Si je pouvais

Si je pouvais en un instant
raconter tout ce qui m’a manqué
petite fille isolée dans mes pensées.
Cherchant désespérément
l’attention de ma mère.
De moi on disait que je n’avais
aucun talent…a part le dessin.
Et la composition
A travers mes barbeaux et mes mots
je me cherchais alors j’y mettais
tout mon cœur.
Assise à mon pupitre d’école
je cherchais toujours la bonne parole
pour atteindre ma mère.
Mes pensées n’étaient jamais à l’écoute
mais plutôt dans le doute.
Je me voyais entré de l’école
le cœur plein d’émotions
offrir à ma mère un petit dessin
que j’avais fais pour elle.
Je n’étais pourtant pas désordonnée
Mais plutôt perdu dans mes pensées.
Cherchant toujours le mot aimer
comme j’en ai rêvé.
De l’amour j’en ai eu
mais cella ma déçu
et ma mère n’a rien vu.
Mon cœur d’enfant n’arrivait plus
à ce sentir bien…de l’agressivité
j’ai appris a cultivé
et dans le silence je me suis réfugié
pour enfermer mon cœur dans l’espérance.
Pourtant j’aimais ma mère
tous les soirs je demandais à Dieu
que ma mère voix ma douleur
qui grandi à l’intérieur
je demandais que maman ne meure pas.
En grandissant j’ai réalisé
qu’elle aussi avait manqué d’amour
pas de maman pour lui dire je t’aime
Comme moi
pas de maman pour soulager ses peines
Comme moi
pas de maman pour l’écouter
Comme moi
comme on se ressemble.
Ma mère a perdu sa maman alors
Qu’elle n’avait que deux ans
Elle a été d’une maison à l’autre
Fini l’école en troisième année
Et travaillait pour se faire des sous
En faisant du ménage dans des maisons privées
Elle aussi cherchait de l’amour
Alors je ne pouvais plus lui en vouloir
car tout comme moi
d’amour elle avait rêvé.
Mais aujourd’hui je suis maman
J’ai appris à dire je t’aime à mes enfants
J’ai consolé leurs peines
Et j’ai écouté avec silence.
J’ai surveillé et protégé leur enfance
comme une lionne je me faisais prudente.
Merci maman de m’avoir fait comprendre
qu’un enfant a besoin de sa maman
pour se raconter et se sentir aimé
j’ai donné le meilleur de moi-même à mes enfants
comme j’aurais voulu pour moi.
Un rapprochement c’est fait
les dernière années de sa vie et j’en étais ravis.
Mais elle ne savait pas toujours exprimer
ses pensées parfois ses paroles étaient blessantes
mais parfois elle était très drôle.
Je n’étais pas sa préférée mais quelque part
mon cœur me dit qu’elle m’a aimé à sa façon
je préfère me faire une raison.
Dans les tempêtes de mon cœur et de mes pensées
J’ai appris la survie pour bâtir ma vie.
D’elle je garde le souvenir d’une femme mal aimé
qui voulait exprimer mais ne savait pas comment.
Par les sacrifices qu’elle a fait pour nous
D’être rester près de nous malgré le manque d’amour
Et une vie remplie de peines et d’humiliation.
Marié à un homme qui n’a pas sut l’aimer
Les femmes et l’alcool étaient ses plaisirs
Souvent il l’a frappait
Plusieurs fois je l’aie vu pleurer en silence
Malgré tout ça elle nous laissait voir
Des petits matins remplis de joies et de gaieté
En nous préparant nos petits déjeuners
la maison toujours propre et sentait
la bonne popote préparé pour nous.
Tout cela m’a fais comprendre
que tout ça était des gestes d’amour

Merci Maman

Ton enfant

Annie-Jeanne

Octobre / 2002

 

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