LES RICHER À TRAVERS L’AMÉRIQUE


À la demande de certains d’entre vous, nous présentons un aperçu de notre conférence intitulée La traversée d’un océan et d’un continent prononcée à l’occasion du premier rassemblement des Richer dit Louvetot, les 2 et 3 juillet 2011 à Montréal. Plus de 200 participants venus des quatre coins du continent nord-américain étaient présents. L’objectif de l’exposé était de démontrer comment à partir de Montréal, lieu d’établissement en 1698 du couple fondateur de cette famille nord-américaine, leurs descendants ont investi l’Amérique par la suite.

 

Nous vous invitons donc à faire connaissance avec des Richer et leurs épouses qui ont fait partie du grand mouvement migratoire qui a amené tant de Québécois à traverser le continent et à s’établir à différents endroits au cours des derniers siècles. 

 

La traversée d’un océan

 

D’abord rappelons que Jacques Richer (Ériché) a traversé l’Atlantique depuis la France pour débarquer à Québec vers 1693. Il était originaire de Louvetot, une communauté faisant partie actuellement du département de la Seine-Maritime en Normandie, à quelque distance de la ville de Rouen. Une plaque apposée en 2007 sur la façade de l’hôtel de ville rappelle sa mémoire. Jacques est venu en Nouvelle-France en temps que soldat des Compagnies franches de la Marine responsables de la sécurité quotidienne dans les colonies du Roi de France.

 

Montréal : Début de l’aventure nord-américaine

 

Après quelques années de service militaire, Jacques a épousé Marie Joffrion (Geoffrion) à Notre-Dame de Montréal, le 7 avril 1698. Elle était originaire de Verchères et veuve d’un premier militaire, Pierre La Varenne. De la caserne, Jacques est passé à l’agriculture. Dès 1702, lui et son épouse se sont installés sur une terre concédée par les seigneurs de l’île de Montréal, les Messieurs de Saint-Sulpice. Cette concession était située dans la côte Saint-Michel, aujourd’hui la rue Jarry Est. À l’époque, l’île de Montréal était en pleine période de colonisation.

 

Jacques et Marie ont fait partie de la première cohorte d’occupants de la côte Saint-Michel. De nos jours, cette terre serait située entre les boulevards Saint-Michel et Pie-IX, à la hauteur de la 18e Avenue, et entrecoupée par le boulevard Métropolitain. Ils ont vendu leur terre en 1736 après y avoir élevé une nombreuse famille. Né vers 1664 en France, Jacques est décédé chez sa fille Cécile à Saint-Laurent,  le 24 décembre 1747. Son épouse, Marie, née le 25 mars 1672, est morte le 10 mars 1756 à Montréal, probablement à l’Hôpital général tenu par les sœurs de la Charité ou sœurs Grises. 

 

Deux des fils de Jacques et Marie, François (22 octobre 1702 -26 décembre 1763) et Jean-Baptiste (18 avril 1705-1er juin 1770) vont perpétuer le nom de Richer en terre d’Amérique. François a épousé en premières noces Marie-Anne Brunet dit Letang (3 septembre 1704 – 23 octobre 1744) le 18 octobre 1723 à Saint-Laurent et en secondes noces Marie-Josephe Normand dit Jolicoeur (17 mars 1721 – 14 mars 1787) le 11 octobre 1745 au Sault-au-Récollet. Jean-Baptiste a convolé avec Marie-Anne Jarry dit Henry (Henrichon) (12 mars 1712 – 13 mars 1787) le 22 janvier 1731 à Notre-Dame de Montréal. Tous sont nés, se sont mariés et sont décédés sur l’île de Montréal.

