
La caravane Parole de Sable au Niger est un concept nouveau, une caravane de conteurs qui se déplace et rencontre les gens du lieu, fraternisent et échangent. Cette caravane a été organisée par monsieur Sani Bouda de la bibliothèque du Point d'interrogation de Maradi, Isabelle Guignard de la Maison d'Alphonse Daudet et Bernard Grondin, conteur Québécois. Y ont aussi participé les conteurs suivants, Hélène Louis-Servais (France), Salya Kouyaté du Burkina Faso et son musicien Bala, le conteur Ivoirien Manfeï Obin, Bernard Grondin et moi du Québec. De plus Matthieu qui a coordonné, Ida à la caméra et plusieurs autres qui ont fait un succès de cette aventure.
Arrivée à Paris le 5 décembre à
la Maison Daudet,.
J'ai donné des spectacles de contes à Paris avant
de partir pour Niamey.
Arrivée à Niamey le 8 décembre
Il fait beau, chaud et sec! On dort à la mission catholique,
confortable, lits avec moustiquaires. Ici le protocole est très
important, visite chez l'évêque de Niamey puis le
chef traditionnel de la région puis d'autres chefs (il
y en a beaucoup)!
Avons été en brousse au village de Kouré
et y avons vu des troupeaux de girafes, nous les avons approchées
à pied à moins de 30 mètres! Très
impressionnant, elles mesurent 6 à 7 mètres de haut!

Un mâle et deux femelles dans la région de Kouré. Six à 7 mètres de haut! Presque 3 étages!
Nous avons visité le centre Franco-Nigérien qui
accueille des artistes en résidence, très beau et
fonctionnel.
Le 9 nous sommes reçus à la résidence privée
de la ministre des affaires extérieures du Niger, Mme Aïchatou
MINDAOUDOU, une femme très bien articulée, intelligente,
qui connaît bien le Canada et le Québec.
Quelques contes pour l'occasion.
Deux spectacles de contes dans des écoles, ici les classes
comptent de 90 à 100 élèves et les profs
maintiennent la discipline rigoureusement, il n'y a pas d'enfants
"roi" ici! Ils utilisent un bout de branche pour "chicoter"
les élèves. Ah, çà me rappelle les
bons frères et la "strap" ou "banane"
!
Bon comme nous sommes en Afrique le programme a eu le temps de
changer deux fois en deux jours, demain lever à 4 heures
du matin, on part pour Maradi à 700 km de Niamey, 12 heures
de route.
Arrivée à Maradi. Avons eu droit aux visites protocolaires d'usage. Rencontré le chef des bouchers de la ville qui fourni la viande à notre caravane, le boulanger qui fourni le pain et eu une réunion avec des associations de femmes qui tentent de s'entraider pour se sortir de la misère. Elles se cotisent d'une somme de 50 cents par mois pour se faire des prêts qui leur serviront à se partir une petite entreprise...
Avons conté à la bibliothèque du point d'interrogation. Cette bibliothèque est très fréquentée, la soif de savoir est ici visible!Avons visité un village, Tibri, où nous avons assisté à un spectacle étrange pour nous; des hommes et des femmes récitent des incantations aux "génies" puis un génie prends possession du corps d'un participant qui entre en transe et peut ainsi prédire l'avenir, tous semblent y croire ici ...Le maire d'une autre ville que nous visiterons nous a fait cadeau de bijoux et autres articles fabriqués par des artisans locaux. Les gens malgré leur relative pauvreté sont d'une incroyable gentillesse et générosité!
Vendredi départ pour la région de Bermo, au village de Eggo. C'est le site de rassemblement annuel des Peuls- Bororos. 5 heures de chemin de brousse en 4X4, semblable aux chemins de la Baie James. Le 4X4 brise un amortisseur, réparation de fortune.
Contes en soirée, invitation des notables.
Arrivés au village accueil extraordinaire, les Bororos nous ont cédé 10 de leurs tentes et le chef sa maison!Imaginez 3 jours dans un campement Peulh dans la savane, quelques-uns parlent français, tous veulent nous accueillir, nous toucher. Avons assisté à une course de chevaux et de chameaux (12 km!).

Des dromadaires, des bêtes placides, mais je m'en méfie quand même. Méchante dentition!
Nous vivons au milieu de millers de Bororos, avec leurs chameaux, leurs vaches, chèvres. La nuit des centaines de feux de camps, et si le jour il fait plus de 30 ° la nuit on gèle!
Je me suis perdu une nuit dans le campement, j'ai été amené à des militaires qui étaient là, ils m'ont amené au chef du village qui m'a amené à notre campement. Je suis convaincu qu'ls voient la nuit!

