LES RICHER DIT LAROSE
Qui ne
connaît pas Isabelle Richer, journaliste de la scène judiciaire
que l’on peut voir régulièrement à la
télévision de Radio-Canada ou encore à RDI ? Celle-ci,
comme de nombreux Richer présents dans la grande région de
Montréal, sont des Richer dit Larose. Le couple fondateur de
cette lignée de Richer est Nicolas Larose et Émélie
Cloutier. Ils se sont épousés le 31 août 1830 en la
paroisse Saint-Charles-de-Grondines située en bordure du fleuve
Saint-Laurent entre Québec et Trois-Rivières.
Pour
Nicolas, il s’agissait d’un deuxième mariage. Trois ans plus
tôt, il avait épousé en premières noces
Geneviève Perron, le 9 janvier 1827 en la paroisse voisine de Saint-Joseph-de-Deschambault.
À ce premier mariage, Nicolas avait déclaré que ses
parents étaient feu Jean-Baptiste Larose et feu Marie Lafleur. En
fait, ce couple Larose-Lafleur n’aurait jamais existé : aucun
acte de naissance, de mariage, de décès ou autre document
n’a été retrouvé en leur nom. Il en va ainsi de
l’acte de naissance de Nicolas.
Il est
fort probable que Nicolas était un enfant illégitime, né
hors les liens du mariage. À l’époque, un enfant né
dans de telles circonstances recevait seulement un prénom à son
baptême avec la mention à l’acte né de parents
inconnus. Lorsqu’il se mariait, il prenait soit le patronyme de la
famille qui l’avait élevé (l’adoption
n’existait pas encore), soit celui de son parrain ou de sa marraine. Pour
ce qui est de Nicolas, il se serait forgé une identité : un
père Larose et une même Lafleur ! Sans les noms des parents, il
est très difficile de remonter la lignée ascendante d’un
individu.
Le nom
Richer apparaît une toute première fois lors du
décès à la naissance d’une fille née du
premier mariage de Nicolas avec Geneviève Perron, le 7 mai 1828 à
Grondines. Le curé écrit que l’enfant, qui avait
été ondoyé seulement, est née du légitime
mariage de Nicolas Larose dit Ritché et de Geneviève
Perron.
À
l’époque, les pères ou des proches agissaient comme
témoins des mariés au mariage. Des parents, les frères et
les sœurs du père et de la mère, étaient parrains et
marraines des enfants. Aux deux mariages de Nicolas et aux baptêmes de
ses onze enfants avec sa deuxième épouse, il n’y a aucune
mention de Larose ou de Richer. Ce qui semble encore une fois
démontrer la thèse que Nicolas s’était
inventé une identité.
Six des
enfants de Nicolas et Émélie se sont mariés : quatre
filles et deux garçons. Un des deux fils, Joseph, a pris le nom de Richer
dit Larose à son mariage avec Herminie Lefebvre le 23 novembre 1858
à Notre-Dame de Montréal. Puis, leurs trois fils, William, Joseph
et Albert ont adopté tout simplement le patronyme Richer à
leur mariage. William a épousé Edwidge Guilbaut dit
Degranpré le 22 septembre 1884 à Saint-Damien de Berthier; Joseph
a marié Adèle Favreau à Saint-Brigide de Montréal
le 27 juillet 1885 et Albert a convolé avec Rosanna Beaudet le 16 novembre
1892 à Saint-Jacques de Montréal. Leur nombreuse descendance a
suivi leur exemple et a pris le nom Richer.
L’autre
fils de Nicolas et Émélie, Félix, s’est marié
sous le nom de Larose avec Zélie Matte le 26 novembre 1860
à Saint-Stanistlas de Champlain. Leurs descendants ont conservé
le nom de Larose. Ainsi, certains descendants de Nicolas Larose et
Émélie Cloutier portent le nom Richer et d’autres Larose.
Alors
d’où vient cette référence au patronyme Richer
? Est-ce possible que Nicolas, enfant illégitime, ait été
recueilli par une famille Richer de la région ou encore son père
biologique ait été un Richer ? Si une de ces hypothèses
s’avérait vrai, il s’agirait plutôt d’un Richer
dit Laflèche car la région entre Québec et
Trois-Rivières est le lieu d’implantation de cette famille alors
que les Richer dit Louvetot y sont absents, du moins à cette
époque.
Six
générations de Richer dit Larose sépare Isabelle
Richer de son premier ancêtre paternel connu, Nicolas Larose.
Après avoir vécu à Grondines, Deschambault et
Saint-Stanistlas, comme cultivateur, charron et journalier, Nicolas est
décédé à Montréal le 17 mars 1894 à
l’âge de 84 ans et 7 mois. Si nous connaissons son parcours de vie,
ses mariages, ses enfants, le lieu, la date et l’âge à son
décès, ses origines nous restent toujours inconnues.
Louis
Richer, Québec