Plaque commémorative de JACQUES ÉRICHÉ dit Louveteau en France

 

 

Québec, le 2 octobre 2007

Le 15 septembre dernier à Louvetot en Normandie, messieurs Alain LEGRAND et Louis RICHER, respectivement maire de l'endroit et représentant des Richer dit Louveteau d'Amérique, ont dévoilé une plaque commémorative en hommage à Jacques ÉRICHÉ dit Louveteau, ancêtre des Richer dit Louveteau d'Amérique.

Louvetot est une commune (municipalité) située en Normandie, département de Seine-Maritime, entre Yvetot et Caudebec-en-Caux, à mi-chemin entre Fécamp et Rouen. À ne pas confrondre avec un lieu-dit appelé aussi Louvetot mais qui fait partie de la commune de Grigneuseville, située à mi-chemin entre Dieppe et Rouen.

En guise d'introduction, un programme souvenir fut remis aux membres de la délégation.

Puis, la journée de commémoration débuta par une visite régionale sous la direction de madame Maïté BREUQUE, secrétaire de la Mairie. Les participants, au nombre d'une vingtaine de Richer d'Amérique accompagnés du premier adjoint au maire, monsieur Daniel LEBERQUIER, ont pu admirer le patrimoine historique de la ville de Caudebec-en-Caux, notamment l'église paroissiale épargnée lors de la seconde Guerre Mondiale, l'abbaye de Saint-Wandrille fondée en 649 et dont dépendait l'établissement de Louvetot au temps de Jacques ÉRICHÉ et Touffreville-la-Corbeline, pays de la famille PAIN et lieu d'origine possible de Catherine PAIN, la mère de Jacques.

Un arrêt au cimetière permit de reconnaître des noms qui sont familiers. On remarqua aussi le monument aux Morts qu'on retrouve dans chaque commune de France et qui rend hommage aux enfants de l'endroit décédés pour la patrie, en particulier à la Grande Guerre 1914-1918. Enfin, certains prirent des photos de maisons ou bâtiments aux toits de chaume, représentatifs du patrimoine cauchois.

La visite régionale fut suivie par un déjeuner qui eut lieu au Rendez-vous des chasseurs à Sainte-Gertrude. Le bon vin et le cidre à l'honneur, ce repas du midi s'est vite transformé en fête de famille qui dura tout l'après-midi. Chacun se présenta, ce qui permit d'établir les liens familiaux. De Sudbury à Atlanta, de l'Irlande à Québec en passant par Montréal et Ottawa, du français à l'anglais, on pouvait constater la diversité des descendants du même ancêtre.

Une messe d'action de Grâce fut célébrée à l'église Notre-Dame de Louvetot. Deux extraits de la Bible, dont un de l'épître aux Hébreux invoquant le passage du peuple de Moïse vers la Terre promise, fut mis en parallèle avec le départ de Jacques vers l'Amérique.

Par la suite, l'assistance se déplaça vers la mairie. L'accueil se fit par un groupe folklorique régional qui, en costumes d'époque, exécuta quelques danses et chansons du pays dont un extrait de Ma Normandie. Puis, devant une foule nombreuse de louvetois et louvetoises et en présence de la délégation de Richer, messieurs Alain LEGRAND et Louis RICHER dévoilèrent la plaque. En voici le texte :

HOMMAGE à Jacques ERICHE dit LOUVETEAU

Fils de Jacques ERICHE et de Catherine PAIN de ce lieu

parti en Nouvelle-France en tant que soldat du Roi de France

Il épouse Marie GEOFFRION LE 07 AVRIL 1698 à Notre-Dame de MONTREAL

Leurs enfants, Marie-Anne, François, Josephe, Jean-Baptiste et Madeleine

ont assuré leur descendance en Terre d'Amérique

En présence de descendants Richer dit Louveteau d'Amérique et de

Alain LEGRAND, Maire de Louvetot

le 15 septembre 2007

Cette plaque orne dorénavant la façade de la mairie de Louvetot. Les discours de messieurs LEGRAND et RICHER sont reproduits en annexe.

La cérémonie de dévoilement fut suivie d'un vin d'honneur offert par la communauté de Louvetot. L'occasion permit de rencontrer des citoyens de l'endroit ainsi que des Héricher qui demeurent dans la région. Madame Dominique Carpentier, représentante des cercles de généalogie de la Normandie était également présente. Des contacts eurent lieu afin de poursuivre les recherches qui pourraient permettre d'établir les liens entre la famille de Jacques ÉRICHÉ et les ancêtres de ces derniers.

