Les
grands acteurs de l'informatique ont adopté la méthodologie ITIL

ITIL
fournit un cadre de bonnes pratiques conçu pour gérer le cycle de vie du système
d'information. Décorrélée des questions liées à l'architecture technique, cette
méthode cible avant tout l'organisation des activités entourant les services
informatiques de l'entreprise.
ITIL distingue les services de support
(configuration, traitement des problèmes, etc.) des services couvrant la
production des services en tant que tellle (gestion de la disponibilité des
équipes, du niveau des services et de l'évaluation de leur coût, etc.). Au
premier abord, cette vision peut surprendre tant sa différence est grande avec
une organisation plus traditionnelle de la production. Sans mettre en valeur en
premier les tâches administratives, elle est beaucoup plus orientée processus.
Sur le terrain de la gestion d'incidents par
exemple, ITIL couvre notamment les enjeux d'escalade technique et fonctionnelle.
Ainsi que les éléments à prendre en compte pour assurer la gestion
opérationnelle des incidents. Dans chacun de ces cas, elle définit une manière
de répartir les actions à effectuer entre agents opérationnels.
On reproche parfois
à ITIL son manque de précision...
Ces spécifications restent en effet assez
générales. Elles présentent néanmoins un avantage de taille: leur extrême
souplesse. Cette flexibilité permet de répondre à des contextes très différents
en contribuant à mettre en valeur des solutions adaptées - le besoin pour une
PME de faire appel à des profils plutôt généralistes par exemple.
Qu'en est t-il de
son degré d'adoption ?
Aujourd'hui, l'ensemble des grands acteurs de
l'informatique (IBM, Sun, Microsoft et HP) se sont tournés vers ITIL. Même si
certains proposent parfois une approche propriétaire équivalente, comme c'est le
cas pour IBM (avec ITPM), tous sont désormais entrain de l'adopter. Sun avance
par exemple un canevas conforme à ITIL conçu pour évaluer la capacité d'un
groupe de travail à administrer ses serveurs machine. De son côté, Microsoft a
publié une recommandation basée sur ITIL proposant quelques processus
additionnels ainsi qu'un packaging facilitant sa mise en oeuvre.
Ces ralliements en chaîne devraient favoriser la pénétration des projets ITIL
dans l'entreprise. Notez que nos premiers retours d'expérience sur ce terrain,
pour l'heure au nombre d'une cinquantaine, tendent à montrer que cette démarche
est applicable à d'autres champs, tels que les back office de gestion
financière.
ITIL posséde t-il
des concurrents sérieux ?
Il existe de nombreuses méthodes ciblant le
management des processus. Certaines, parmi lesquelles on compte COBIT, sont
plutôt orientées vers l'audit et la qualité de services, en cherchant à évaluer
la maturité d'une activité. D'autres se concentrent sur la gestion des
sous-traitants (ISPL) ou encore la conduite de projets (Prince 2). Des
concurrents d'ITIL tentent aussi de cibler des secteurs particuliers, comme
celui des télécommunications (TOM).
Au fil des mises à jour, ITIL devrait englober l'ensemble de ces problématiques.
Dans sa dernière version, la méthodologie s'étend notamment aux questions
d'audit et d'évaluation.