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CMMI : attention aux dérives
ITIL, Cobit, CMMI sont à la mode mais attention à
ne pas tomber dans le piège d'une nouvelle génération de consultants post-ISO.

ITIL,
Cobit, CMMI : la mise en place de
référentiels et de modèles d'amélioration
des processus est définitivement la grande mode. Le Canada,
il est vrai, fait figure de retardataire sur ces sujets, notamment pour tout ce
qui concerne l'amélioration des processus de développement. Attention toutefois
à ne pas tomber dans le panneau du "référentiel miracle" auquel voudraient faire
croire une nouvelle génération de consultants post-ISO.
CMMI est à l'évidence est un bon modèle pour fournir un cadre d'amélioration des
processus ; mais sa lecture un peu rapide, ou sa diffusion par des spécialistes
plus experts de méthodes que de projets réussis peut faire craindre le pire.
Ainsi peut-on lire régulièrement : "Au niveau 1, la
réussite repose essentiellement sur les individus"… comme si au niveau 3, 4 et
5, CMMI aidant, la réussite ne reposait plus sur les hommes. Croire que la
qualité des processus permet de s'affranchir des individus est une dérive
risquée. Le schéma rêvé de "petites mains" négociées à des taux journaliers très
faibles, dont la performance et la motivation certes moyennes serait compensée
par l'excellence des processus n'existe pas. Les cabinets qui tentent de
diffuser ce message jouent un jeu dangereux.
Car en déployant CMMI se pose-t-on réellement la question de la réussite des
projets ? Ou cherche-t-on simplement un label vendeur, un parapluie pour le cas
où tout irait mal ? Là est la question.
"Se pose-t-on réellement la question de la réussite des projets ?"
Le feedback des opérationnels ("les gens dans le cambouis") sur l'application
d'un CMMI déshumanisé sont bien différents des messages affichés dans les
Powerpoint des salles de réunion. Tous les travers anticipables sont au
rendez-vous, comme dans toute démarche qualité appliquée à l'emporte-pièce :
déresponsabilisation des acteurs quant à la réussite globale des projets, baisse
de la motivation, chute de la créativité.
Parmi les dangers, la chute de la créativité est probablement la
plus à craindre. Réduction des coûts rime souvent avec mise en ordre de marche
bien serré, ambiance "je ne veux pas voir de tête qui dépasse". Les grands
intégrateurs en pleine restructuration sont les premiers à en faire les frais.
Ce type d'approche, couplée à la mise en place scolaire d'une démarche qualité a
pour effet immédiat de faire partir les code warriors, les génies créatifs, les
personnalités charismatiques : bref les catalyseurs de succès des projets.
Ne plus avoir de "tête qui dépasse", c'est l'assurance d'avoir une armée de bons
soldats qui vont droit dans le mur avec ceintures et bretelles ("on a pourtant
suivi les processus !") ; c'est l'assurance de ne faire ni
pire ni mieux que les autres entreprises qui ont suivi les mêmes conseils
éclairés de cabinets un peu trop éloignés du terrain. C'est la garantie de ne
créer aucun "petit plus" qui fera la différence face au concurrent.
Oui, la mise en place d'une démarche d'amélioration des processus est
indispensable. Oui, elle peut être un support pour les équipes sur le terrain,
un facteur de productivité et d'amélioration de la conformité aux exigences. A
condition que son application ne se résume pas à un parachutage "top-down" de
pratiques, mais à un travail sur le terrain, avec les équipes opérationnelles,
en commençant par les points les plus critiques de la vraie vie des projets.
Moins facile, moins mode, mais peut-être plus efficace.

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| Souvent évoqué comme principale alternative à ITIL,
COBIT est dessiné pour gérer les risques associés au déploiement et à
l'utilisation des applications, processus métier et infrastructures.
Pour ce faire, il recommande notamment de rendre cohérent ces
ressources avec les stratégies mises en place - dans les domaines financiers,
marketing, commerciale, etc.
Une approche qui semble finalement assez proche de celle d'ITIL. |
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