APRÈS LE 2 SEPTEMBRE 2003...
PREMIÈRE SEMAINE :
2 septembre 2003 premier jour d'opération du nouveau système
Aller -> Je suis prête pour 6h30. J'attends donc le taxi. À 7h00, toujours pas de taxi. J'essaie d'appeler au Transport. Impossible d'obtenir la ligne. J'imagine que tous les clients éprouvent des problèmes et appellent en même temps. Hop, voilà le taxi! Ouf, je suis soulagée mais fâchée en même temps. 30 minutes d'attente inutile et un retard au bureau. La feuille de route du chauffeur indique de me prendre à 6h55. Pourquoi??? Je ne comprends pas. J'espère donc que ça ira mieux demain matin...
Retour -> J'anticipe le retour avec l'expérience du matin même. A 16h00, je suis donc à la porte habituelle. J'attends, j'attends encore. A 16h35, je tente d'appeler au transport. Deux, trois essais et j'obtiens la ligne. C'est un pur miracle. La préposée m'indique que mon retour a été déplacé à 17h10! Vraiment! Pourquoi me faire attendre 1h10??? Bon, je suis fâchée et fatiguée mais je patiente jusqu'à 17h30. Là, ça fait 1h30 d'attente et ça suffit! Je rentre à la maison par mes propres moyens. Quelle aberration! Devoir fournir un service essentiel et ne pas être en mesure de l'assurer! Ce soir-là, je n'ai pas pris la peine d'annuler mon déplacement. Le taxi s'est peut-être présenté, je n'y étais plus. Tant pis!
Perte de temps du jour : 2 heures
3 septembre 2003
Aller -> Même scénario que le 2 septembre. La feuille de route du chauffeur indique de me prendre à 6h55. Je commence à croire que le Transport a tout simplement modifié mon horaire. Je commence à m'impatienter. Lorsque j'appelle à la ligne interactive confirmant mes heures de déplacement, le système informatique m'indique que l'heure confirmée est 6h30. Pourquoi alors ce délai d'attente? Je risque d'être en retard à mon boulot. Je n'aime pas ça du tout. Ce jour-là, je tente de rejoindre le service à la clientèle afin d'y voir plus clair et rectifier la situation. En vain. Le système téléphonique est submergé d'appels...
Retour -> Je crains l'heure du retour puisque la veille je n'ai pas eu de retour. J'attends donc... 20 minutes! Je suis stupéfaite. Le chauffeur s'est excusé de son retard. S'il savait comme je suis soulagée même s'il y a eu de l'attente. C'est toujours mieux que la veille.
Perte de temps du jour : 50 minutes
Qu'est-ce qui alimente nos conversations entre Sylvain (mon chum) et moi pensez-vous? Le transport... Lui aussi pourrait en raconter long sur ses aventures!
4 septembre 2003
Aller -> Comme les matins précédents, je me prépare mentalement à une attente de 30 minutes. Oh surprise, le taxi fait son apparition à 6h45 avec un premier passager à son bord. Je suis soulagée! J'arrive au bureau avant le début de mon quart de travail. C'est moins inquiétant comme ça.
Retour -> Le taxi sera-t-il à l'heure? C'est la grande question. 20 minutes d'attente, 30 minutes, je me décide de téléphoner à 16h30. On ne peut pas appeler avant 30 minutes d'attente. C'est une règle d'or. Pendant que je suis au téléphone avec la préposée, le taxi arrive! Il est 16h40.
Perte de temps du jour : 40 minutes
5 septembre 2003
Aller -> En ce vendredi matin, j'attends 30 minutes. Le transport a planifié mon aller pour 6h55. Aucun préposé m'a contacté pour m'aviser d'un changement à mon horaire. En plus d'être en retard au travail, je ne tolère pas cette attente purement inutile. Comme si les personnes handicapées n'avaient pas de vie, pouvaient attendre. Si je dois attendre le matin, je préfère que ce soit au bureau. Je suis au moins sur place. Mercredi, j'ai envoyé un courriel au transport en décrivant mon problème du matin. J'avais précisé que je désirais un suivi de leur part. Trois jours plus tard, j'attends toujours une réponse.
Retour ->Il est 16h00. C'est vendredi, j'ai hâte de revenir à la maison. J'anticipe l'attente... qui finalement n'aura été que de 20 minutes. C'est merveilleux après une semaine cahoteuse comme celle-là!