Aussi, cette rencontre permit de faire connaissance avec la seule personne en Amérique qui porte le nom de Héricher : Monique Héricher Barbas. Son ancêtre se prénomme également Jacques et sa famille vient de la même région que le nôtre. Aussi, elle écrivait :

En vacances en Pays de Caux notre terre natale, nous avons eu le plaisir d'assister au devoilement d'une plaque souvenir en hommage au premier Éricher ayant quitté son village de Louvetot pour le Canada.Mon mari, nos enfants et moi avons renouvelé cette aventure presque quatre cents ans plus tard.

En guise de souvenirs, on distribua des fanions et des porte-clés à l'effigie de Louvetot et le Maire présenta un drapeau de la commune au représentant des Richer.

Par la suite, la délégation accompagnée de quelques invités se rendit au château de Valliquerville où les attendait une réception. Ce lieu magnifique, en voie de restauration, offre la possibilité de visiter un clos-masure, soit une vaste propriété agricole entourée de hêtres surmontant de hauts talus. Là encore, la bonne cuisine, les bons vins et la conversation étaient au rendez-vous.

La journée pris fin non sans regret de ne pas avoir eu suffisamment de temps pour mieux se connaître. À quand la prochaine rencontre ? Serait-il téméraire de croire qu'elle pourrait être à Montréal, lieu d'établissement de Jacques et des débuts de l'aventure des ÉRICHÉ, maintenant Richer, en Amérique. L'occasion pourrait être le lancement d'un dictionnaire de la famille. (Ce souhait fut réalisé les 2 et 3 juillet 2011 alors que plus de 250 Richer dit Louvetot d’Amérique et leurs amis se sont rencontrés pour une fin de semaine de retrouvailles.)

Avant de terminer, il y a lieu de remercier les autorités de Louvetot, notamment le maire Alain LEGRAND, le premier adjoint Daniel LEBERQUIER et tout spécialement la secrétaire de Mairie, madame Maïté BREUQUE pour leur accueil, leur générosité et leur dévouement. Un mot de remerciement aussi à Terry L. Becker de Chicago pour sa généreuse contribution.

L'organisation d'un événement à plus de 5000 kilomètres de distance n'est pas toujours facile et donne parfois l'impression de « se lancer dans le vide ». Néanmoins, le résultat donne le goût de recommencer.

À bientôt

Louis Richer, Québec

 

Discours du maire de Louvetot, monsieur Alain LEGRAND

UN PEU D'HISTOIRE LOCALE

Louvetot est un village du plateau de Caux. Nous sommes actuellement 719 habitants.

Le plateau occupé à l'époque gallo-romaine, dévasté par les invasions fut défriché de nouveau à partir du XIème siècle sous la double influence des abbés de Saint Wandrille et des seigneurs.

Ces derniers firent mettre en culture ou concédèrent aux paysans une partie de leurs forêts de faible apport : le bois ne se vendait avantageusement que près du fleuve sur lequel on pouvait le faire flotter et les paysans avides de terres, empiètaient sans cesse sur les futaies seigneuriales.

Ces parcelles leur furent attribuées et donnèrent naissance aux biens communaux.

Le nom du village vient de Lupi Tecto : « la retraite ou repaire des loups », qui descendaient par grand froid, il y a plus de cent ans, de la forêt de Maulévrier et décimaient les troupeaux.

Selon Ferdinand Lot, le suffixe « tot » serait d'origine noroise (ancienne langue des scandinaves) et aurait été apporté par les vikings, « tot » en norois signifie herbage, endroit herbeux.

Nous avons toujours « la sente aux Pieds de Loup ».

L'ancien village occupait le site actuel du hameau du Vieux-Louvetot. On y voit un talus que forme l'enceinte et correspont probablement au tracé d'un camp romain retranché.

Une voie romaine est existante dans ce hameau, elle suit le CR 12 et CR 5.

Une motte, la butte Henri IV rappelle un épisode illustre des guerres de religion, Henri IV mit en déroute 2000 ligueurs qui cherchaient à passer le fleuve à Caudebec en Caux.

La butte Henri IV ainsi appelée à cause des guerres de la ligue est sans doute antérieure à 1592. En avril 1592 le Vieux-Louvetot et ses environs furent un champs de bataille.

