Le clown triste
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Un clown, dans sa loge, après son numéro
Scrutait dans le miroir son visage camouflé
Mais ce qu’il observait ne montrait rien de beau
Et se cachait dessous le fard bien appliqué

Des heures de soins pour masquer son visage
Pour mieux dissimuler sa véritable image
Tout et n’importe quoi pour que l’on ne voit pas
Ni son cœur, ni son corps, brisés en mille éclats

Le lait démaquillant et les crèmes hydratantes
Dévoileront au jour sa terrible tourmente
Mais quand il sera seul, qui donc s’en souciera?
Son oiseau ou son chien, ou bien encore son chat?

Sa peine est si grande, il sait qu’il va mourir
Et qu’il ne pourra plus, désormais, faire rire
La douleur en son corps se répand bien trop vite Il a peur et son cœur a froid pour ce qu’il quitte

Soudain un jeune enfant aux yeux sombres
Avance vers lui et sort enfin de l’ombre
Avec un grand sourire, il cache dans son dos
Une jolie fleur bleue en guise de cadeau

Merci beaucoup le clown, pour tes folies!
Car tu m’as redonné enfin goût à la vie
Je t’offre cette fleur, mais je sais que c’est peu
Pour te dire à quel point je me sens plus heureux!

Puis l’enfant le quitta, la voix pleine de rires
Et le clown demeura, un instant, sans rien dire
Le cœur bien plus léger, comme le souffle du vent
D’avoir vu le bonheur dans les yeux d’un enfant

Sa vie, si courte fut–elle, d’un seul coup
Lui parut plus précieuse, plus utile surtout
Il pourra s’en aller, mourir, la joie au cœur
En chérissant toujours sa ravissante fleur



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Christiane Laflamme

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