|
Bonjour, Passez un bel été
! Voici un article de Paul-François
Sylvestre Le Métropolitain ( Toronto
) << Pour Jean-Louis Grosmaire,
le bonheur est une attitude face à la vie >> Professeur
de géographie à la retraite, le romancier Jean-Louis Grosmaire a
savamment réuni son talent de conteur, sa fascination pour l'aventure et
ses connaissances de la France et du Québec dans une création littéraire
aux accents à la fois historique, romantique et poétique. Le résultat
est un solide roman de 400 pages, où le lecteur voyage de la Franche-Comté
à Paris, puis traverse en Amérique du Nord, d'abord à Charny-Québec,
ensuite à Hull-Ottawa. D'un lieu à l'autre, il suit un homme, une
fillette et une femme qui ont l'impression d'être des algues qui voguent
ici et là sur la mer de la Vie. Intitulé
L'Homme qui regardait vers l'Ouest, ce roman tente de répondre à
une éternelle question : le bonheur a-t-il un pays? L'histoire débute
en 1898 dans le village d'Apreval (Franche-Comté), où le manouvrier
Paul Javelier assiste, impuissant, à la mort de son épouse. Bien
qu'aucun fermier ne se plaigne de son travail rigoureux, Paul sent le regard et
le silence de ses concitoyens peser sur lui : on lui prête des intentions
et on lui invente des méchancetés. Il veut rebâtir sa vie
ailleurs, il rêve de partir pour le Canada avec sa fille Louison. Paul se
rend donc à Paris pour entamer des démarches d'immigration et, au
moment où tout se règle, il rencontre Madeleine. Doit-il partir
ou s'établir à Paris? Le bonheur se trouve-t-il dans un nouveau
pays? Comme le titre du roman le laisse deviner, Paul
opte pour l'Ouest et débarque avec sa fille dans le Québec de la
fin du XIXe siècle. On l'a mis en garde contre les hivers rigoureux, mais
cela ne l'empêche pas de monter dans les chantiers de l'Outaouais. Dans
les chantiers des formen anglais Paul peut renflouer ses goussets et faire preuve
de sa droiture comme de son habileté. Mais cela ne lui évite pas
de goûter à la petite misère. D'un pays à l'autre,
d'une saison à l'autre, Paul ne se laisse pas abattre. Il se forge un avenir
en se disant que "le bonheur, c'est une attitude face à la vie. La
vie ne vous donne pas grand-chose, c'est vous qui lui donnez tout à la
vie." Habile de ses mains et doté d'une
remarquable musculature, Paul apprécie se retrouver en pleine nature :
"Je ne sais pas ce qui m'arrive, j'aime cette terre, de plus en plus. J'aurais
voulu y naître, y vivre avant. (
) Est-ce du bois que je suis venu
couper ou moi que je suis venu chercher?" Avant même de pouvoir répondre
à cette question, Paul apprend que Madeleine a traversé l'Atlantique
pour venir le rejoindre et bâtir un nid d'amour. Lorsque l'auteur veut décrire
l'amour physique qui unit ces deux " Franças " exilés,
il fait preuve de véritables envolées poétiques : "Ses
cheveux ondulent. Ses hanches douces, ses bras gracieux dessinent la plus harmonieuse
invitation à un bouquet de douceur. Les premiers baisers sont le prélude
à une reconnaissance farouche, à une communion épanouie de
leurs corps qui s'unissent jusqu'au paroxysme haletant qui conduit au seuil de
l'éternité." Je tiens à
préciser que le roman de Jean-Louis Grosmaire offre nombre de descriptions
finement ciselées, notamment lorsqu'il est question des environnements.
Un décor de Franche-Comté est ainsi peint en ces termes : "les
toits de tuile, les murs gris, le ciel bleu, l'herbe luisante, le chemin de calcaire,
les vaches tachetées, les saules encore verts, les arbres cuivrés,
le clocher comtois composent un décor séduisant." Plus loin
on lit que "la nature joue dans le vert. Champs, prairies, bosquets marient
les dégradés sous les rayons de plus en plus généreux."
Le paysage québécois, lui, offre des reflets enchanteurs : "Les
Laurentides chatoyaient au nord; le fleuve enlaçait l'île de ses
eaux argentées." Il arrive souvent que la prose de Grosmaire emprunte
des envolées poétiques dont voici un exemple : "Quelques nuages
roses dentellent les heures tièdes de l'automne." Ma
seule réserve à l'endroit de ce roman repose sur la malencontreuse
remarque d'un personnage. Quand Paul met les pieds à Ottawa pour la première
fois, son guide lui dit que "tout est anglais" dans cette ville. Ce
commentaire demeure à la fois inopportun et inexact puisque, en 1899, la
ville compte un hôpital et des classes francophones (sous la direction des
Surs Grises), un député fédéral francophone
(Napoléon-Antoine Belcourt), un deuxième évêque francophone
(Mgr Thomas Duhamel) et un quotidien franco-ontarien (Le Temps qui a été
précédé de plusieurs hebdos et mensuels d'expression française
depuis 1858). Avec L'Homme qui regardait vers l'Ouest,
Jean-Louis Grosmaire signe sans doute son roman le plus achevé et, à
mon avis, le plus envoûtant. Paul-François
Sylvestre Le Métropolitain (Toronto
) Jean-Louis Grosmaire, L'Homme qui regardait vers l'Ouest,
roman, Ottawa/Vaud, Éditions du Vermillon (Canada) et Éditions Mon
village (Suisse), 2002, 400 pages, 26 $.
Voici
la belle entrevue de Radio-Canada, avec Danièle Grenier à Divines
tentations, à écouter ! http://radio-canada.ca/regions/ottawa/Radio/Chroniques/jlgrosmaire_12703.shtml Pour
la recension de mes livres, consultez la section Livres, vous trouverez
ce que l'on dit de mes livres. Parmi les nouveautés: Palmiers dans
la neige et L'homme qui regardait vers l'ouest. À
lire !!!: 2 novembre 2003, recension de Paris-Hanoi, voir section Livres
à Paris-Hanoi. Je
donne de mes nouvelles dans la section "Nouvelles
". Vous pouvez la consulter en cliquant sur le bouton Nouvelles. Dans
la section Nouvelles, je fais le compte-rendu de livres que je viens de lire:
Juste avant l'aurore, d'André
Besson Richesse de la pauvreté,
de Soeur Emmanuelle Un
cri dans le silence, de Brigitte Bardot
Pour tout ce qui concerne mes écrits, si cela vous intéresse, vous
pouvez consulter la section "livres" ou effectuer une recherche sur
la Toile du Québec à Grosmaire Jean-Louis. Je ne suis
pas du genre à raconter ma vie. . Je préfère écrire
que parler et encore, lorsque jécris, je passe mon temps à
rayer les trois-quarts du texte. Lessentiel se dit en si peu de mots. Je
suis un mélange de plusieurs pays, né en Côte dIvoire
de parents français, ayant vécu mon enfance en Allemagne et surtout
à Saint-Louis du Sénégal, que cétait beau!
Il y a si longtemps que je ny suis retourné...Mes études mont
poursuivi en France, en Franche-Comté et à Paris et me voici depuis
des années au Québec. Jhabite lOutaouais, juste
en face dOttawa. Je me sens de partout et dici.Tout mintéresse
et jai rarement vu quelqu'un qui ne méritait pas attention.
Je vous en ai déjà beaucoup dit. |