ont une nombreuse famille dont six, trois
fils et trois filles, atteignent l'âge de se marier. Un des fils engagé dans la
traîte des fourrures, disparaît quelque part dans les
Pays d'en Haut, aujourd'hui la région des Grands Lacs. Les deux autres,
François et Jean-Baptiste se marient et sont à l'origine de tous les Richer dit
Louvetot d'Amérique. Les filles, Marie-Anne, Josephe (Cécile) et Madeleine sont les ancêtres maternelles
des nombreuses familles Joly, Plouffe et Laviolette.
Tous sont établis sur l'île de Montréal. Puis, à la
génération suivante, la troisième, plusieurs suivent un premier mouvement de
colonisation vers le nord de Montréal, de nos jours les Basses-Laurentides,
la grande région de Saint-Eustache. Par ailleurs, plusieurs descendants de
Jean-Baptiste investissent plutôt l'Ouest de l'île de Montréal, notamment la
région actuelle de Pierrefonds où leurs progénitures sont toujours présentes
après plus de dix générations. Ils sont bien représentés à l'occasion de cette
journée.
Après le nord de Montréal, la génération suivante va
s'établir encore plus loin à l'ouest : aujourd'hui l'Est de l'Ontario, puis le
Nord de l'Ontario, pays de mines et de forêts et aussi le Nord de l'état actuel
de New York.
Nous sommes en Amérique et les Richer répondent à l'appel :
Go West Young Man. On investit donc le Midwest américain : l'Illinois où on y
rencontre de nos jours « A ton of Richey », le
Minnesota où on fait la connaissance des Leftot,
dérivé de Louvetot. Et encore plus loin, le
Wisconsin, l'Orégon et finalement
De nos jours, les descendants de Jacques et Marie se
retrouvent aux quatres coins du continent
nord-américain.
Il est temps que je revienne à mon interrogation du début.
Sans doute que notre ancêtre serait surpris de l'hommage qu'on lui rend
aujourd'hui. Aussi, il serait content de ses descendants qui participent
pleinement mais de différentes façons à l'essor du continent nord-américain.
Quant à moi, j'espère que cette plaque sera un point de
chute, un lieu de ralliement pour notre grande famille au pays de notre ancêtre
que nous aimons et que nous visitons avec enthousiasme. Aussi, je souhaite que
cette plaque soit un gage de l'amitié entre nos communautés.
Vivre Louvetot, Vivre les Richer
dit Louvetot d’Amérique.
Photos
de l’événement
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