 

Les Richer dans l’Ouest de l’île de Montréal

 

Tandis que François a habité différents endroits sur l’île de Montréal puis sur l’île Bizard, Jean-Baptiste s’est installé après son mariage dans l’Ouest de Montréal, dans la côte Saint-Rémi, aujourd’hui montée des Sources. Jean-Baptiste a eu quatre fils : François, Joseph-Marie, Jean-Baptiste et Joachim qui sont les ancêtres de nombreux Richer de Montréal. D’ailleurs, le cimetière de Sainte-Geneviève-de-Pierrefonds comprend le plus grand nombre de sépultures de Richer au Québec, soit plus de deux cents.

 

Les Richer dans les Basses-Laurentides

 

Dès la troisième génération, certains Richer s’aventurent à l’extérieur de l’île de Montréal. Paul, le fils de François, s’installe en plein pays de colonisation, dans la seigneurie de la Rivière-du-Chêne (Saint-Eustache). Pendant ces premières années de mariage, il avait défriché des terres sur l’île Bizard. Il avait épousé Cécile Brisebois le 22 mai 1758 à Sainte-Geneviève-de-Pierrefonds. Arrivé à Saint-Eustache en 1767, il achetait des terres « en bois debout », les défrichait et les revendait avec profit. Il est décédé le 27 janvier 1821. Il habitait dans le rang La Fresnière. Son épouse, Cécile, était décédée deux ans auparavant, le 5 octobre 1819 au même endroit. Leur terre est la propriété de la famille Spénard depuis les années 1830.

 

Quatre des fils de Paul et Cécile se sont établis dans les paroisses de Saint-Eustache et de Saint-Benoît, celle-ci fondée en 1799. Arrêtons-nous au cas de Paul fils. Marié avec Marie Jammes dit Carrière le 19 mai 1783 à Pointe-Claire, défricheur et cultivateur comme son père, il s’était établi à Saint-Benoît, près de l’église actuelle. Ils ont eu onze fils qui se sont mariés et ont eu pour la plupart de nombreuses familles.

 

Plusieurs descendants de Paul père et de Paul fils ont peuplé la région des Basses-Laurentides. Paul fils, né le 18 juillet 1760 à l’île Bizard, est décédé le 10 avril 1836 et inhumé deux jours plus tard dans la crypte de l’église de Saint-Benoît. Son épouse, Marie, était née le 5 juin 1762. Son décès se situe entre 1831 et 1836. 

 

Les Richer dans les Hautes-Laurentides

 

Parmi les Richer établis dans les Hautes-Laurentides, nous retenons le couple d’Absalon Richer et de Claudia Filion établi à Mont-Laurier vers 1910. Absalon est le fils d’Hilaire Richer et de Caroline Campeau. Il est né le 31 mars 1883 à Saint-Jovite. Sa famille était de Sainte-Scholastique. Il a épousé Claudia Filion le 4 avril 1910 à Saint-Jovite. Ils ont eu douze enfants. Absalon est décédé le 16 juillet 1968 à Mont-Laurier et son épouse, Claudia, née le 20 mai 1889, le 21 juin 1937 au même endroit. Leur nombreuse descendance est toujours très présente dans les Hautes-Laurentides. 

 

Les Richer dans l’Outaouais

 

Joseph Richer est né le 16 mars 1831 à Saint-Benoît et Olive Grignon le 28 mai 1832, probablement à Saint-Jérôme. Ils se sont mariés le 26 mai 1851 à ce dernier endroit avant d’aller s’établir à Saint-André-Avellin en 1857. Ils ont eu onze enfants dont cinq fils, Médard, Omer, Wilfrid-Damien (voir les Richer en Saskatchewan), Oscar et Joseph. Leur nombreuse descendance se retrouve dans l’Outaouais. Joseph est décédé le 7 juillet 1911 à Saint-André-Avellin et son épouse, Olive, le 18 octobre 1921 au même endroit.    

