Sans heurt
Elle attend
que le téléphone sonne
pour planter un jalon dans sa vie,
dans ce jour monotone.
Monotone, elle attend.
Le temps des amours!
Trop court, trop court!
Le temps glisse,
Sans parole, sans bruit,
dans sa fidélité la plus malicieuse,
dans sa continuité la plus railleuse.
Il n'a qu'un sourire trop lourd.
Il n'a qu'un soupir trop lourd.
Il n'a qu'un regret trop lourd.
Le temps des amours!
Trop court, trop court!
Elle sent en elle une haine,
une toute petite haine,
si ténue, si fragile, si fuyante.
Ses repères s'estompent
lentement inéluctablement.
Sa tête tourne, tourne,
oublie la vie qui passe...
sans heurt.
Le temps des amours!
trop court, trop court!
Entre hier et demain,
le temps meurt
de ne pouvoir crier présent
© Jean Grignon / 2005
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