Perte de temps du jour : 50 minutes
6 septembre 2003
Aujourd'hui, je n'ai pas de transport. Par chance! Ça donne un bon répit. Par contre, je dois téléphoner pour modifier mes déplacements de mardi prochain. Je dois aller au CEGEP du Vieux-Montréal pour ensuite aller au boulot. J'ai donc tenter d'appeler près de 20 fois, la ligne téléphonique étant toujours débordée. Quand j'ai enfin eu la ligne, j'ai eu droit à un message informatif suivi d'une musique de centre commercial. J'ai attendu, avec Sylvain qui a pris le combiné, plus d'une heure. Après l'heure passée, la communication a tout bonnement coupée! OUI, coupée après avoir attendu 65 minutes! J'ai un chronomètre sur mon téléphone. J'aurai pu descendre tous les saints du ciel. Dire que le nouveau système allait alléger le processus de réservation. Bien sûr, il ne faut pas jeter la pierre trop vite, ce n'est seulement que la cinquième journée d'opération... Mais, il y a tout de même une limite à tout!
Vers 15h30, j'ai rappelé. Il faut être fou après l'expérience du matin!!! Mais, quand on est à la merci du transport... J'ai obtenu la ligne téléphonique sans trop de problème. Puis, un agent m'a répondu. OUI ENFIN!!! Ils ont changé le système téléphonique, informatique et même les agents... Bordel! Heureusement, j'ai réussi à obtenir mes modifications.
SECONDE SEMAINE :
8 septembre 2003
Aller -> Même histoire depuis une semaine maintenant. Pourquoi confirmer une telle heure avec l'usager et ne pas la respecter. La STM semble se défendre en disant qu'il y a un 30 minutes de grâce. Je n'admets pas ça du tout! Pas quand le climat est idéal, pas quand aucun jumelage est prévu, pas quand un départ est avant l'heure de pointe. Pourquoi ces 30 minutes d'attente inutiles? Je vais au travail. Je dois être à l'heure et même, généralement, avant l'heure.
Retour -> Je suis là, devant la porte, à 16h00. J'attends toujours à 16h30. Je me décide donc d'appeler. Je pose alors un ultimatum au préposé: je prends un taxi régulier à mes frais et j'envoie le reçu à la STM qui devra me rembourser si mon transport adapté n'arrive pas dans les 50 prochaines minutes. Le préposé m'autorise à le faire! Quelques minutes plus tard, j'appelle à nouveau et un autre préposé me réponds. Ce dernier se donne alors la peine d'appeler un nouveau taxi. Pourquoi le premier préposé ne l'a pas fait? Finalement, à 17h00, le taxi est à la porte de la compagnie après 60 minutes d'attente.
Perte de temps du jour : 90 minutes
9 septembre 2003
Aller -> Ce matin, c'est exceptionnel. Je vais au CÉGEP du Vieux-Montréal au lieu d'aller directement au travail. J'espère alors que mon déplacement sera à l'heure cette fois-ci. Pure illusion! J'attends 30 minutes...
Déplacement entre le CÉGEP et le travail-> Comme mon activité au CÉGEP se termine à 8h55, j'ai donc prévu un déplacement pour aller travailler ensuite. Après plus de 35 minutes d'attente, j'ai logé un premier appel au 280-8211 à partir d'un téléphone public. Le système téléphonique disait être surchargé, de rappeler plus tard. Perte du 0.25$ bien évidemment. Quelques minutes plus tard, j'ai essayé à nouveau. Même scénario : impossibilité d'avoir la ligne et perte du 0.25$. Si je désirais appeler d'un téléphone " non-payant ", il fallait que je quitte la porte au risque de manquer le transport.
Après 45 minutes d'attente, ne pouvant rejoindre un préposé et obtenir un suivi sur mon transport, je n'avais pas d'autres choix que de prendre un taxi normal afin d'être à mon travail dans un délai raisonnable.
Arrivée à mon travail, j'ai rejoint un préposé et je lui ai expliqué la situation décrite ci-haut. Cette dernière m'a confirmé que le taxi est passé au CÉGEP à 10h30, soit 1h30 après l'heure confirmée. C'est inacceptable. Elle m'a ensuite précisé que le remboursement de frais de taxi se fait dans le seul cas où le client obtient une autorisation au préalable. Ce que je n'ai pu faire. Rappelez-vous, j'étais dans un lieu PUBLIC avec des téléphones PUBLICS à ma disposition. Je n'ai pas une poche de 0.25$ sous mon bras.
J'ai la ferme intention d'expédier tout de même mon reçu. On verra bien.
Ce matin, il y avait un article dans le Journal de Montréal. L'article décrivant la situation du transport adapté comme étant désastreux, "pire que pire". J'étais contente qu'un tel article dénonce enfin l'ampleur de la problématique.