 

Les Richer au Saguenay-Lac-Saint-Jean

 

On compte peu de Richer établis à l’est de Montréal. Voici donc une exception de taille : les Richer du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Trois frères, Félix (Philippe), Eustache et Olivier se sont établis dans cette région au début du XXe siècle. Ils étaient les fils de Félix Richer et d’Alzire Major de Saint-Benoît. Félix est né le 15 mars 1869 à Saint-Benoît et ses deux frères les 17 septembre 1892 et 14 décembre 1894 à Curran, Ontario où la famille s’était déplacée. Félix et son épouse, Marie Lemieux, mariés vers 1890, sont arrivés à Roberval vers 1900. Ils ont eu dix enfants. Félix est décédé à Montréal le 9 février 1934 et inhumé à Dolbeau. Marie, née le 15 mars 1869, est décédée le 8 novembre 1928 à ce dernier endroit. Eustache a épousé Marie-Luce Bouchard le 29 octobre 1917 à Roberval. Ils ont eu six enfants. Eustache est décédé le 7 janvier 1969 à L’Orignal, Ontario. Olivier a épousé Léontine Fortin le 5 août 1919 à Roberval. Ils ont eu dix-sept enfants. Olivier est décédé le 28 novembre 1970 à Roberval et son épouse, Léontine, née le 5 août 1919, le 11 octobre 1984 au même endroit. La descendance de ces trois frères assure la présence des Richer au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

 

Les Richer dans l’Est de l’Ontario

 

Eustache Richer et son épouse, Olive Dupras, sont à l’origine de nombreux Richer de l’Est de l’Ontario. Eustache était un des onze fils de Paul et Marie Jammes dit Carrière. Né le 1er octobre 1807 à Saint-Benoît, il s’est marié le 14 avril 1834 au même endroit. Eustache et Olive ont eu quatorze enfants tous nés à Saint-Benoît. La famille s’est établie en 1861 dans le canton d’Hawkesbury-Est, dans la paroisse de Saint-Eugène-de-Prescott, à la limite du Québec. Leurs fils Cyrille, Léandre, Anthyme, Félix et Jérémie se sont installés également dans l’Est de l’Ontario. Eustache est décédé le 12 mars 1886 à Sainte-Justine-de-Newton, près du canton d’Hawkesbury-Est.

 

Les Richer dans le Nord de l’Ontario

 

Zéphirin Richer et son épouse, Clémentine Charrette, sont à l’origine des Richer du Nord de l’Ontario, soit de la grande région de Sudbury. Zéphirin est né le 22 août 1869 à Clarence Creek, dans l’Est de l’Ontario. Il était le fils de Michel Richer de Saint-Benoît et de Zoé Ethier, mariés le 29 janvier 1855 à Saint-Placide, autre famille Richer pionnière de l’Est de l’Ontario arrivée vers 1856. Zéphirin et Clémentine ont eu seize enfants, tous nés dans la région de Sudbury. Zéphirin est décédé le 25 décembre à Sudbury, son épouse, Clémentine, le 13 mai 1930 au même endroit.

 

Les Richer au Manitoba

 

Isaïe Richer a quitté Hull où il avait été maire et marchand pour aller s’établir à Sainte-Anne-des-Chênes. Il était né le 4 novembre 1844 à Saint-Benoît et était le fils de Jean-Baptiste Richer et d’Anastasie Brazeau. Il avait marié Léocadie Germain le 31 août 1869 à Ottawa. Petit-fils d’un Patriote de 1837-1838, grand admirateur du premier ministre sir Wilfrid Laurier, il a été également été maire de Sainte-Anne-des-Chênes. Le village voisin de Richer a été nommé à sa mémoire. Il est décédé le 13 janvier 1911 à Sainte-Anne et son épouse, née le 14 février 1849, le 14 novembre 1830 au même endroit. Isaïe n’a pas laissé de descendance mais un monument imposant rappelle le souvenir de sa famille dans le cimetière de Sainte-Anne-des-Chênes.