Lors de ces combats le village fut détruit par les Espagnols.

Il y avait jadis au Vieux-Louvetot un prieuré et une grange aux dîmes où les paysans déposaient le dixième de leur récolte, part due aux abbayes de St Georges de Boscherville et de Saint Wandrille dont ils dépendaient.

De l'autre côté de la route : l'actuel LOUVETOT.

À la fin du XVIIIème siècle, l'église primitivement du XIIIème siècle trop délabrée, fût rebâtie sur un nouveau plan avec la pierre blanche des carrières de St Wandrille.

Le clocher de style romain est du XIXème siècle. Près de l'église au carrefour du village se dresse le calvaire élevé au 19ème Siècle lors d'une menace de peste.

Le village de Louvetot est organisé en clos-masure.

La masure désignait à l'origine l'habitation paysanne avec ses dépendances. La massure occupe à peu près 1/10 des terres. Le talus qui clôt la masure haut de 1,20 à 1,50 mètres, large de 2 m à la base appelé « fossé » est planté de hêtres et de chênes.

Il y a aussi,

Au XVème siècle un jeune mousse de 12 ans nommé LEDUC, quitta Louvetot, pour le Canada, il y a fait souche et l'on compte plus de 2000 LEDUC au Canada français.

Touffreville-la-Corbeline : origine du nom Toufreville : du latin villa, domaine rural, précédé du nom de personne scandinave ; Thorfrid : la Corbelin indique le nom des propriétaires du lieu.

La paroisse de Vert-Bosc est réunie à celle de Toufreville-la-Corbeline par ordonnance royale du 4 décembre 1822. Vert-Bosc est seigneurie dès 1207, époque où les seigneurs de lieu donnent la cure aux religieux d'Ouville-l'Abbaye. C'est au Money Âge une baronnie rétalie par Louis XIV en faveur d'un magistrat de Caudebec.

Saint-Wandrille-Rançon : origine du nom : de saint Wandrille, fondateur de l'abbaye de Fontenelle et du gaulois rançon qui signifie rivière aux roseaux.

Le vallon de Fontenelle n'est qu'une terre désertique quand Wandrille y fonde l'abbaye en 652. Avec la présence des abbés, le bourg devient un village, dont les chartes du XVIIIè siècle montrent la prospérité. Les terres cultivées produisent diverses céréales, tandis que les coteaux sont couverts de vignes et de pommiers.

Le village de Rançon rendu prospère par plusieurs moulins établis sur la rivière, possède une léproserie dédiée à Saint Jacques en 1237. Ce bâtiment ultérieurement devenu chapelle est vendue en 1791 comme bien national avant de disparaître. En 1825 Rançon est rattaché à Saint-Wandrille.

Caudebec en Caux : origine du nom : de Caldebec, ruisseau froid, dérivé du scandinave kald, froid, et belk, ruisseau.

Blason : 3 éperlans sur fond bleu, reconnus par Louis XIV comme des saumons, par allusion au port de pêche de Caudebec.

La première mention de Caldebec apparaît sur une chartre de 1024. L'endroit dépend alors de l'abbaye de Saint Wandrille. Au XIVème siècle, Caudebec devient le siège du Grand Baillage de Caux, dont les fonctions sont à la fois administratives et fiscales, judiciaires et militaires.

Au XIXème siècle les tanneries et les ateliers de coton constituent l'activité industrielle principale avant que s'y installe l'usine d'aéronautique Latham.

Au cours de la seconde guerre mondiale, Caudebec est largement détruit par les bombardements de juin 1940.

La maison des templiers date du XIIIème siècle, l'église Notre Dame de Caudebec en Caux date du XVème et XVIème siècles, architecte ; Guillaume LETELLIER.

Maulévrier Sainte-Gertrude : origine du nom : du latin malus leporarius : mauvaise garenne, et du nom de la première abesse de Nivelles, dont les reliques ont été ramenées par les moines de Saint Wandrille réfugiés en Flandre durant les invasions normandes.

La commune est née de la réunion en 1823 de deux anciennes paroisses : Maulévrier, située en lisière de forêt sur le plateau de caux, et Sainte Gertrude implantée dans la vallée.

Le restaurant « au Rendez-vous des chasseurs » est à Sainte Gertrude où l'église est du XVème siècle, consacrée en 1519 par l'évêque de Berycée, elle accueille en 1569 Catherine de Médicis et son fils, le futur Charles IX de passage au pays.