Retour -> Ce soir, j'ai un retour prévu à 18h00 afin de compenser pour les heures non-travaillées de ce matin. Avec mon expérience désastreuse, j'ai les nerfs à fleur de peau. J'ai la nette impression que le transport adapté me vole du temps précieux et brime ma qualité de vie. Bref, le taxi est arrivé à 18h30 avec déjà un passager à son bord. J'ai rien compte. Il y avait au moins une raison de son retard.
Perte de temps du jour : 105 minutes
10 septembre 2003
Aller -> Pour un deuxième matin, consécutif, je vais au CÉGEP. Même si je pressens une attente de 30 minutes. Je ne m'y fais pas et je ne veux pas m'y faire. Ce n'est pas l'entente passée entre la transport et moi. Ce matin-là, j'ai effectivement attendu 30 minutes. J'étais en retard par rapport à l'heure demandée au préposé.
Déplacement entre le CÉGEP et le travail -> J'anticipe ce déplacement. J'ai les nerfs en boule. Mais, à ma grande stupéfaction, le taxi est là, à 9h00. Je n'arrive pas à y croire.
Retour ->Ce soir, je suis stupéfaite... à nouveau! Le transport est devant la porte à l'heure confirmée. Quelle joie! Les jours se suivent et ne se ressemblent pas...
Aujourd'hui, j'ai appelé au service à la clientèle afin de savoir pourquoi mes déplacements du matin sont toujours décalés de 30 minutes. La préposée a qualifié ma demande de non-urgente. Bien sûr, le transport s'en lave les mains si je suis en retard. Mais, ce n'est pas de leur faute! Pourtant, mes déplacements dépendent d'eux. C'est bizarre. Je suis outrée.
Perte de temps du jour : 30 minutes (C'est le meilleur score.)
11 septembre 2003
Aller -> Référez-vous au 4 septembre!
Retour -> Ce soir, le taxi est arrivé avec 15 minutes de retard. On dirait que j'ai gagné à la loterie depuis hier!
Perte de temps du jour : 40 minutes
12 septembre 2003
Aller -> Référez-vous au 4 septembre!
Déplacement entre le travail et le centre-ville -> Ce soir, je vais chez mon chum Sylvain. Il habite au centre-ville. Toutefois, il travaille à quelques kilomètres de ma compagnie. Nous pensions être dans la même voiture taxi. C'est logique, la destination est la même ce soir. Mais non! Nous avons eu deux voitures différentes. Pour la logique, j'ai déjà vu mieux! Sylvain m'avait souvent mentionné les longs trajets qu'il doit faire. Habitant loin de son boulot, il y a plusieurs possibilités de jumelage. Parfois, le parcours dure jusqu'à deux heures! C'est très long. Pour le même temps, on pourrait se rendre à Ottawa, capitale du Canada!!! Bref, ce soir-là, j'ai goûté au très long mijoté amer du transport adapté. Ça m'a pris pratiquement 1h30 sans compter le temps d'attente au préalable qui a été de 20 minutes. Inhumain... Pratiquement 2 heures! Il y a de quoi ne tourne pas rond...
Retour -> Pour retourner chez moi, le transport était prévu à 22 heures. Il est arrivé à 21h30. Pas grave. Je suis fatiguée de ma semaine et j'ai hâte d'aller au lit. Encore une fois, j'ai fait une "run de lait"! Je suis finalement arrivée à bon port à 22h45.
Perte de temps du jour : 40 minutes
TROISIÈME SEMAINE :
15 septembre 2003
Aller -> L'histoire du matin se répète sans cesse avec un 30 minutes d'attente...
Retour -> Pas de problème au retour!
Perte de temps du jour : 30 minutes
16 septembre 2003
Aller -> Le taxi est arrivé à l'avance ce matin, un usager est déjà à bord...
Retour -> Le taxi est arrivé avec 20 minutes de retard. J'étais jumelée avec un passager que le chauffeur devait déposer à Dorval... Pas si pire...
Perte de temps du jour : 50 minutes
17 septembre 2003
Aller -> L'histoire du matin se répète sans cesse avec un 30 minutes d'attente...
Retour -> Toute une histoire ce retour-là! Le taxi est arrivé en retard de 15 minutes. Encore une fois, j'étais jumelée avec un client de Dorval. Puis, après, j'ai été prendre Sylvain à son travail! Nous ne le savions pas. Jamais nous sommes ensemble à moins que Sylvain prévoit de passer la soirée chez moi. C'était donc une belle surprise!
Perte de temps du jour : 45 minutes
18 septembre 2003
Aller -> Ce matin, je vais encore une fois au CÉGEP. Le transport est alors prévu pour 6h30. A ma grande stupéfaite, la feuille de route prévoyait de me prendre à 6h40. Seulement 10 minutes plus tard. Événement rare depuis trois semaines!