 

Les Richer en Saskatchewan

 

Wilfrid-Damien Richer et Éliza Côté se sont établis en Saskatchewan vers 1920. Né le 25 septembre 1865 à Saint-André-Avellin, Wilfrid-Damien était le fils de Joseph Richer et d’Olive Grignon, la tante de Claude-Henri Grignon, auteur du télé roman Les belles histoires des Pays d’en Haut. Prêtre catholique, il avait épousé Éliza Côté le 12 juillet 1897 à la Stewarton Presbyterian Church d’Ottawa. Ils ont eu six enfants à Val-des-Bois, dans l’Outaouais. Ils ont dû de quitter le Québec avec leur famille pour l’Ouest canadien afin de fuir l’anathème des autorités catholiques. Wilfrid-Damien est décédé le 15 juin 1941 à Hudson’s Bay Junction en Saskatchewan et Éliza, née le 25 mai 1878, le 26 avril 1953 à Edmonton. De nos jours, leur descendance se retrouve en Saskatchewan, en Alberta, au Manitoba et aux États-Unis.

 

Les Richer en Alberta

 

Adélard Richer et Yvonne Joly ont quitté la région de Saint-Michel-de-Wentworth dans les Laurentides pour la région de St. Paul en Alberta vers 1911. Né le 16 novembre 1881 à Saint-Michel, il était le fils de Cyrille Richer et de Marie-Louise Deroy. Il avait épousé Yvonne Joly le 3 août 1909 à Saint-Canut dans les Laurentides. Tous deux sont décédés à St. Paul, elle en 1922, lui le 17 novembre 1960. Ils ont eu dix enfants dont quatre fils qui ont perpétué le nom Richer dans l’Ouest canadien : Philippe, Raoul, Adorius et Maurice-Louis.

 

Les Richier en Colombie-Britannique

 

Louis-Ferdinand Richer est né le 6 août 1890 à Alexandria, Ontario. Il était le fils aîné de Fortunat Richer, originaire de Sainte-Marthe de Vaudreuil et de Joséphine Jodoin de Saint-Polycarpe de Soulanges. Il a épousé Agnes R. Oliver le 14 avril 1915 à Edmonton en Alberta. Ils ont eu huit enfants. La descendance de trois fils : Louis Jr, Don et Dale, porte le nom de Richier et habite notamment la Colombie-Britannique. Louis-Ferdinand est décédé le 21 juin 1931 à Abbotsford tandis que son épouse, Agnes, est morte le 10 décembre 1949 au même endroit.

 

Les Lefto, Lifto, Leftault au Minnesota

 

Joseph Richer est né le 11 avril 1810 à Saint-Eustache. Il était le fils de Guillaume Richer et d’Ursule Lalande. Il a épousé Adélaïde St-Michel vers 1832 dans le Haut-Saint-Laurent. Ils ont habité l’île de Long Sault, près de Massena où ils ont eu quinze enfants. Vers 1867, toute la famille a quitté l’état de New York pour aller s’établir à Jessenland dans le Minnesota. Cinq des fils : Joseph, Alonzo, Moses, William, Daniel ont eu de très nombreuses familles dont les descendants aux États-Unis ont adopté les patronymes Lefto, Lifto et Leftault dérivés de Louvetot. On les rencontre maintenant dans le Midwest, puis dans le Sud jusqu’au Nouveau-Mexique et au Texas. 

 

Les Richer dans les états de Washington et de l’Oregon

 

Joseph Richer, fils de Michel Richer et Zoé Ethier, est né le 12 juin 1872 à Clarence Creek dans l’Est de l’Ontario. Son père était de Saint-Benoît et sa mère de Saint-Placide. Frère de Zéphirin qui s’était établi dans le Nord de l’Ontario, Joseph est allé se chercher du travail à Everett dans l’état de Washington dans les années 1890. Il a eu au moins trois enfants. De nos jours, sa descendance habite toujours la région d’Everett et également en Oregon.