Note : L'ancêtre des LEDUC est originaire du lieu-dit Louvetot qui fait partie de la commune de Grigneuseville. Le nom de la place publique devant la chapelle rappelle le souvenir de l'ancêtre, Antoine LEDUC.

 

Discours de Louis Richer, représentant des Richer dit Louveteau d'Amérique

Monsieur le Maire, distingués invités, chers parents, cousins, cousines et amis :

En dévoilant cette plaque, je me suis demandé ce que penserait notre ancêtre Jacques s'il était parmi nous aujourd'hui; et de cet événement et de sa progéniture en Terre d'Amérique.

Nous connaissons peu de choses sur son enfance : il a perdu ses parents alors qu'il était encore jeune. A-t-il été élevé par un parent, parrain ou marraine, un voisin ou est-il devenu pupille du Roi? On ne le sait pas. Espérons que de nouvelles recherches pourront donner réponses à ces questions.

Jacques est venu en Amérique en tant que soldat des troupes franches de la Marine dont le mandat était le maintien de la paix et du bon ordre dans les colonies du roi de France. En 1696, il est hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Québec à quatre reprises. Il en sort guéri grâce, sans doute, aux bons soins des religieuses hospitalières.

En passant l'Hôtel-Dieu de Québec est le plus vieil hôpital, aujourd'hui on dirait centre hospitalier, au nord de Mexico. Il a été fondé en 1639 par trois hospitalières venues de Dieppe. De nos jours, ce centre hospitalier est reconnu dans les domaines de la recherche et du traîtement du cancer.

En 1698, on retrouve Jacques à Montréal. Il épouse la veuve d'un militaire, la veuve La Varenne, une Canadienne née Marie Geoffrion. Il avait reçu l'autorisation du gouverneur général de la Nouvelle-France, le comte Buade de Frontenac pour se marier. Démobilisé, il reçoit en concession une terre au centre de l'île de Montréal, de la part des Messieurs de Saint-Sulpice, seigneurs des lieux.

Jacques et Marie ont une nombreuse famille dont six, trois fils et trois filles, atteignent l'âge de se marier. Un des fils engagé dans la traîte des fourrures, disparaît quelque part dans les Pays d'en Haut, aujourd'hui la région des Grands Lacs. Les deux autres, François et Jean-Baptiste se marient et sont à l'origine de tous les Richer dit Louvetot d'Amérique. Les filles, Marie-Anne, Josephe (Cécile) et Madeleine sont les ancêtres maternelles des nombreuses familles Joly, Plouffe et Laviolette.

Tous sont établis sur l'île de Montréal. Puis, à la génération suivante, la troisième, plusieurs suivent un premier mouvement de colonisation vers le nord de Montréal, de nos jours les Basses-Laurentides, la grande région de Saint-Eustache. Par ailleurs, plusieurs descendants de Jean-Baptiste investissent plutôt l'Ouest de l'île de Montréal, notamment la région actuelle de Pierrefonds où leurs progénitures sont toujours présentes après plus de dix générations. Ils sont bien représentés à l'occasion de cette journée.

Après le nord de Montréal, la génération suivante va s'établir encore plus loin à l'ouest : aujourd'hui l'Est de l'Ontario, puis le Nord de l'Ontario, pays de mines et de forêts et aussi le Nord de l'état actuel de New York.

Nous sommes en Amérique et les Richer répondent à l'appel : Go West Young Man. On investit donc le Midwest américain : l'Illinois où on y rencontre de nos jours « A ton of Richey », le Minnesota où on fait la connaissance des Leftot, dérivé de Louvetot. Et encore plus loin, le Wisconsin, l'Orégon et finalement la Californie.

De nos jours, les descendants de Jacques et Marie se retrouvent aux quatres coins du continent nord-américain.

Il est temps que je revienne à mon interrogation du début. Sans doute que notre ancêtre serait surpris de l'hommage qu'on lui rend aujourd'hui. Aussi, il serait content de ses descendants qui participent pleinement mais de différentes façons à l'essor du continent nord-américain.

Quant à moi, j'espère que cette plaque sera un point de chute, un lieu de ralliement pour notre grande famille au pays de notre ancêtre que nous aimons et que nous visitons avec enthousiasme. Aussi, je souhaite que cette plaque soit un gage de l'amitié entre nos communautés.

Vivre Louvetot, Vivre les Richer dit Louvetot d’Amérique.

 

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