Déplacement entre le CÉGEP du Vieux Montréal et le travail -> J'ai un transport à 9h en direction du travail. A 9h30, aucun taxi était en vu. J'ai alors fait un appel dans un téléphone public. Pas moyen d'obtenir la ligne. Perte de ma pièce de monnaie. Dis-moi pas que le même problème du 9 septembre se reproduit encore une fois. J'essaie de demeurer calme. A 9h40, c'est un minibus qui fait son apparition. Pour lui, il est en retard de 10 minutes seulement. Les usagers peuvent bien être mécontents du non-respect des heures confirmées. Bref, je suis soulagée de le voir même si j'attends depuis longtemps déjà. J'apprends alors que je ne suis pas au bout de mes peines! Il a trois autres passagers à prendre dont deux en chaises roulantes. Les embarquer et les attacher demandent du temps. Mais, ce n'est pas ça qui me fâche le plus. Sur la feuille de route du chauffeur, il est écrit de me déposer pour 10h40 au travail. Ça me choque! Le transport prend la liberté de décider maintenant les heures de débarquement. J'en reviens pas! J'avais demandé un départ du CÉGEP à 9h00. Dans mon esprit, avec un jumelage et un retard raisonnable, je serais au travail à 10h00. Hey, je vais travailler! Je ne vais pas m'amuser ou magasiner. Finalement, je suis arrivée à mon boulot à 10h50. Pratiquement 1 heure plus tard que normalement.
Retour -> Pour compenser pour le matin, je finis plus tard ce soir, soit à 18h00. A 17h42, le taxi était déjà à la porte de la compagnie. Je ne lui ai pas dit d'attendre que l'agent de sécurité m'en a avisé! J'ai descendu aussitôt! Je me demande bien pourquoi... Surtout que Sylvain était déjà chez moi et préparait notre repas...
Perte de temps du jour : 40 minutes (je ne compte pas le temps passé dans le minibus)
19 septembre 2003
Aller ->L'histoire du matin se répète sans cesse avec un 30 minutes d'attente...
Retour -> Le taxi est arrivé à 16h00 juste. Ça termine bien une semaine de labeur...
Perte de temps du jour : 30 minutes
QUATRIÈME SEMAINE :
Cette semaine, je n'ai pas vraiment le temps d'écrire le quotidien de mes mésaventures. Puis, de toute façon, il n'y a pas eu d'évènements fâcheux comme les trois dernières semaines. Néanmoins, voici tout de même trois faits qui à mon avis manque de sens:
Premier fait :
Toujours l'histoire du matin qui se répète sans cesse et je n'arrive toujous pas à comprendre pourquoi j'attends 30 minutes sans qu'il y ait un jumelage... Je vais rappeler bientôt à ce sujet. Tous mes efforts pour corriger cette situation n'ont pas donnés de résultats concrets.
Second fait :
Lors de mon retour du lundi 22 septembre, je devais aller au CÉGEP. J'avais demandé d'être rendu là pour 16 heures. Le départ était de mon entreprise donc prévu à 14h30. Le trajet a réellement pris 1h30, avec le jumelage, car j'ai dû attendre 30 minutes...
Troisième fait : Encore une fois, mercredi le 24 septembre, je ne reviens ps chez moi. Je dois aller chez mon orthodontiste. Mon rendez-vous est à 16h00. Le préposé du centre de réservation m'a confirmé un départ à 14h00 soit deux heures à l'avance! Cela fait quatre ans que je vais à cet endroit sur une base mensuelle. Normalement, je quitte ma compagnie une heure à l'avance. Depuis le nouveau système, à cause de nombreux jumelages, les trajets sont plus longs. Donc, pour satisfaire un nouveau système informatique, je dois hypothéquer mon travail en m'absentant davantage. Est-ce acceptable? Je ne crois pas...
CINQUIÈME SEMAINE :
Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas... La situation s'améliore peu à peu bien que des lacunes importantes demeurent. Mes allers sont toujours pénibles... J'attends pour rien. Mes retours à la maison sont nettement améliorés. J'en suis vraiment contente. J'espère que la STM saura garder cette bonne voie.
Cette lueur d'espoir ne sera peut-être que lueur... Aux bulletins de nouvelles télévisées, la STM a annoncé un déficit important et annonçait du même coup une hausse probable de ses tarifs. La carte mensuelle augmenterait de 17$ d'un seul coup. La population montréalaise a vivement réagit à cette nouvelle. La STM a alors démenti cette nouvelle.
Au moment de la refonte de cette section, nous sommes en janvier 2005. Le service de transport adapté s'est grandement amélioré depuis ces cinq premières semaines désastreuses malgré des lacunes encore présentes.