Notre campement, des tentes prêtées par les Bororos. Des gens très acceuillants!
La danse du Guerewol, une chose extra ordinaire!
Nous avons assisté à l'occasion de la fête
annuelle à la danse du Guerewol des Bororos, pas un truc
à touriste, le vrai de vrai, ça dure 3 jours avec
des danses 3 fois par jour.
Bon, d'abord ce sont des Bororos qui parlent français qui
m'ont expliqué la tradition:
Dès sa naissance une fille se retrouve mariée à
un garçon, je sais ça peut paraître ...
euhmm... mais çà n'est pas important car chez les
Bororos l'esthétisme la beauté d'un homme est extrêmement
importante (ce pourquoi je n'ai eu aucune chance!), de plus c'est
aux hommes de tout faire pour plaire et séduire une femme,
il ne peut jamais se laisser aller (non, non les filles je ne
vous dirai pas où c'est).
Durant cette fête les jeunes hommes se maquillent la figure,
jeûnent avant pour être plus minces, portent partfois
une jupe de femme et une cinquantaine de jeunes hommes chantent
et dansent ensemble en roulant les yeux pour montrer le blanc
de leurs yeux, sourient largement pour montrer leurs dents très
blanches et font des muvemente des lèvres et des joues.
Pendant ce temps les jeune filles (mariées depuis leur
naissances) regardent en riant, commentant et chuchotent elles,
elles désignent deux d'entre elles qui devront choisir
les 2 plus beaux hommes.

Ces deux jolies jeunes filles s'apprêtent à choisir les deux plus beaux jeunes hommes!
Après deux jours elles désignent les 2 plus beaux, ces deux chanceux seront très en demande toute l'année auprès des jeunes filles (rappelons-le, mariées depuis la naissance) pour ... perpétuer la race et la beauté de celle-ci.
De plus si une femme trouve un autre homme plus beau, elle
quitte son mari et va rejoindre le nouveau avec ses enfants. Ah
vous rêvez hein les filles!
C'est arrivé durant la fête, un homme se plaignait
de s'être fait "voler" sa femme, çà
ne semblait pas le troubler beaucoup.
Par contre un soir un voleur ordinaire a été pour
suivi, je n'aurais pas aimé être dans sa peau. Les
voleurs sont très mal vu! Et la justice expéditive!
Durant la danse de la nuit du deuxième jour, on a pu observer
des couples qui partaient furtivement dans la brousse, parfois
un danseur s'échappait discrètement ainsi du groupe
avec une jeune fille. On se serait cru dans une discothèque.

On redouble d'efforts pour se montrer sous son meilleur jour.
Le dernier endroit visité, le village de Madarounfa. C'est
un village important pour les musulmans car il y aux alentour
d'un lac magnifique, les tombeaux de 99 Saints Islamiques. Après
une visite au Niger où il y a 97 pour cent de musulmans,
on ne peut les mettre tous dans le même panier, ici ils
sont très gentils, serviables et souriants...
Selon la légende locale, on reconnaît l'endroit où
un saint est enterré quand on voit la nuit une lumière
tomber du ciel et qu'en cherchant on trouve au sol un creux, les
jours suivants.
Nous avons été accueillis par tout le village, les
artisans locaux nous ont montré comment ils exercent leur
métier: boucher, pêcheurs, forgeron, chasseurs etc.

Un chasseur montre sa technique de chasse à la gazelle. Notez le fusil à poudre noire, garanti d'origine!
À ce propos, on m'a présenté comme un grand
chasseur venu du Canada, un grand chasseur d'ours ( j'avais apporté
un collier de dents et de griffes d'ours que tous voulaient voir)
comme ils ne connaissait pas cet animal on leur a dit en leur
langue (Houssa) que l'ours est un animal de la taille d'un âne,
très féroce et qui attaque en se levant debout comme
un homme!
J'ai alors joui d'une grande considération au point qu'ils
ont voulu me faire essayer leurs armes, de vieux, vieux fusils
à poudre noire, avec des amorces au fulminate. des trucs
bringuebalant, d'origine, datant de plus de 100 ans!
On nous a remis des cadeaux, c'est le monde à l'envers,
moi vu ma terrible réputation j'ai eu droit à une
hache faite par le forgeron, une hache qui a aussi un pic pour
grimper aux arbres.
Nous sommes revenu à Maradi, le lendemain 10 heures de
tape cul pour rejoindre Niamey.
Souper près de l'aéroport, une partie de la troupe
revient sur Paris, l'autre continue au Burkina pour le festival
de Yeleen, à Ouagadougou et Bobo Dioulasso.
Remerciements au Conseil des Arts et
des lettres du Québec qui m'a permis de vivre
cette merveilleuse expérience.