RICHER,
MB, R0E 1S0
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Église de Richer, Manitoba 2003
À notre connaissance, la seule localité qui porte le nom de
Richer est située au Manitoba, à proximité de la route transcanadienne, à
mi-chemin entre la frontière de l'Ontario et la ville de Winnipeg. C'est par un
beau samedi matin, en se dirigeant en voiture vers l'ouest, que nous avons
remarqué le panneau indiquant Richer.
La tournée des lieux a été plutôt de courte durée : une rue
principale, quelques maisons, une petite église en piteux état et un cimetière
comprenant des noms familiers. Il était trop tôt pour trouver un passant qui
aurait pu nous donner des renseignements sur cet endroit découvert tout à fait
par hasard. Ce n'est qu'au retour que nous avons entamé des recherches qui
devaient s'avérer fort intéressantes.
En effet, nous avons appris que Richer a été nommé en
honneur d'Isaïe Richer, un membre de la famille Richer dit Louveteau
d'Amérique. Avant 1905, l'endroit était connu sous le nom de Thibaultville. Mais, lorsque le gouvernement fédéral
octroya un bureau de poste, cette même année, on préféra le nom de Richer.
Isaïe Richer était reconnu comme un grand bienfaiteur de la
région. Il faut dire aussi qu'il était un pilier du parti libéral au Manitoba
et qu'il était un ami personnel du premier ministre de l'époque, sir Wilfrid
Laurier. Parti de Hull, il était venu s'établir à Sainte-Anne-des-Chênes
vers 1878 avec sa famille, amenant aussi son père Jean-Baptiste.
À Sainte-Anne-des-Chênes,
municipalité voisine de Richer, Isaïe avait prospéré comme marchand général. Il
avait été maître de poste de 1883 jusqu'à sa mort en 1911. Élu à plusieurs
reprises préfet de sa municipalité, il était un citoyen aimé et respecté.
Isaïe était originaire de Saint-Benoît (Mirabel) où il
était né le 4 novembre 1845. Fils de Jean-Baptiste Richer, un Patriote de 1837 et
d'Anastasie Brazeau, il était de la septième
génération de Richer dit Louveteau d'Amérique. Isaïe marchait dans les traces
de son père qui avait aussi été marchand à Saint-Benoît, avant d'aller
s'installer à Ottawa dans les années 1850.
Isaïe était marié avec Léocadie Germain
(Minne), de descendance allemande. Leur mariage avait eu lieu le 31 août 1869 à
Notre-Dame d'Ottawa. De leur union naquirent trois filles, Georgianna
en 1870, Dora en 1872 et Rosilda en 1876. Dans
l'espace de cinq ans, soit entre 1897 et 1902, la mort vint les chercher toutes
les trois.
La plus jeune, Rosilda, mourut la
première, le 5 janvier 1897, à l'âge de 21 ans. Les deux autres, mariées tour à
tour au docteur François-Xavier Demers, moururent le 15 janvier 1898 pour Georgianna; elle avait 28 ans et pour Dora, le 29 août
1902; elle avait 30 ans. La première s'était marié le 16 janvier 1894 et la
deuxième le 16 août 1901, toutes deux à Sainte-Anne-des-Chênes.
Isaïe mourut subitement le 13 janvier 1911 et son épouse, Léocadie, née en 1847 à Ottawa, décéda le 14 novembre 1930.
Il avait 65 ans, elle en avait 83. Tous sont inhumés dans le cimetière de Sainte-Anne-des-Chênes. On peut voir encore aujourd'hui
leur monument funéraire ainsi que celui de leur père Jean-Baptiste Richer, ce
Patriote errant.