 

Les Ritchie et Richey en Illinois

 

André Richer est né le 5 mai 1843 à Coteau-du-Lac. Il était le fils d’André Richer et d’Anastasie Boileau. Il a épousé Olivine Ouellette le 16 octobre 1874 à Saint-André d’Argenteuil. André et Olivine ont quitté la région d’Argenteuil vers 1875 pour aller s’établir dans la région actuelle de Chicago. Ils ont eu six enfants dont trois fils Alexander, Andrew et Wilbrod. Leurs descendants sont établis principalement en Illinois et certains ont adopté les patronymes Ritchie et Richey. André est décédé le 9 février 1925 à Hayward en Californie et son épouse, Olivine, le 11 janvier 1929 à Chicago.

 

Les Ritchie au Wisconsin

 

Guillaume (William) Richer est né le 13 juillet 1844 à Sainte-Geneviève-de-Pierrefonds. Il était le fils de Georges Richer et d’Émélie Laniel. Il a quitté le Québec dans les années 1860 et a épousé Eulalie Joly (Lillian Niece) le 27 octobre 1868 à Fond du Lac au Wisconsin. Ils ont eu dix enfants dont cinq garçons : Thomas, David, Noah, Harley et Leo. Leurs descendants ont pris le patronyme Ritchie. William est décédé le 8 août 1929 à Bear Creek au Wisconsin et son épouse, Lillian, née le 6 janvier 1848 à l’Île Bizard, le 12 juillet 1927 également à Bear Creek.

 

Les Richer au Michigan

 

Jérémie Richer est né le 8 juin 1839 à Saint-Benoît. Il était le fils de Joseph Richer et de Josette Labelle. Il a épousé Octavie St-Jacques le 21 août 1860 à Saint-Benoît. Ils ont eu quatorze enfants, tous nés à Clarence Creek sauf les deux plus vieux. La famille s’est établie à Flat Rock, Michigan vers 1890. Cinq garçons : Thomas, Joseph, Emmanuel, Adélard et Léonard ont perpétué le patronyme Richer dans la région d’Escabana, Michigan.

 

Les Richer dans l’état de New York

 

Narcisse Richer est né le 22 novembre 1836 à Montréal. Il était le fils de Joachim Richer et de Justine Daudelin. Il a émigré aux États-Unis vers 1860 où il a épousé Philomène Hébert le 26 avril de la même année à Ogdensburg. Cette agglomération est située du côté sud du fleuve Saint-Laurent en face de Prescott, Ontario. Les Français y avaient établi le Fort de la Présentation en 1749 à la demande des prêtres sulpiciens qui voulaient évangéliser les Iroquois de la région.

 

Narcisse et son épouse ont eu huit enfants, tous nés à Ogdensburg. Narcisse est décédé le 3 octobre 1902 à ce dernier endroit. Deux des fils, Henry et William ont assuré la descendance de cette famille dans cette région du Haut Saint-Laurent. Le premier avait épousé Mélina Gauthier le 19 août 1878 à l’église Notre-Dame de Montréal et le deuxième Louisa Lepage le 21 août 1891 à Ogdensburg.

 

La famille d’Onésime Richer est une autre famille pionnière de ce nom dans cet état américain. Né le 3 novembre 1868 en Ontario, à Saint-Eugène-de-Prescott, la famille d’Onésime venait de Saint-Benoît. Il était le fils d’Onésime Richer et de Christine Duplantie. Il a travaillé dans les forêts de la région de Tupper Lake où il a épousé Orilla Blanchette, le 6 avril 1896. Ils ont eu dix enfants. Deux fils, Émile et Roméo, ont perpétué le nom Richer aux États-Unis. Onésime est décédé en 1945 à Clayville et son épouse en 1961 au même endroit.

 

Les Richer au New Hampshire

 

Contrairement à leurs compatriotes, la présence des Richer dit Louvetot en Nouvelle-Angleterre est exceptionnelle. Nous avons quand même relevé une exception, celle de Philip (Herméningilde) Richer. Ce dernier est né le 1er juillet 1848 à Saint-Philippe d’Argenteuil. Il était le fils de Joseph Richer et de Julie Bédard. Sa famille s’était installé à Stanstead, dans les Cantons-de-l’Est, après avoir vécu à Rigaud. Il a épousé Louisa Sweeny le 25 janvier 1879 à Haverhill, New Hampshire. Son fils Fred a transmis le nom Richer à ses descendants qui demeurent dans le Massachussetts. Nous n’avons pas les dates de décès de Philip et de Louisa.

 

Quelques Richer connus

 

Voici la liste de quelques Richer connus du grand public : Louise Richer, comédienne; Stéphane Richer, joueur de hockey; Catherine Richer, journaliste; Louise Richer, directrice de l’École nationale de l’humour; Anne Richer, journaliste, biographe et romancière; Marie-Claude Lortie dont la mère est une Richer, journaliste au journal La Presse; Tex Lecor, dont la mère est une Richer, auteur-compositeur-interprète et peintre; Mgr Luc Cyr, dont la mère est une Richer, évêque de Valleyfield. Parmi les disparus, mentionnons Gilles Richer, auteur de Moi et l’Autre; Léopold Richer, journaliste et Fernande Richer Bell, première femme médecin ayant eu un cabinet de consultation.

 

Enfin rappelons que la plus grande concentration des Richer dit Louvetot au Québec est dans la MRC Rivière-du-Nord (région de Saint-Jérôme) et qu’en 2006, le patronyme Richer occupait le 227e rang des noms les plus populaires au Québec, entre les Vincent et les Germains, ce qui nous laisse croire que la qualité a préséance sur la quantité !

 

Une histoire qui se poursuit

 

Après cette tournée trop rapide de la présence des Richer à travers le continent nord-américain, nous pouvons dire, en rétrospective, que dès la troisième génération, on assiste au début de cette formidable odyssée. De Montréal vers le nord, à Saint-Eustache, à Saint-Benoît, les fils se sont installés en pays de colonisation. Lorsqu’il n’y avait plus de terre à défricher, à ensemencer, les Richer sont montés vers Saint-Jérôme, Sainte-Adèle, Saint-Jovite, puis Mont-Laurier. Contrairement à leurs compatriotes qui ont envahi les états de la Nouvelle-Angleterre à partir des années 1860, seule une branche s’est établie timidement dans le New Hampshire.

 

Les Richer ont été attirés plutôt vers l’Ouest, d’abord de chaque côté de la rivière des Outaouais, dans l’Est de l’Ontario et dans l’Outaouais québécois, puis dans le Nord de l’Ontario, dans la grande région de Sudbury. Entre-temps, les Richer dit Lefto ou Lifto ont poussé encore plus loin vers le Midwest américain, au Minnesota en passant par l’état de New York. Par la suite, d’autres Richer se sont établis en Illinois, au Wisconsin, au Michigan, en Oregon, toujours pour une même raison : la quête de travail. Leurs descendants se rencontrent maintenant aussi loin qu’en Californie, au Nouveau-Mexique, au Texas et en Floride. Les Richer ont tenté de s’établir au Manitoba dès les années 1890 mais ont été plus heureux en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique.

 

Au Québec, les Richer sont présents d’abord à Montréal, berceau de la famille; à Laval; dans les Laurentides où on y retrouve la plus grande concentration; en Outaouais; en Montérégie et en Abitibi-Témiscamingue. Peu se sont établis à l’est de Montréal, sauf une branche bien enracinée au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Depuis peu, on rencontre des Richer dans d’autres régions du Québec, notamment dans la région de Québec.

 

Depuis treize générations, les Richer ont sillonné l’Amérique et ont arrêté là où était leur gagne-pain. Leur tournée du continent se continue…

 

Louis Richer, Québec, novembre 2011. 


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